Brian Tobin renonce lui aussi

Brian Tobin a confirmé hier qu’il ne serait pas de la course à la direction du Parti libéral du Canada.
Photo: Agence Reuters Brian Tobin a confirmé hier qu’il ne serait pas de la course à la direction du Parti libéral du Canada.

Ottawa — La liste des prétendants au poste de chef du Parti libéral du Canada diminue aussi rapidement qu'elle a pris de l'ampleur. Après les favoris John Manley et Frank McKenna, c'est au tour de l'ancien ministre Brian Tobin de déclarer forfait avant même le début de la course au leadership. Hier en soirée, Brian Tobin a confirmé à la Presse canadienne qu'il n'était pas le «sang neuf» dont le Parti libéral a besoin pour revenir au pouvoir.

«Je pense que j'ai eu ma chance et que j'ai apporté ma contribution. J'ai adoré ça [la politique]», a-t-il dit, lui qui a passé 22 ans dans la sphère politique, tant à Ottawa que dans sa province natale, Terre-Neuve-et-Labrador. Il a tout lâché en 2002. «Je pense que c'est le temps d'avoir du sang neuf et de nouveaux joueurs. C'est une occasion de se renouveler qui s'offre au Parti libéral», a-t-il dit à la Presse canadienne lors d'un entretien téléphonique. Une source bien au fait des tractations politiques au sein du Parti libéral avait d'ailleurs affirmé au Devoir il y a deux semaines que Brian Tobin ne serait probablement pas dans la course, «pour des raisons familiales».

Brian Tobin affirme que, même s'il a adoré la vie politique, le retour au calme lui a fait le plus grand bien: pouvoir prendre des vacances, profiter de la vie familiale, retrouver des heures de travail normales, etc. «C'est vraiment dur de revenir en arrière et de sauter de nouveau dans l'infernal train politique», a-t-il dit, affirmant même que sa décision aurait été identique si la course au leadership avait eu lieu durant un règne libéral et que le poste de premier ministre avait été en jeu plutôt que celui de chef de l'opposition.

L'ancien ministre sous Jean Chrétien en a aussi profité pour décocher quelques flèches à Paul Martin et à son entourage, soutenant que c'est une «grande tragédie» de voir le Parti libéral aujourd'hui divisé entre les clans Chrétien et Martin. Selon lui, le prochain chef devra être «inclusif», quelqu'un «qui comprend que ce poste consiste à réunir les meilleurs talents, les meilleures idées et toute l'énergie possible au service d'une même cause». «Ce n'est pas un exercice où le gagnant remporte tout et où les perdants doivent rentrer chez eux jusqu'au prochain cycle», affirme-t-il, tranchant.

Le retrait de Brian Tobin, après ceux de John Manley et Frank McKenna, ouvre encore un peu plus les portes du Parti libéral à des candidats moins connus sur la scène nationale. L'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, Bob Rae, que plusieurs libéraux voudraient voir à la tête de leur parti, devient donc un aspirant sérieux s'il décide de faire le saut. Même scénario pour le nouveau député et intellectuel Michael Ignatieff.

L'ancien ministre de la Justice Martin Cauchon est quant à lui toujours en réflexion, alors que son organisation sur le terrain n'attend que le feu vert pour engager la bataille. Un autre ancien ministre sous Jean Chrétien, Allan Rock, actuellement ambassadeur du Canada à l'ONU, pourrait aussi se laisser tenter, même si les chances sont assez minces qu'il plonge.

Parmi les autres prétendants au titre, on note l'intérêt des députés Stéphane Dion, Ken Dryden, Denis Coderre, Maurizio Bevilacqua, Joe Volpe, Scott Brison et même la transfuge Belinda Stronach. Aucun n'a toutefois confirmé qu'il serait de la course. L'exécutif national du parti doit décider du déclenchement et des modalités du leadership au mois de mars. L'élection du nouveau chef pourrait avoir lieu l'automne prochain ou dans exactement un an.

Les libéraux auront d'ailleurs l'occasion de discuter des derniers rebondissements dès aujourd'hui, à l'occasion de leur premier caucus post-électoral et du dernier conseil des ministres. Pour l'occasion, Paul Martin fera ses adieux en tant que chef du parti aux députés nouvellement élus, mais aussi aux anciens qui ont subi la défaite la semaine dernière.