Le meilleur est à venir, croit Layton

Ottawa — Le chef du NPD, Jack Layton, s'est vanté d'avoir doublé ses appuis au Québec aux dernières élections, mais cela n'empêche pas au moins un de ses candidats de trouver que les efforts déployés par son parti dans la province n'ont pas été à la hauteur.

Le NPD se réunissait en caucus hier pour la première fois depuis les élections. Ragaillardi par ses résultats électoraux améliorés, Jack Layton a promis d'obtenir encore davantage de concessions du gouvernement que ce qu'il a réussi à en soutirer lors de la dernière législature. Impossible toutefois de savoir contre quoi le NPD troquera ses appuis à l'équipe minoritaire de Stephen Harper et s'il appuiera la baisse de la TPS promise par les conservateurs. «On va considérer toutes les propositions dans le contexte de tout le budget», a indiqué Jack Layton.

Questionné à propos de ses résultats au Québec, M. Layton a répondu que, selon lui, le meilleur était à venir.

«Nous avons une bonne équipe au Québec. Nous avons doublé le vote pour le NPD. Il reste beaucoup de travail à faire, mais on a doublé notre appui [en obtenant] 100 000 votes de plus. On commence et on va continuer», a déclaré le chef.

Le NPD a effectivement obtenu 7,5 % des voix québécoises le 23 janvier dernier contre 4,6 % en 2004, mais cela reste son pire score provincial. Il n'y a qu'une seule autre province où le parti de Jack Layton a obtenu des appuis sous la barre des 10 %: l'Île-du-Prince-Édouard. Dans toutes les autres provinces et dans les trois territoires, le parti a obtenu entre 11,7 % (Alberta) et 29,8 % (Nouvelle-Écosse) des suffrages.

Une voix s'est élevée cette semaine dans les rangs néo-démocrates. Le candidat défait dans Hull-Aylmer, Pierre Laliberté, a signé une lettre dans Le Devoir dans laquelle il demande à son chef d'entamer «un sérieux examen de conscience». «Bien que sur papier la position du NPD sur la question du Québec reste de loin la plus adéquate parmi les partis fédéralistes [...], écrit M. Laliberté, il faut reconnaître que le chef et le caucus en parlent si peu qu'on est en droit de se demander si elle constitue une priorité pour le parti.»

En entrevue, M. Laliberté déplore que son parti ait jeté l'éponge dès le début de la campagne en se rabattant sur les seules circonscriptions où le NPD avait des chances de l'emporter. M. Layton s'est rendu à deux reprises au Québec, deux jours chaque fois: d'abord pour participer à la Conférence de Montréal sur les changements climatiques, puis pour les débats des chefs. La troisième visite a été annulée à cause du mauvais temps.

Ce n'est pas la première fois que l'aile québécoise du NPD se plaint du peu d'influence qu'elle exerce sur les orientations du parti. Elle avait même claqué la porte en 2000 lorsque le caucus néo-démocrate avait décidé d'appuyer à la Chambre des communes la loi sur la clarté référendaire. Le NPD a réussi à faire élire 29 de ses candidats lundi dernier, soit 11 de plus que ce qu'il avait à la dissolution de la Chambre. Tous les députés sortant ont été réélus.
1 commentaire
  • Roland Berger - Inscrit 1 février 2006 07 h 27

    Peiné et choqué

    Je suis à la fois peiné et choqué du peu de créativité politique dont font preuve les néo-démocrates. Il leur semble impossible d'imaginer un Canada social-démocrate «en affaire» avec un Québec néo-démocrate indépendant. Pour eux, le Québec ne peut vraiment s'épanouir que dans un Canada fort et centralisateur. Ils raisonnent comme le père de famille qui ne voit de rapport vrai avec son fils aîné que dans la soumission de ce dernier à ses quatre volontés. Que c'est malheureux !