Jolin-Barrette prêt à tenter la «conciliation» avec la juge en chef

Le ministre Jolin-Barrette ne se fait toujours pas à l’idée que des juges siègent un jour sur deux plutôt que deux jours sur trois.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Jolin-Barrette ne se fait toujours pas à l’idée que des juges siègent un jour sur deux plutôt que deux jours sur trois.

Après s’être tourné vers les tribunaux, le ministre québécois de la Justice, Simon Jolin-Barrette, se dit disposé à tenter la « conciliation » afin de régler le litige qui l’oppose à la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau.

La bâtonnière du Québec, Catherine Claveau, a fait cette proposition de « conciliation » aux deux parties engagées depuis un an dans un bras de fer sur la présence en salle d’audience des 160 magistrats de la Chambre criminelle de la Cour du Québec, soit le gouvernement Legault, d’une part, et la juge en chef Lucie Rondeau, d’autre part.

Jeudi, le ministre Jolin-Barrette, qui ne se fait pas à l’idée que les juges siègent un jour sur deux plutôt que deux jours sur trois, s’est dit « heureux » de voir le Barreau du Québec « offrir [sa] collaboration » pour tenter de dénouer l’impasse entre la direction de la Cour du Québec et lui. L’élu caquiste a affirmé être « ouvert à toutes les solutions » — hormis celle de désigner 41 juges supplémentaires, comme le lui demande la juge en chef Rondeau.

Cela dit, M. Jolin-Barrette n’a pu s’empêcher de répéter à la presse que, selon lui, la « décision unilatérale de la Cour du Québec [est] complètement inacceptable, puis […] pénalise tous les citoyens québécois » dans la mesure où, si rien n’est fait, l’attente pour les affaires criminelles devant la Cour du Québec s’allongera considérablement. « Moi, je ne suis pas dogmatique, mais pas du tout. L’important pour moi, c’est de régler la situation, de réduire au maximum les délais et, surtout, que la décision de la Cour du Québec n’entraîne pas des arrêts de procédures, qu’il n’y ait pas de personnes victimes qui voient leur agresseur libéré sans procès à cause d’une décision de la juge en chef », a déclaré le ministre lors d’une mêlée de presse sur la colline Parlementaire.

Par ailleurs, M. Jolin-Barrette a souligné que la « justice en temps opportun » constituait — tout comme la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire — l’« un des piliers importants de notre démocratie ». « Et, je ne ferai pas de compromis là-dessus. Mais, comprenez-moi bien, je déplore et je dénonce la décision et le peu d’ouverture de la Cour du Québec à trouver un compromis », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Mais un coup qu’on a dit ça, moi, je suis ouvert à toutes les solutions », y compris la conciliation.

La juge en chef Lucie Rondeau s’est pour sa part refusée à tout commentaire sur l’offre de la bâtonnière du Québec.

Avec François Carabin

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