Nadeau-Dubois sollicite le vote de l’opposition à Legault

Gabriel Nadeau-Dubois s’engage à se « battre » pour ceux ayant été « blessés » par les propos de caquistes sur l’immigration.
Graham Hughes La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois s’engage à se « battre » pour ceux ayant été « blessés » par les propos de caquistes sur l’immigration.

Gabriel Nadeau-Dubois invite les électeurs qui veulent voir émerger lundi soir une opposition forte à François Legault, à appuyer Québec solidaire, même s’ils n’épousent pas toutes ses idées.

« On n’a pas besoin d’être d’accord sur tout, vous et moi, mais je pense que Québec solidaire a la meilleure équipe pour talonner François Legault », a-t-il fait valoir à moins de 24 heures de l’ouverture des bureaux de vote.

Mais, chose certaine, «chaque député solidaire de plus [à l’Assemblée nationale], sera un député de plus pour l’environnement», a soutenu le co-porte-parole de Québec solidaire au milieu du parc Molson, dans le quartier Rosemont, à Montréal, dimanche après-midi. «Les changements climatiques, on les vit déjà, mais il n’est pas trop tard pour éviter qu’on fonce dans le mur», a-t-il ajouté. L’homme de 32 ans s’est dit «heureux» et «fier» de la campagne qu’il a menée au fil de 36 derniers jours à travers le Québec, en dépit de l’opération de «désinformation» effectuée par la Coalition Avenir Québec à l’encontre de son programme bourré, selon elle, de «taxes orange». «[C’était] la bataille de ma vie», «J’ai donné mon 100%», a-t-il lancé à la foule devant lui.

À ses côtés, Manon Massé, s’est adressée tour à tour aux plus jeunes et aux plus âgés. «Les jeunes, allez voter comme si votre avenir en dépendait parce que c’est le cas», a lancé la co-porte-parole de Québec solidaire, au terme de sa campagne électorale parallèle à bord de la «Manon mobile». «Aux gens de ma génération, je vous demande une seule chose: peut-être que vous n’êtes pas tous et toutes d’accord avec l’ensemble du projet de Québec Solidaire, mais je sais, je sais que vous avez l’avenir de vos enfants et de leurs enfants à coeur, et pour ça je sais aussi que l’environnement est quelque chose qui vous préoccupe. [….] Alors, faites-nous confiance», a ajouté l’aspirante vice-première ministre, entourée de militants, de sympathisants, de curieux et d’arbres.

L’équipe de QS s’engage aussi à se « battre » pour tous les Québécois ayant été « blessés » par les propos du chef caquiste, François Legault, sur les risques posés par l’immigration. « François Legault a fait mal aux Québécois en parlant comme ça des immigrants, des immigrantes », a déploré M. Nadeau-Dubois lors d’un arrêt dans Verdun en début de journée. « Peu importe le résultat de l’élection de demain, je ne vous lâcherai pas, je vais me battre pour vous. Vous méritez d’être respectés. Vous n’avez pas été respectés pendant cette campagne-là, puis, moi, je n’accepte pas ça », a ajouté le co-porte-parole de QS avant d’aller distribuer des dépliants en compagnie de l’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau.

Depuis quelques jours, des électeurs accourent vers lui pour l’interpeller non pas sur son « ambitieux, rigoureux et transparent » plan de lutte contre les changements climatiques, Vision 2030, mais sur des déclarations de candidats caquistes, à commencer par M. Legault, sur l’immigration. « Au lieu d’avoir une campagne où on a uni les Québécois, les Québécoises, François Legault a mené une campagne de division. C’est triste, mais moi je ne me laisse pas abattre par ça », a promis M. Nadeau-Dubois.

Dans Ahuntsic et dans Saint-Michel samedi, puis dans La Petite-Patrie dimanche, le porte-parole solidaire s’est fait accrocher par plusieurs Québécois issus de l’immigration. Ils ont senti l’obligation de dire qu’ils étaient bien intégrés à la société québécoise, qu’ils maîtrisent le français et qu’ils occupent un emploi.

« Il faut qu’un jour le Québec parle du Québec en tant que Québec pas un Québec séparé : les immigrants… On dirait que nous sommes comme des extraterrestres », a dit Salah Ahmed, croisé par M. Nadeau-Dubois dans une allée du marché Jean-Talon. Il a précisé à « GND » que ses « enfants sont intégrés ». « On parle français, on parle anglais, on parle espagnol, on parle arabe, on parle berbère », a ajouté le retraité d’une grande compagnie. Pour M. Ahmed, les propos de M. Legault et du ministre de l’Immigration, Jean Boulet, ont « fait mal ».

« Nos enfants, c’est l’avenir du Québec aussi », a poursuivi Salim Raïs, à sa droite. Il a demandé au porte-parole solidaire « qu’est qu’il faut de plus » pour que son fils ingénieur informatique puisse être considéré comme un atout pour le Québec.

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