Un blitz par les airs dans des circonscriptions clé pour le PQ

De passage à Gaspé, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, demande aux Québécois d’envoyer des députés indépendantistes à l’Assemblée nationale.
François Carabin Le Devoir De passage à Gaspé, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, demande aux Québécois d’envoyer des députés indépendantistes à l’Assemblée nationale.

Rimouski, Matane, Baie-Comeau, Gaspé, Jonquière, Joliette. Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a ajouté des kilomètres à son itinéraire dans la dernière semaine, dans une ultime tentative de conserver des circonscriptions péquistes de longue date.

Après s’être arrêtée en cours de semaine dans les circonscriptions de Rimouski et Matane-Matapédia, au Bas-Saint-Laurent, de Joliette, dans Lanaudière, puis de René-Lévesque, sur la Côte-Nord, la caravane « Cendrillon » a entrepris dimanche un sprint final à vol d’avion vers l’est du Québec. Parti de Saint-Hubert, l’avion modèle Beech 1900D s’est aventuré à Gaspé, Sept-Îles, puis Bagotville (Saguenay), tout ça en environ douze heures.

Ces trois circonscriptions — Gaspé, Duplessis et Jonquière — appartenaient au PQ au cours de la dernière législature. La députée Méganne Perry Mélançon se représente dans Gaspé, qu’elle avait gagnée par une quarantaine de voix en 2018, mais les députés Sylvain Gaudreault et Lorraine Richard, respectivement dans Jonquière et Duplessis, quittent la vie politique. Leurs sièges appartiennent au parti depuis 2007 et 1976.

« Vous avez vu qu’on s’est promenés beaucoup, on est allés à plusieurs endroits. Il y a des batailles importantes pour l’indépendance, pour le français, pour l’environnement, dans des comtés où on ne veut rien prendre pour acquis », a dit M. St-Pierre Plamondon lors d’un premier arrêt à Gaspé devant quelques dizaines de militants, dimanche. « Il y a des [candidats] de la qualité de Méganne qui demandent un mandat pour continuer ce travail-là. »

Selon M. St-Pierre Plamondon, la Coalition avenir Québec (CAQ) a déjà assez de votes en poche. Avec l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire qui « semble de plus en plus évident [e] », le chef péquiste demande aux électeurs d’appuyer sa formation.

« On est devant une situation quand même inusitée. Le niveau de sympathie, le sentiment d’appréciation de notre campagne, il est évident, dans les chiffres et les témoignages. […] La très grande majorité des Québécoises s’entendent pour dire qu’on n’a pas intérêt à donner un pouvoir quasi absolu à la CAQ », a-t-il dit, à deux pas de la baie de Gaspé.

« J’interpelle les gens en disant : envoyez des députés indépendantistes à l’Assemblée nationale », a-t-il ajouté.

« L’effet PSPP »

Dans le dernier sondage national Léger de la campagne, le PQ obtient 15 % des intentions de vote, autant que dans le dernier coup de sonde de la firme québécoise. Plus de 30 % des électeurs sondés — dont 40 % de francophones — accordent à « PSPP » le titre de chef ayant mené la meilleure campagne. Dimanche, Méganne Perry Mélançon a salué l’« effet PSPP ».

À Rimouski, jeudi, le candidat et député Pascal Bérubé avait vanté le travail de son chef, qui permet à ses yeux d’espérer plus dans les boîtes de scrutin. « Chaque jour qui passe nous démontre qu’on est sur la bonne voie », a soutenu le candidat péquiste dans Matane-Matapédia.

« Par les soirs où on voit bien, où il y a de la bonne visibilité — on connaît ça sur le bord du fleuve —, j’entends des échos de Joliette, j’entends des échos de Longueuil, j’entends des échos de l’est de Montréal. Et, de plus en plus, on voit s’allumer tel des feux sur le bord du Saint-Laurent, l’espoir qui revient puis les drapeaux qui se soulèvent. »

Des bastions en danger

 

Dans Duplessis, où la députée Lorraine Richard ne se représente pas, rien n’est assuré. Selon le site d’agrégation de sondages Qc125.com, la candidate péquiste Marilou Vanier tire de l’arrière par huit points de pourcentage — dans la marge d’erreur — derrière la caquiste Kateri Champagne Jourdain. M. St-Pierre Plamondon s’est donc arrêté dans un café de Sept-Îles dimanche pour motiver les troupes.

« Pour nous, la démocratie, c’est de représenter son monde à l’Assemblée nationale, et non pas de représenter la CAQ sur une base régionale », a affirmé le leader péquiste devant les médias, tout en ajoutant que la campagne sur cette circonscription nord-côtière avait « quelque chose d’intéressant ».

Puis, dans Jonquière, il s’est attaqué sans le nommer à François Legault en disant qu’on ne le verrait « jamais terminer [sa] campagne en parlant de chèques ». La veille, le chef caquiste avait appelé au vote en prenant le soin de mentionner les chèques de 400 $ et 600 $ qu’il a promis aux Québécois pour lutter contre l’inflation.

« Quand on a une vision d’avenir, quand on a une vision de société, bien, on ne parle pas de chèques la veille du vote », a lancé PSPP à une foule de plusieurs dizaines de militants dans l’ancienne circonscription de Sylvain Gaudreault. Il considère avoir réussi à rapatrier plusieurs anciens péquistes qui avaient voté CAQ en 2018. « On se le fait dire à tous les jours. »

Paul St-Pierre Plamondon et son équipe sont revenus dans la grande région de Montréal en fin de journée dimanche, à moins de 24 heures du vote. Le PQ tiendra sa soirée électorale à Boucherville lundi, après que son chef a voté à Montréal.

Une véritable course contre la montre

Arrêt d’une demi-heure ici, arrêt d’une heure là ; le voyage en avion du Parti québécois avait été réglé au quart de tour dimanche. Cinq arrêts étaient prévus : Edmundston, Gaspé, Sept-Îles, Bagotville et Saint-Hubert. Mais campagne électorale oblige, l’équipe de la caravane a accumulé quelque peu de retard en participant à des bains de foule et en tenant des discours devant les militants.

Jusqu’ici pas de problème.

Sauf que l’avion affrété par le PQ devait être de retour au plus tard à 18 h à l’aéroport de Saint-Hubert — les pilotes ne peuvent dépasser un temps de vol donné, sous peine d’amende. Il fallait donc fermer les portes de l’avion avant 16 h 30 à Bagotville. Sans quoi, l’avion serait resté cloué au sol.

Au dernier rassemblement de la journée, à Jonquière, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a tenu un point de presse, puis fait une allocution, en plus de multiplier les poignées de mains et les photos. Pendant ce temps, les aiguilles de l’horloge continuaient d’avancer. 15 h 30. 15 h 45. 15 h 55…

Extirpé de la foule vers 16 h, Paul St-Pierre Plamondon, avait encore à effectuer le trajet d’une vingtaine de minutes entre Jonquière et l’aéroport régional de Bagotville, qui, lui, ne rétrécissait pas. Le temps de revenir à l’aéroport, les portes de l’avion se sont fermées à 16 h 28. Il était moins une pour la caravane péquiste.

François Carabin


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