Il faut «entendre la voix des autochtones dans l’urne», dit Anglade

De passage aux Îles-de-la-Madeleine, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a fait un appel au vote.
Nigel Quinn La Presse canadienne De passage aux Îles-de-la-Madeleine, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, a fait un appel au vote.

Les Autochtones, qui sont majoritaires dans la circonscription d’Ungava, doivent faire « entendre leur voix dans l’urne », a souligné dimanche la cheffe libérale Dominique Anglade, en visite à Kuujjuaq, au Nunavik.

En passant le dernier après-midi de campagne électorale au Nord-du-Québec, Mme Anglade a dit vouloir envoyer un message aux communautés autochtones : « on veut bâtir des ponts ». Mais il est nécessaire que les Inuits et cris de la région « décident d’aller voter » en plus grand nombre, a-t-elle souligné.

À ses côtés, l’ancien maire de Kuujjuaq, le candidat libéral Tunu Napartuk, croit que ce sera le cas cette année. « Surtout d’avoir un candidat autochtone comme moi et d’avoir une cheffe de parti qui considère les Autochtones comme une priorité, ça va faire un changement énorme. »

« L’Assemblée nationale est loin [d’Ungava], a toutefois déploré M. Napartuk. Il n’y a pas de connexion. » Il est donc nécessaire de parler à Québec des problèmes vécus dans la région, comme le logement.

Surtout, le gouvernement doit « ouvrir un dialogue » avec le Nord-du-Québec, chose que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas faite durant le dernier mandat, selon lui.

Si le chef caquiste François Legault s’est dit ouvert il y a quelques jours à proposer un projet de loi pour protéger les langues autochtones, cela arrive « trop tard », se désole le candidat libéral. « Il avait 4 ans […] et il n’a rien fait. »

Même s’il est inuit, M. Napartuk dit être bien placé pour représenter aussi les intérêts des communautés cries sur le territoire. « Nos enjeux et nos défis pour les deux groupes autochtones de la circonscription d’Ungava sont très semblables », a-t-il fait valoir. Dans la région, il y a aussi 7 municipalités et localités jamésiennes (non autochtones).

Selon les dernières projections du site Qc125, la formation caquiste jouirait d’une longueur d’avance dans Ungava. Le député sortant, Denis Lamothe, récolterait 35 % des voix devant la péquiste Christine Moore (20 %). Tunu Napartuk serait tout près derrière, avec 19 % des intentions de vote.

Mais pour l’ancien maire de Kuujjuaq, nul doute que le Parti libéral reste « le meilleur véhicule » pour représenter les communautés inuites. Ces derniers sont « traditionnellement » près du PLQ. Elles rejettent aussi la souveraineté du Québec, comme la formation politique de Dominique Anglade. « Nous, on veut rester dans le Canada. »

« Convaincre » les indécis

Avant de s’envoler pour la circonscription d’Ungava, l’aspirante première ministre a fait un appel au vote aux Îles-de-la-Madeleine. « J’en appelle à tous ceux qui veulent voir un autre style de leadership, a affirmé Mme Anglade. J’en appelle à tous ceux qui voient ce qui se passe et que ça ne les reflète pas [….] C’est eux qu’on a à convaincre encore. »

Le chef caquiste François Legault va « dans la mauvaise direction », en affirmant qu’accueillir plus de 50 000 immigrants par an serait « suicidaire » pour la nation québécoise, a fait valoir la cheffe libérale. Les « indécis » ayant envie qu’une « voix forte » les représente à l’Assemblée nationale doivent choisir le PLQ, estime-t-elle.

Le dernier sondage Léger, paru dimanche, place les libéraux au même endroit qu’au début de la campagne électorale, avec 17 % des intentions de vote au Québec.

« Je pense que depuis les deux dernières semaines, on le sent sur le terrain [que l’aiguille bouge en faveur du PLQ] », a argué Mme Anglade. Cette dernière soutient que sa performance au dernier débat des chefs a changé la donne.

Une « excellente campagne », malgré tout

Même si elle se dit consciente que la fin de la campagne fait partie du cours normal de « la démocratie », Dominique Anglade « aurait pris cinq semaines de plus ». Sans affirmer que davantage de temps aurait joué en sa faveur, l’aspirante première ministre dit regorger d’énergie.

Selon le sondage Léger, seulement 7 % des Québécois estiment que la cheffe du PLQ a mené la meilleure campagne. Elle maintient toutefois avoir fait une « excellente » tournée dans les dernières semaines.

Visiter les circonscriptions de Gaspé, des Îles-de-la-Madeleine et celle d’Ungava est à l’image du reste de la campagne, a soutenu Mme Anglade. « Le message qu’on a lancé […] c’est qu’on sera partout au Québec, à la rencontre des citoyens. »

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