Legault se plaint d’avoir été accusé de racisme

François Legault a dressé un bilan de ses propositions. Il a affirmé que «certains n’aiment pas» quand il parle de langue française et de valeurs québécoises.
Ryan Remiorz La Presse canadienne François Legault a dressé un bilan de ses propositions. Il a affirmé que «certains n’aiment pas» quand il parle de langue française et de valeurs québécoises.

Le chef caquiste, François Legault, affirme que ses propositions pour protéger la langue française et les valeurs québécoises ont été associées au racisme.

De passage dans la circonscription d’Ungava, il a rencontré samedi matin des gens d’affaires et des élus locaux.

M. Legault a dressé un bilan de ses propositions. Il a affirmé que « certains n’aiment pas » quand il parle de langue française et de valeurs québécoises.

« Je pense que la majorité des Québécois veulent qu’on protège notre langue et nos valeurs, et on est là où sont les Québécois, a-t-il dit en prenant la parole devant son auditoire. Pas quelques analystes qui disent le contraire et associent ça à du racisme. Ce qu’on veut, c’est protéger notre langue. »

M. Legault a répété les promesses électorales de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour soulager les contribuables du poids de l’inflation, et a parlé de son plan de transition vers une économie sans gaz à effets de serre.

Selon le chef caquiste, aucune autre formation que la sienne n’a autant parlé d’éducation.

« Depuis le début de la campagne, il se dit toutes sortes de choses, a-t-il dit. Moi, je pense sincèrement qu’on a mené la meilleure campagne pour répondre aux préoccupations des Québécois. »

Lors d’un point de presse qui a suivi cette rencontre avec des représentants locaux, M. Legault n’a pas identifié de qui sont venues les accusations de racisme dont il se dit victime.

« Ceux à qui le chapeau fait, qu’ils le portent », a-t-il répété.

M. Legault n’a pas répété le mot racisme, il a plutôt parlé de ses prises de position.

« Il y a des gens qui ont essayé de faire des amalgames avec le fait que je veux défendre les valeurs québécoises et la langue française. Maintenant, je pense que c’est d’être nationaliste », a-t-il dit.

Sujets délicats

 

M. Legault a écarté tout lien entre ces accusations et ses déclarations controversées sur l’immigration, notamment cette semaine, quand il a affirmé que hausser le nombre de nouveaux arrivants serait « suicidaire ». Il a plutôt fait le lien entre sa loi sur les signes religieux et sa réforme de la loi 101.

« Un gouvernement de la CAQ a adopté la loi 21, la loi 96, a-t-il dit. Il y en a qui n’aiment pas ça, mais c’est ce que souhaite la majorité des Québécois. »

M. Legault s’est refusé à définir les valeurs québécoises. Il a référé au moment durant la campagne où il a dû exprimer des regrets pour ses propos après avoir fait un lien entre immigration et violence.

« Vous savez ce que ça a donné, quand j’ai essayé de le faire, vous savez ce que ça a donné. Je pense que les Québécois le savent qu’ils peuvent compter sur moi pour défendre leurs valeurs. »

Selon M. Legault, « c’est délicat de parler des valeurs québécoises » ainsi que du français et de l’immigration.

« Je ne pense pas que c’est une gaffe de défendre la langue française et les valeurs québécoises, a-t-il plaidé. Il y en a qui pensent que oui. »

En concluant une tournée de trois jours qui l’a mené de Rouyn-Noranda à Chibougamau avec des arrêts à Amos et Lebel-sur-Quévillon, M. Legault a posé un regard sur l’ensemble de sa campagne.

« Je pense qu’on a fait une belle campagne, on a l’appui des Québécois et ça va bien », a-t-il dit.

Référendum

 

M. Legault s’est défendu de terminer sa campagne dans l’aigreur. Il attribue cette perception à du « spin », des efforts de ses adversaires pour imposer cette perception.

« Moi, je suis de bonne humeur et j’ai hâte à lundi soir », a-t-il dit.

Il a exprimé une confiance prudente en vue du résultat qu’il obtiendra lundi grâce à sa campagne du dernier mois.

« Je pense que ça a bien été. Je suis optimiste, même si je ne prends rien pour acquis. »

M. Legault ne s’est pas avancé sur le résultat qui lui procurerait le mandat fort pour convaincre Ottawa de céder au Québec des pouvoirs supplémentaires dans la sélection des immigrants.

« ll en va de l’avenir du français », a-t-il toutefois insisté.

M. Legault a répété qu’il n’exclut pas de consulter les Québécois dans le cadre d’un référendum sectoriel sur les pouvoirs en immigration qu’il demande.

« Ce n’était pas dans les plans, mais je suis ouvert, a-t-il dit. Il n’y a pas de plan pour faire ça dans six mois. Être ouvert, ça veut dire que ce n’est pas exclu, mais il n’y a pas de plan, de séquence prévue. »

M. Legault espère que le résultat de lundi convaincra les partis fédéraux d’accepter sa demande.

« Ce qu’on doit avoir, c’est un appui fort des Québécois pour que le gouvernement du Québec ait plus de pouvoirs en immigration. »

Troisième lien pour l’environnement

M. Legault a également référé aux critiques formulées contre son projet de troisième lien, un autre élément qui a occupé sa campagne.

« Il y en a qui font des raccourcis rapides en disant que la preuve que la CAQ ne tient pas à l’environnement, c’est qu’ils font un troisième lien à Québec, a-t-il dit. On a besoin d’un troisième lien à Québec, il y a du trafic entre Québec et Lévis, mais il y a des gens qui n’aiment pas ça. »

M. Legault a affirmé qu’il prendrait une décision politique si jamais des études qu’il attend recommandent autre chose que le tunnel à quatre voies qu’il veut.

Samedi, le chef caquiste a indiqué qu’il n’est pas rendu à pas rendu là en ce qui concerne un projet de pont à Tadoussac réclamé sur la Côte-Nord.

« Je vais voir l’étude avant sur le volume de circulation qui serait prévu, a-t-il expliqué. À Québec, pour moi, il y a une évidence qu’il y a un volume. »

De passage en Gaspésie samedi, la cheffe libérale Dominique Anglade a jugé que les propos qui lient l’immigration à la violence et la menace sont «inacceptables» et «blessants». Le chef caquiste «alimente cette division et après ça, il n’est pas content qu’on le lui dise, a souligné l’aspirante première ministre. Mais c’est lui qui a parti le bal.»

De son côté le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, doute qu’un référendum aura lieu sur les pouvoirs en immigration car autrement il faudrait en faire d’autres pour les demandes de la CAQ qui sont restées lettre morte jusqu’ici tel que, selon lui, les transferts en santé, les compétences en culture ou le rapport d’impôt unique.

«En fait si on suivait sa logique, il faudrait prendre la liste des 21 refus substantiels d’Ottawa et tenir un référendum sur chacun d’entre eux», a-t-il dit samedi depuis Montréal.

M. Legault a complété sa tournée du jour avec un arrêt à Mont-Laurier, dans la circonscription de Labelle où il a participé à un rassemblement avec sa députée sortante, Chantale Jeannotte.

Avec François Carabin, Florence Morin-Martel

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