Anglade dit avoir «pris des risques»

En affirmant qu’accueillir plus de 50 000 nouveaux arrivants par an serait «suicidaire» pour la nation québécoise, M. Legault entache la réputation du Québec, selon M. Anglade.
Paul Chiasson La Presse canadienne En affirmant qu’accueillir plus de 50 000 nouveaux arrivants par an serait «suicidaire» pour la nation québécoise, M. Legault entache la réputation du Québec, selon M. Anglade.

À l’approche du scrutin, la cheffe libérale Dominique Anglade a affirmé samedi avoir pris « des risques » en répondant à « toutes les questions » ces dernières semaines, contrairement à François Legault qui n’a plus envie de faire campagne, selon elle.

« On est allés faire des bains de foule, on est allés faire des assemblées citoyennes où les gens nous posaient des questions, de vraies questions, a-t-elle fait valoir, avant de s’envoler pour la Gaspésie. Pas des questions plantées. » Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault, lui, est « tanné » de se prêter au jeu, a-t-elle souligné. Samedi, le premier ministre sortant a pourtant affirmé mener « une belle campagne ».

« La job, nous elle nous tente, a dit Mme Anglade, flanquée de plusieurs candidats qui ont alors applaudi. On a envie de la faire. On a envie d’y aller pour les Québécois, on a envie de se dépasser et de se démarquer et de porter des causes haut et fort. »

Parmi les batailles qu’elle veut mener, la cheffe du PLQ a pointé l’immigration et l’importance de régler la pénurie de main-d’oeuvre. Un problème crucial en Gaspésie, a-t-elle souligné.

Il faut « donner du pouvoir » à la région pour lui permettre de déterminer le nombre de nouveaux arrivants qu’elle peut accueillir, a-t-elle affirmé.

Legault représente le « repli sur soi »

Avec son discours sur l’immigration, François Legault représente « le passé » et le « repli sur soi », a asséné Dominique Anglade.

En affirmant qu’accueillir plus de 50 000 nouveaux arrivants par an serait « suicidaire » pour la nation québécoise, M. Legault entache la réputation du Québec, selon elle. « Ça a une incidence sur l’image à l’international, a-t-elle déploré. Ça a une incidence sur notre capacité à aller recruter du talent. »

L’aspirante première ministre est revenue sur les propos tenus vendredi par le candidat caquiste dans Camille-Laurin, Richard Campeau. Ce dernier a dit qu’employer le mot « suicidaire » pour parler de la hausse des seuils d’immigration le dérange « plus ou moins ».

« Très franchement, ce que j’entends aux portes, les gens semblent être d’accord avec ça — les francophones de souche par exemple, vous allez me dire, a-t-il affirmé. Les gens me disaient : “Ben oui, c’est un mot”. »

Ces déclarations « nous font mal » collectivement, s’est désolée Dominique Anglade. « François Legault cautionne une espèce de narratif qui est absolument nuisible pour le Québec. C’est nuisible pour le Québec et ensuite il y a des gens qui répètent ça. »

Après son passage en Gaspésie, la cheffe libérale a mis le cap sur Îles-de-la-Madeleine. Dans cette circonscription, tout comme celle de Bonaventure et Gaspé, les libéraux occupent les derniers rangs dans les intentions de vote, selon les sondages.

 

« Si on va là-bas, c’est parce qu’on a des militants qu’on veut rencontrer, des candidats et des messages à passer », a-t-elle soutenu.

Avec Alexandre Robillard

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