Anglade souhaite faire du 30 septembre un jour férié au Québec

Le Parti libéral du Québec s’engage aussi à mettre en œuvre dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat le Principe de Joyce. 
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le Parti libéral du Québec s’engage aussi à mettre en œuvre dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat le Principe de Joyce. 

Afin de tendre la main aux peuples autochtones, la cheffe libérale, Dominique Anglade, s’engage à faire du 30 septembre, Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, un jour férié au Québec comme il l’est déjà au fédéral.

« Ça enverrait un message très fort de véritable volonté d’aller vers cette réconciliation dont on a tant besoin politiquement », a dit Mme Anglade, de passage à Montréal vendredi.

Avoir un jour férié au Québec permettrait de « reconnaître l’importance » de ce qui s’est passé dans les pensionnats pour Autochtones et de rendre hommage aux survivants. En septembre 2021, le premier ministre François Legault avait fermé la porte à cette demande.

Si le Parti libéral du Québec (PLQ) est porté au pouvoir, il s’engage d’ailleurs à mettre en oeuvre dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat le Principe de Joyce. Ce dernier vise « à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé ».

Il a été développé par le Conseil de la Nation atikamekw, après la mort de Joyce Echaquan en septembre 2020 à l’hôpital de Joliette, sous les insultes racistes d’une infirmière.

Mme Anglade a souligné qu’elle se rendra dimanche à Kuujjuaq, au Nunavik. Avec son candidat dans Ungava, Tunu Napartuk, ancien maire de la ville, elle rencontrera les communautés inuites.

Reconnaître le racisme systémique, tout comme rendre hommage aux survivants des pensionnats pour Autochtones avec un jour férié, fait partie d’une réflexion qu’il est nécessaire d’avoir au Québec, selon la cheffe du PLQ.

« [On va] amener la population à réfléchir collectivement à des choses que nous devons changer dans notre système, notamment avec les communautés autochtones », a-t-elle souligné.

Un temps d’arrêt « pertinent »

De son côté, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, trouve « pertinent de marquer un temps d’arrêt [afin] de se souvenir des injustices du passé pour préparer l’avenir ».

M. Nadeau-Dubois aura une « attitude sobre » vendredi, afin de « laisser toute la place aux enjeux autochtones », a-t-il indiqué.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, plaide en faveur d’une « journée de commémoration » sans que les gens arrêtent nécessairement de travailler.

« Nous avons déjà beaucoup de jours fériés, a-t-il fait valoir, en mêlée de presse jeudi. Je pense que nous devons travailler. On ne peut pas être en congé trop souvent. On a déjà beaucoup de journées de congé. »

Le chef du Parti québécois avait quant à lui oublié sa proposition sur la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, vendredi. Quand une journaliste lui a demandé s’il souhaitait en faire un jour férié, Paul St-Pierre Plamondon a répondu qu’il « voulait juste vérifier si [le PQ] avait spécifié une journée ou une autre ». « De mémoire, on est favorable », a-t-il dit.

Le parti souhaite faire du 30 septembre un jour férié.

Avec Marco Bélair-Cirino, Isabelle Porter et François Carabin

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