Legault croit que la souveraineté serait viable financièrement

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en conférence de presse le 19 septembre à Longueuil
Ryan Remiorz La Presse canadienne Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en conférence de presse le 19 septembre à Longueuil

Le chef caquiste, François Legault, a déclaré mardi que la souveraineté du Québec serait viable financièrement malgré une perte de revenus qu’il anticipe du gouvernement fédéral. Il a ajouté que, selon lui, ce n’est toutefois pas la priorité des Québécois.

« Oui, ce serait viable, a-t-il dit en point de presse. Il y aurait un défi financier également, quand on regarde le niveau de péréquation qu’on reçoit actuellement, mais je pense que le Québec serait viable. »

Dans une entrevue éditoriale avec Le Devoir, publiée lundi, M. Legault avait souligné qu’un Québec souverain perdrait 10 milliards par année en revenus de péréquation et de transferts fédéraux.

Lors d’une étape de sa tournée électorale en Gaspésie, il a toutefois reconnu que le Québec a les moyens d’être souverain.

« Il y a un niveau de richesse, quand on se compare à la moyenne des pays dans le monde, qui est relativement élevé, même si on a un écart de richesse avec l’Ontario, malheureusement, qu’on est en train d’éliminer », a déclaré le chef caquiste.

Lundi, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, avait accusé M. Legault de tenir un discours plus fédéraliste que ses prédécesseurs libéraux, Jean Charest et Philippe Couillard.

Mardi, le chef caquiste a omis de répondre à la comparaison établie par son homologue péquiste, se contentant de faire référence à son adversaire libérale actuelle. « J’ai essayé de me poser la question, si j’étais plus fédéraliste que Dominique Anglade, et j’ai de la misère à comprendre ce qu’il veut dire », a-t-il dit.

« PSPP » salue le changement de ton

À Mascouche, mardi, Paul St-Pierre Plamondon a salué le changement de ton du chef caquiste devant « une évidence ».

« Évidemment que le Québec est viable, a-t-il dit. C’est sûr que, si on isole la péréquation seulement, on peut dire qu’on n’est pas capables. Mais il faut prendre dans leur ensemble les dépenses du fédéral. »

Dans son budget de l’an 1 mis à jour — qui ne sera finalement pas rendu public avant le jour du scrutin —, le PQ avait relevé « 5,1 milliards de dollars juste en dédoublements ».

« Deux gouvernements qui font la même chose en même temps et qui passent tout leur temps à essayer de se comprendre, puis à se coordonner pour que, le plus souvent, il n’y ait rien qui avance », a-t-il affirmé mardi.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, est persuadé que l’indépendance serait payante sur toute la ligne.

« Moi, je pense que l’indépendance, c’est un projet qui va nous enrichir collectivement. Ça va nous enrichir économiquement parce qu’il y a bien des dédoublements [de services entre Ottawa et Québec] qui vont disparaître. Ça va nous enrichir aussi socialement, culturellement. Ça va enrichir notre relation avec les Autochtones, avec lesquels on partage le territoire du Québec », a-t-il fait valoir lors d’un arrêt dans la capitale mardi.

Interrogée sur la viabilité d’un Québec souverain, la cheffe libérale, Dominique Anglade, a répondu que la vraie question était de savoir « à quel prix » cela se ferait.

« Nous, ce n’est vraiment pas ce qu’on défend », a-t-elle ajouté. Selon les libéraux, l’avenir du Québec doit se faire avec « le fédéral ».

Autochtones et Côte-Nord

 

Au terme d’une rencontre avec des chefs autochtones à Sept-Îles, deuxième étape de sa journée, François Legault s’est engagé mardi à conclure d’ici le 31 mars 2023 un traité avec le regroupement Petapan, composé de trois communautés innues du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

« On s’est donné ça comme objectif, signer un traité qui serait historique, a-t-il dit. Les négociations vont très bien. »

Le Devoir a rapporté la semaine dernière que les négociations coinçaient notamment sur les réticences de Québec à reconnaître que le droit des peuples autochtones à l’autodétermination est inhérent.

Mardi, M. Legault a circonscrit le cadre dans lequel le gouvernement situe les demandes des Autochtones. « Il faut qu’on reconnaisse le territoire, mais sans prendre le risque que le territoire soit divisible et qu’il y ait un droit de veto automatique », a-t-il précisé.

Après leur rencontre avec M. Legault, les chefs Martin Dufour, d’Essipit, Gilbert Dominique, de Mashteuiatsh, et Réal Tettaut, de Nutashkuan, ont précisé qu’à compter du 1er avril 2023, peu importe l’avancement du dossier, ils soumettraient le contenu de cet éventuel traité à leurs membres.

Sur le projet de pont sur le Saguenay à Tadoussac, M. Legault a affirmé qu’il attendra de voir quel est le niveau d’acceptabilité sociale. « J’ai un préjugé favorable. Maintenant, on va attendre d’avoir le résultat de l’étude qui tient compte de l’acceptabilité, notamment du côté de Tadoussac », a-t-il dit.

M. Legault a terminé sa tournée dans l’Est par un arrêt à Baie-Comeau.

Avec François Carabin, Marco Bélair-Cirino, Florence Morin-Martel

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