Les femmes seraient plus touchées par une éventuelle récession, dit Anglade

Un éventuel ralentissement économique frapperait plus durement le Québec qui manque de travailleurs, a dit Mme Anglade, de passage dans Bourassa-Sauvé, à Montréal-Nord.
Paul Chiasson La Presse canadienne Un éventuel ralentissement économique frapperait plus durement le Québec qui manque de travailleurs, a dit Mme Anglade, de passage dans Bourassa-Sauvé, à Montréal-Nord.

Les risques d’une récession sont réels et les femmes en subiraient plus fortement les conséquences car elles travaillent surtout « dans des milieux déjà fragilisés », a affirmé la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, lundi.

Un éventuel ralentissement économique frapperait plus durement le Québec qui manque de travailleurs, a dit Mme Anglade, de passage dans Bourassa-Sauvé, à Montréal-Nord. Selon elle, les femmes qui portent déjà « à bout de bras » les domaines de la santé et de l’éducation écoperaient plus particulièrement de cette éventuelle récession.

« Une récession qui frappe, ça frappe tout le monde, a expliqué l’aspirante première ministre, au jour 30 de la campagne électorale. Mais ça frappe particulièrement qui ? Les plus vulnérables. Ça frappe particulièrement à quels endroits ? Les milieux qui sont déjà fragilisés. »

Dimanche, le chef caquiste, François Legault, a soutenu que les risques de récession ont augmenté à 50 %, au Québec. Si le premier ministre sortant plaide en faveur d’une continuité en politique, la cheffe libérale estime être mieux « préparée » que lui pour affronter cette situation.

« C’est une raison de plus pour changer » de gouvernement, a fait valoir Dominique Anglade. Cette dernière souligne l’importance d’avoir un dirigeant capable de comprendre les impacts directs de la pénurie de main-d’oeuvre sur le milieu et le « tissu économique ».

Mme Anglade a rappelé la nécessité de fournir une place en garderie pour tous les enfants, en vue de ces incertitudes économiques. « Vous voulez passer à travers la récession, il va falloir qu’on puisse avoir des femmes qui retournent sur le marché du travail », a-t-elle dit.

De « l’oxygène » à la population

Les risques d’une récession justifient encore plus qu’on « donne de l’oxygène à la population », a soutenu la cheffe du PLQ.

« Il faut aussi rappeler à tous nos aînés du Québec que dans une récession, la seule chose qui risque de ne pas augmenter c’est votre revenu », a dit Dominique Anglade. Ainsi, l’allocation annuelle allant jusqu’à 2000 $ pour cette tranche de la population est essentielle, selon elle.

Les propositions spécifiques des libéraux pour aider les femmes et les aînés « résonnent » chez les Québécois, a soutenu Mme Anglade. « Je l’entends beaucoup depuis la dernière semaine. » Jeudi passé, lors du débat des chefs, elle a abordé le « recul important » subi par les femmes ces quatre dernières années. Les mères incapables de retourner travailler, faute de place en garderies, en témoignent.

Présente lors de l’annonce, la candidate et députée sortante dans Jeanne-Mance–Viger, Filomena Rotiroti, estime que le débat a été « un point tournant » dans la campagne électorale en faveur de son parti. « Les gens sont allés vérifier davantage les propositions qu’on a à offrir », s’est-elle réjouie.

Mme Rotiroti reconnaît que Dominique Anglade a parfois essuyé des critiques « un peu plus corsées » venant des médias. « La politique, c’est ça, affirme-t-elle. Il y a des moments ou des journées plus difficiles que d’autres. »

« Je suis très fière, on a une femme cheffe et elle donne beaucoup de place [à ses consoeurs] », a-t-elle conclu.

Anglade visitera les Madelinots

Lundi, la cheffe libérale a annoncé qu’elle se rendrait aux Îles-de-la-Madeleine le week-end prochain. « Il y a quelque chose d’important qui s’est produit aux Îles », a affirmé Dominique Anglade, au sujet des dégâts causés par la tempête post-tropicale Fiona ces derniers jours. Elle fera aussi escale en Gaspésie et dans le Nord-du-Québec, avant de rentrer à Montréal. Après avoir visité des bastions libéraux dernièrement, elle finira donc sa campagne « à l’offensive » dans certaines régions éloignées. À propos des risques que la météo retarde le retour à Montréal pour la soirée électorale, le 3 octobre, Mme Anglade estime « qu’on ne peut pas tout prévoir ».



À voir en vidéo