Nadeau-Dubois se fait le champion de l’écologisme optimiste

L’homme politique de 32 ans se dit persuadé que seulement l’« espoir » — et non la « peur » — puisse amplifier la mobilisation de la population pour l’action climatique.
Paul Chiasson La Presse canadienne L’homme politique de 32 ans se dit persuadé que seulement l’« espoir » — et non la « peur » — puisse amplifier la mobilisation de la population pour l’action climatique.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, refuse de faire la morale à ceux et celles qui boivent leur 7 Up avec une paille en plastique ou qui brassent leur café avec un bâtonnet de plastique. Il en va du succès de la transition écologique, selon lui.

« Il faut qu’on arrête de se juger les uns, les autres sur qui en fait assez, pas assez pour que comme société, ensemble, on fasse de meilleurs choix puis qu’on se donne la possibilité dans nos vies individuelles de faire des choix écologiques. Ce qu’on a besoin, c’est un changement de société », a-t-il fait valoir lors d’un saut dans le Bas-Saint-Laurent ce week-end.

L’homme politique de 32 ans se dit persuadé que seulement l’« espoir » — et non la « peur » — puisse amplifier la mobilisation de la population pour l’action climatique. « Vous, buvez-vous votre 7 Up avec une paille en carton ? Vous, brassez-vous votre café avec un morceau de plastique ou un morceau de bois ? Cette manière de voir la transition écologique comme [si elle était] basée sur les choix individuels seulement, je pense que c’est une vieille manière de voir les choses. Nous, ce qu’on veut à Québec solidaire, c’est de donner la possibilité de faire de meilleurs choix », a-t-il soutenu lors d’un point de presse à Rimouski dimanche, tout en pointant le plan climat Vision 2030 de QS.

M. Nadeau-Dubois réagissait à un billet de la candidate solidaire Laurence Pageau (Anjou–Louis-Riel) publié sur Facebook en janvier 2021. « C’est malheureux, mais il m’apparaît de plus en plus que la solution à court terme est de constamment faire preuve d’esprit critique par rapport à notre consommation et à celle de notre entourage. Sentez-vous mal. Faites sentir mal le monde qui prend des décisions qui vont à l’encontre de vos valeurs », soutenait la chargée de projet auprès de la Clinique en environnement de l’Université de Sherbrooke. « La pression des pairs et la peur du jugement sont des faiblesses humaines que l’on peut utiliser pour lutter contre les changements climatiques. Sinon, la capacité déficiente de l’esprit humain à concevoir le risque climatique et d’agir en conséquence échouera encore et toujours à nous faire poser les bons gestes à temps », poursuivait-elle.

« GND » demeure convaincu qu’« on n’y arrivera jamais au Québec à faire cette transition [écologique] si on fait juste se juger les uns les autres ».

M. Nadeau-Dubois a rappelé dimanche que QS participe au programme de compensation de gaz à effet de serre (GES) mis sur pied par la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Les émissions de GES faites durant l’aller-retour Montréal-Rimouski de la caravane solidaire seront comptabilisées et compensées, parole de solidaires.

Le porte-parole de QS a donné un coup de main à la candidate de QS Carol-Ann Kack (Rimouski) en participant notamment à du pointage et du porte-à-porte avec elle. « Cette année, les progressistes, les indépendantistes doivent se rassembler derrière Carol-Ann », a-t-il fait valoir lors d’un point de presse dans un local électoral grouillant de vie.

Appel aux votes des jeunes

 

Gabriel Nadeau-Dubois a appelé les jeunes (et moins jeunes) à Rimouski (et ailleurs) à faire barrage au « plan d’accélération des changements climatiques » de la Coalition avenir Québec, qui est assorti d’investissements de près de 7,5 milliards de dollars dans des « projets qui vont empirer les changements climatiques » comme un troisième lien routier entre Québec et Lévis, et le prolongement de routes ici et là. « Les jeunes du Québec, à cette élection-ci, ont à peu près un vote sur trois, c’est un pouvoir ça. Ce que je dis aux jeunes c’est : utilisez ce petit bout de pouvoir là que vous avez. C’est l’élection de la dernière chance pour les changements climatiques. Ne laissez pas ce petit bout de pouvoir là vous glisser entre les doigts », a-t-il insisté.

QS bénéficie de l’appui de 36 % des électeurs âgés entre 18 et 34 ans, selon le dernier sondage Léger-Le Journal de Montréal-TVA-QUB. « C’est une génération qui malheureusement dans les dernières années a voté moins que les autres », a fait remarquer M. Nadeau-Dubois dimanche, avant de réitérer son appel au vote malgré les projections de victoire de la CAQ le 3 octobre prochain.

Peu importe où il se trouve dans la salle de l’Assemblée nationale, les députés « écologistes », « responsables » et « combatifs » de Québec Solidaire inciteront le gouvernement à intensifier la lutte contre les changements climatiques. « Moi, je fais campagne pour gagner, mais si on est dans l’opposition le 3 octobre, plus il va y avoir de députés solidaires en face du gouvernement, plus on va être capable de faire pression pour que le gouvernement d’en face en fasse le plus possible sur les changements climatiques », a-t-il affirmé.

« La crise la plus urgente à régler, celle qui est la plus pressante, ici et maintenant, c’est la crise du coût de la vie. Mais, la crise la plus grave, celle qui est la plus inquiétante pour l’avenir, c’est la crise climatique. »

M. Nadeau-Dubois n’arrive pas à croire que le chef caquiste, François Legault, ait dit, dans un entretien avec le Journal de Montréal, que « pour les jeunes, la priorité, ça ne devrait pas juste être l’environnement, ça devrait être l’éducation ».

Mais, « si le climat fout le camp, tout le reste va foutre le camp », a souligné le porte-parole solidaire, tout en disant observer une « écoanxiété » grandissante au sein de la population québécoise. « Si François Legault avait voulu donner une bonne raison aux jeunes du Québec d’aller voter le 3 octobre, bien, il vient de leur en donner une. […] Les jeunes n’ont pas besoin de se faire dire quoi penser par François Legault. Ils ont besoin d’un premier ministre qui les écoute », répète « GND ». « J’en reviens tellement pas ! », « Quel paternalisme ! »

M. Legault s’est gardé d’en rajouter, dimanche. Il a soutenu que l’éducation est sa priorité. « L’éducation, pour moi, c’est ma passion et personne ne va me faire changer d’idée », a-t-il dit.

Mise au point

 

Laurence Pageau a expliqué dimanche après-midi avoir cherché par le biais de son message du 5 janvier 2021 à « simplement inviter [son] lectorat à réfléchir » aux « différents leviers sociaux à notre disposition pour accélérer la transition écologique » . « Si je me suis joint à Québec solidaire cet été, c’est parce que je partage la vision de Gabriel et Manon selon laquelle la transition écologique est un projet de société qui sera bénéfique pour tous et toutes et qui nécessite une participation collective des citoyens, mais surtout du gouvernement. Il est important de mettre cela de l’avant pour que les gens aient de l’espoir et envie de faire partie du changement », a-t-elle assuré à ses abonnés.

Avec Alexandre Robillard

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