St-Pierre Plamondon incapable de dessiner les contours d’un Québec souverain

Pressé de questions samedi au retour d’un congé de maladie forcé, le chef du Parti québécois n’a pas été en mesure de donner de détails sur la politique monétaire d’un Québec indépendant.
Graham Hughes Pressé de questions samedi au retour d’un congé de maladie forcé, le chef du Parti québécois n’a pas été en mesure de donner de détails sur la politique monétaire d’un Québec indépendant.

Paul St-Pierre Plamondon ne sera pas en mesure de présenter une position sur la monnaie, l’armée, ou encore les frontières d’un Québec souverain d’ici la fin de la campagne électorale. La présentation d’un « budget de l’an un » est aussi repoussée après le 3 octobre.

Pressé de questions samedi au retour d’un congé de maladie forcé, le chef du Parti québécois (PQ) n’a pas été en mesure de donner de détails sur la politique monétaire d’un Québec indépendant. « Ce n’est pas dans les annonces qu’on a à faire. On va revenir sur certaines modalités d’un Québec indépendant, mais comme j’ai dit en début de campagne, nous, on mène une campagne sur l’essentiel », s’est justifié M. St-Pierre Plamondon.

En campagne électorale en 2014, la première ministre péquiste Pauline Marois s’était prononcée sur des questions comme celles-ci, en affirmant que le Québec conserverait le dollar canadien, en plus de proposer des frontières ouvertes avec le Canada, comme en Union européenne. Plus récemment, en 2020, le Comité national des jeunes du Parti québécois avait proposé d’instaurer une « piastre ».

Lors de son congrès, en décembre dernier, le PQ de « PSPP » s’était pour sa part engagé à « présenter une définition claire du Québec souverain sous forme d’une fiche signalétique précisant, entre autres, la monnaie, l’armée, les régimes de pensions, la garde des frontières et le régime politique » au début d’une potentielle campagne référendaire. Le chef péquiste propose un référendum dans un premier mandat.

« Mais évidemment, […] chaque aspect précis… Ce n’est pas la campagne qu’on mène », a martelé M. St-Pierre Plamondon, samedi. « Nous, on pense qu’on devrait décider par nous-mêmes. Et si on s’entend sur ce principe fondamental, bien, après il y a toutes sortes d’étapes qu’on va faire ensemble. »

Aucun moyen, donc, d’obtenir des détails sur le Québec souverain qu’entrevoit le leader péquiste. PSPP assure qu’il demanderait à des experts de se pencher sur la question au lendemain de l’élection éventuelle d’un gouvernement péquiste.

À quand le « budget de l’an un » ?

Par ailleurs, le Parti québécois recule sur le dépôt d’un « budget de l’an un » d’ici la fin de la période électorale. Vendredi, M. St-Pierre Plamondon a convenu que sa formation « essay [ait] de refaire l’ajustement des calculs » parce que « les données ont substantiellement évolué » avec l’inflation. Son équipe a par la suite confirmé qu’il serait impossible de rendre publics ces nouveaux calculs d’ici le jour du scrutin.

En entrevue éditoriale avec Le Devoir, le chef péquiste avait pourtant affirmé que cette mise à jour des finances d’un Québec indépendant — qu’il souhaitait au départ présenter avant la Fête nationale — arriverait avant le premier débat des chefs.

« L’inflation est telle que si on dépose un calcul basé sur il y a un an et demi, on va être, peut-être, dix milliards [de dollars] à côté de la réalité », s’est justifié M. St-Pierre Plamondon. « On travaille le plus vite possible sur cet ajustement-là. »

Le premier « budget de l’an un » avait été déposé en 2005 par un certain… François Legault, qui avait estimé que les reins financiers du Québec résisteraient à une déclaration d’indépendance et à une séparation du Canada.

Jeudi, au débat des chefs de Radio-Canada, M. St-Pierre Plamondon avait attaqué M. Legault et ses positions changeantes sur la souveraineté. « Votre projet c’est d’éteindre le projet souverainiste », avait-il lancé au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Or, le leader du PQ a déjà tenu des mots durs à l’égard de l’indépendance dans son livre Les orphelins politiques, paru en 2014. « La question de la souveraineté n’est désormais plus perçue comme un débat servant l’intérêt public, mais plutôt comme une source de division insoluble », écrivait-il notamment.

« Ce n’est pas parce que les gens pensent ça qu’il faut faire campagne uniquement en fonction de ce que les gens perçoivent », s’est justifié PSPP, qui convient que « plusieurs éléments ont ravivé [son] engagement » pour la souveraineté.

« La CAQ est venue au pouvoir en disant qu’elle allait mettre de côté cette question-là et démontrer que ça fonctionne pareil. Ça ne fonctionne pas », a-t-il ajouté.

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