Le chef du PQ veut que Télé-Québec diffuse plus d’émissions jeunesse du Québec

Le Parti québécois a réitéré, samedi, une série de mesures pour encourager la consommation de la culture québécoise.
Graham Hughes La Presse canadienne Le Parti québécois a réitéré, samedi, une série de mesures pour encourager la consommation de la culture québécoise.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, veut que Télé-Québec fasse une plus grande place aux émissions jeunesse québécoises, mais le jeune père de famille n’ira pas jusqu’à abolir la Pat’Patrouille, ce qui ferait « capoter » son fils de deux ans.

Le Parti québécois a réitéré, samedi, une série de mesures pour encourager la consommation de la culture québécoise. En point de presse, le chef a donné en exemple les émissions jeunesse québécoises, qui prioriseraient l’éducation au lieu de la « stimulation dans un but commercial ». Ces productions seraient meilleures que les émissions étrangères comme la Pat’Patrouille, selon lui.

« Quand tu compares à la nouvelle mouture d’émission comme Passe-Partout, la qualité, c’est le jour et la nuit. »

De passage à Montréal, M. Plamondon souhaite que les émissions comparables à Pat’Patrouille, comme Robocar Poli ou Super Wings soient remplacées, mais il n’ira pas jusqu’à remplacer la Pat’Patrouille. « Mon fils de deux ans va capoter s’il n’y a plus Pat’Patrouille. […] Les deux heures et demie de répétition de la même émission, avec une variante. On peut s’en passer. »

Les propositions du PQ en matière de culture surviennent dans un contexte de désintéressement des jeunes pour la culture québécoise. La majorité des Québécois de 18 à 34 ans, soit 58 %, consommeraient « très peu » ou « pas du tout » de contenu audiovisuel québécois sur les plateformes en ligne, selon un sondage cité par le parti.

« Ça semble évident qu’il y a eu une substitution de l’univers culturel et mental anglo-américain au détriment de l’espace culturel québécois. Et ça a beaucoup d’impact à moyen et long terme sur la langue française. »

M. Plamondon a réitéré la promesse de créer un « passeport culturel » d’une valeur de 100 $ pour permettre aux étudiants du secondaire et du collégial, ainsi qu’aux nouveaux arrivants pour leur permettre d’assister à un spectacle québécois.

Les spectacles d’artistes québécois en anglais ou en langues autochtones seraient admissibles au passeport puisqu’ils font partie de la production culturelle sur le territoire, a précisé le chef.

Le PQ promet également de doubler le budget de Télé-Québec, de créer un pendant québécois du CRTC, de créer un musée national de l’histoire du Québec et d’augmenter le financement des musées. Ces engagements représentent un investissement de 800 millions $ sur quatre ans.

Le parti a aussi réitéré son intention d’imposer une taxe de 3 % sur les revenus québécois des géants du web.

Plaidoyer pour l’indépendance et l’environnement

Après l’annonce, le chef a fait une allocution dans le cadre de la rencontre « Maîtres chez vous » de l’organisation Force jeunesse. Il a profité de son passage pour discuter de son plan environnemental et du déclin du français.

Il a réitéré son argument selon lequel les objectifs climatiques du Québec sont incompatibles avec l’exploitation pétrolière en Alberta.

« Chaque année, on prend 2 milliards $ de nos impôts québécois et on l’envoie en cadeaux et en subventions aux pétrolières de l’Alberta, des multinationales dans les paradis fiscaux. Ça, c’est le choix d’Ottawa. Si on est sérieux à propos de la question des changements climatiques, on doit être sérieux à propos de l’indépendance du Québec. »

Questionné à savoir si la cible du PQ de réduire de 45 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 d’ici 2030 était réaliste, M. St-Pierre Plamondon a répondu que sa formation a trouvé le bon équilibre.

« C’est faisable. C’est exigeant. Ça coûte surtout très cher pour l’État, mais ça coûte trois fois moins cher de payer ça maintenant que de ne rien faire et de ramasser le’bill’dans 20 ans. »

Sur la question du rôle des autochtones dans le projet indépendantiste, il a envoyé une pointe au premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

 

« Justin Trudeau peut faire toutes les mises en scène qu’il veut, verser des larmes, a-t-il lancé, soulevant les rires de l’auditoire. Ça ne changera rien. Le seul geste politique qui permettra un dialogue, une négociation de nation à nation, accompagné par les Nations Unies, c’est la déclaration d’indépendance. »

« Mon engagement est déjà pris. Le lendemain [de l’indépendance], on reconnaît les nations autochtones d’égale à égale et on dit : “On s’assoit. Si voulez maintenir le cadre fédéral, on vous garantit la même chose, mais c’est à vous de décider comme nation autonome.” »

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