Le Parti conservateur s’excuse d’avoir invité ses membres à appeler au bureau d’Alain Rayes

Pierre Poilievre a reproché à Alain Rayes d’avoir «décidé de ne pas combattre l’inflation de M. Trudeau», contrairement à son équipe.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Pierre Poilievre a reproché à Alain Rayes d’avoir «décidé de ne pas combattre l’inflation de M. Trudeau», contrairement à son équipe.

Le Parti conservateur du Canada s’est excusé sur Twitter tard mardi soir pour un message texte envoyé aux membres du parti de la circonscription du député indépendant Alain Rayes les intimant de téléphoner à son bureau de compté pour l’inviter à démissionner. La démarche avait été qualifiée « d’opération de salissage » par l’ex-député du parti.

M. Rayes, qui a claqué la porte de la formation politique la veille, a reproché mercredi au bureau du nouveau chef conservateur Pierre Poilievre d’avoir transmis un message texte aux membres du parti de la circonscription de Richmond—Arthabaska les incitant à appeler au bureau de circonscription et à réclamer la démission d’Alain Rayes.

« ALERTE : Votre député Alain Rayes vient de quitter le Parti conservateur. Il a décidé de ne pas combattre l’inflation de Trudeau avec l’équipe unie de Pierre Poilievre. […] Appelez son bureau dès maintenant et dites-lui de démissionner de son poste de député », indique le message dont La Presse canadienne a pu consulter une copie et qui précise le numéro de téléphone à composer.

« Je suis tombé en bas de ma chaise », a raconté en entrevue M. Rayes, qui a lui-même reçu le texto, tout comme ses enfants, son épouse, ses parents et des amis.

Depuis midi mercredi, les trois employés de son bureau « payés par l’argent des contribuables » sont inondés d’appels, ce qui les empêche d’aider les citoyens à régler leurs problèmes de passeports, d’immigration, d’impôts et de rentes de retraite, a-t-il dit.

Selon M. Rayes, cette « opération de salissage » payée par les fonds versés par les militants vise tout simplement à « intimider » ses confrères en laissant entendre : « voici ce qui arrive si vous décidez de partir du Parti conservateur ».

Tard mercredi soir, à 22 h 27, le parti s’est excusé sur Twitter d’avoir entrepris cette démarche.

Alain Rayes, qui avait appuyé Jean Charest dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, avait annoncé mardi qu’il siégera désormais comme indépendant à la Chambre des communes puisqu’il ne se « retrouve plus à l’intérieur de [s]a propre formation politique ».

Questionné sur ce départ lors d’un point de presse mardi, M. Poilievre a reproché à Alain Rayes d’avoir « décidé de ne pas combattre l’inflation de M. Trudeau », contrairement à son équipe. M. Poilievre s’est même vanté que « les citoyens » de la circonscription de Richmond—Arthabaska ont voté pour lui durant la course à la direction du parti.

Le député, qui n’a, soit dit en passant, « aucunement » l’intention de démissionner, estime que M. Poilievre fait « un raccourci intellectuel », puisque ce sont « environ 300 » membres conservateurs de la circonscription qui ont voté pour le nouveau chef. Et « on s’entend-tu ben » qu’ils ne sont pas représentatifs de ses électeurs.

À ce sujet, M. Rayes a dit que, lorsqu’il sort dans la rue, il ne reçoit « que des félicitations » pour sa décision. « Je suis enseveli de demandes, a-t-il soutenu. On ne parle pas en centaines, on parle en milliers de messages que j’ai reçus depuis hier de partout au pays, du Québec, puis de ma circonscription. »

Le bureau de Pierre Poilievre et son lieutenant québécois Pierre Paul-Hus n’avaient pas répondu à une demande de commentaire de La Presse canadienne au moment où ces lignes étaient écrites.

Avec Le Devoir

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