Le PQ veut réduire le seuil d’immigration à 35 000

Paul St-Pierre Plamondon affirme que l’immigration n’est pas la solution à la pénurie de main-d’oeuvre.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Paul St-Pierre Plamondon affirme que l’immigration n’est pas la solution à la pénurie de main-d’oeuvre.

Le Parti québécois propose de réduire le seuil d’immigration à 35 000 personnes par année.

Cette diminution vise à tenir compte de la capacité d’accueil du Québec, a expliqué le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, lors d’une conférence de presse à Lévis.

En faisant passer le seuil de 50 000 à 35 000 personnes par année, le PQ ramènerait ce plafond au niveau des années 1990. Selon le PQ, l’augmentation des seuils a été suivie d’un déclin du français.

M. St-Pierre Plamondon a affirmé que, contrairement aux discours véhiculés par certains de ses adversaires, l’immigration ne règle pas la pénurie de main-d’oeuvre. Selon le chef péquiste, l’immigration a même le potentiel de l’accroître.

Les nouveaux arrivants ont besoin de services, de logements, ce qui exerce une pression sur la société d’accueil, affirme M. St-Pierre Plamondon.

« Le travail d’une personne à 40 heures semaine, lorsqu’on le compare à sa consommation et au travail ce que ça nécessite, ça s’équivaut pas mal, a-t-il dit. Lorsqu’on regarde les analyses macroéconomiques, c’est faux de dire que des seuils d’immigration élevés vont combler la pénurie de main-d’oeuvre. »

Cette réalité est d’autant plus contraignante avec des pénuries d’enseignants et de personnel dans le réseau de la santé, souligne le chef péquiste.

« On est dans une crise du logement, on a des pénuries d’enseignants et de médecins. Donc, notre capacité d’accueil, elle est moindre, elle est changée ».

Autres moyens

 

S’il est élu, le PQ exigera que 100 % des immigrants économiques aient une connaissance du français avant leur arrivée.

Le PQ ciblera la régionalisation de 50 % des nouveaux arrivants, avec une « voie rapide » pour celles et ceux qui s’engagent à s’installer en région et des incitatifs financiers pour qu’ils y demeurent.

Un étudiant étranger qui trouve un travail en région une fois diplômé obtiendrait le remboursement de ses frais de scolarité.

 

M. St-Pierre Plamondon veut ainsi soustraire Montréal au risque de ghettoïsation.

« Les modèles qui fonctionnent sont ceux de mixité. Les modèles où il y a plus de difficultés, en Europe, notamment dans les grandes villes, sont les modèles où il y a eu une ghettoïsation par communautés ethnoculturelles, a-t-il dit. Malheureusement, le Canada valorise les identités ethnoculturelles à outrance, alors que notre modèle est universaliste. Tout le monde est Québécois. »

Le PQ augmentera de 50 % les budgets en matière d’intégration, qui passeront de 120 millions à 180 millions par année.

Le nombre de places disponibles pour les étudiants étrangers qui ne maîtrisent pas le français sera plafonné afin qu’il corresponde au poids des étudiants fréquentant les institutions anglophones, soit à environ 20 % du total.

« C’est un moyen de donner une chance au français comme langue commune sur l’île de Montréal, autour des universités Mc Gill et Concordia », a expliqué le chef péquiste.

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