Le PLQ veut aller chercher 3 milliards $ dans les paradis fiscaux

Le Parti libéral du Québec est le premier parti à présenter son cadre financier.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Le Parti libéral du Québec est le premier parti à présenter son cadre financier.

Les libéraux tableront sur la lutte aux paradis fiscaux pour limiter le déficit s’ils sont élus. En allant chercher 3,3 milliards de dollars sur cinq ans aux Îles Caïmans et ailleurs, ils pensent pouvoir limiter ce déficit à2,7 milliards $ la première année.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) est le premier parti à présenter son cadre financier. Un exercice rédigé sous le signe de la prudence, a insisté l’un de ses architectes, l’ancien ministre des Finances Carlos Leitao qui dirige la campagne libérale.

« La situation n’est pas aussi positive que certains partis le laissent entendre », avance le parti qui s’attend notamment à une nouvelle hausse des taux d’intérêt le 7 septembre.

Pour minimiser l’impact de la situation économique sur la population, le parti ne propose pas moins de 29 milliards $ en nouvelles mesures sur cinq ans. Étant donné qu’il ne souhaite pas réduire les versements au Fonds des générations et maintenir le rythme du remboursement de la dette, il prévoit devoir dès lors engranger des déficits sur plusieurs années. L’équilibre budgétaire ne serait dès lors pas atteint avant 2029.

Une question de « volonté politique »

Sur cinq ans, le PLQ compte puiser 1,2 milliard $ dans les paradis fiscaux des particuliers et près du double dans ceux des entreprises. Pour accroître ses revenus, il table aussi sur un nouvel impôt aux « super riches » qui devrait lui rapporter 350 millions $ par année à partir de 2023-2024. L’intensification de la lutte au travail au noir permettrait en outre de générer la même somme à chaque année.

Les libéraux ne sont pas les premiers à cibler les paradis fiscaux comme source potentielle de revenus. Or, les résultats de bien des gouvernements ont souvent été décevants en ces matières dans le passé. Pourquoi cette fois serait-elle la bonne ? C’est une question de « volonté politique », rétorque l’équipe de la cheffe Dominique Anglade.

« Il y avait une politique qui a été mise en place par l’ancien gouvernement libéral et quand la CAQ est arrivée au pouvoir, ils ont tout simplement abandonné ce projet-là », a précisé Frédéric Beauchemin, candidat du parti dans Marguerite-Bourgeoys et ex-chef des marchés de capitaux à la Banque Scotia.

« La technologie nous aide, et il ne faut pas oublier que la législation internationale a changé et l’information, elle est disponible. »

Le PLQ s’appuie d’emblée sur un rapport produit en 2017 par la Commission des finances publiques sur le sujet.

Dépenses majeures au programme

 

Concernant les impôts destinés aux plus riches et au secteur privé, les libéraux rétorquent que leur contribution fiscale a baissé ces dernières années et qu’ils peuvent faire plus.

« En 2018, les entreprises avaient contribué à près de 9 % à l’augmentation des revenus de l’État […], et maintenant en 2022, on parle d’une baisse de 7,8 % », a signalé M. Beauchemin. À l’inverse, la part des impôts des particuliers et des taxes a crû au cours de la même période, a-t-il ajouté en évoquant un « déséquilibre ».

Les libéraux ont besoin de sources de revenus supplémentaires pour compenser les baisses d’impôts et les nombreuses aides aux particuliers qu’ils ont présentées cette semaine. À elles seules, les baisses d’impôts vont coûter 2,4 milliards $ par année à l’État.

La seconde plus grosse ponction provient de l’« allocation aînés » qui coûterait 2 milliards $ par année au gouvernement. La déduction d’impôt destinée aux travailleurs expérimentés (500 millions $), l’exemption de la TVQ sur les produits essentiels (450 M $ à compter de l’an prochain) et la hausse du crédit d’impôt solidarité (360 M $ par an en moyenne) pèsent aussi très lourd sur le budget prévu.

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