La CAQ veut déployer l’hospitalisation à domicile partout au Québec

Selon la proposition de la CAQ, cinq unités verraient le jour dans le Grand Montréal et la Capitale-Nationale d’ici la fin 2023. Par la suite, le déploiement se ferait graduellement dans l’ensemble du Québec jusqu’en 2026.
Graham Hughes La Presse canadienne Selon la proposition de la CAQ, cinq unités verraient le jour dans le Grand Montréal et la Capitale-Nationale d’ici la fin 2023. Par la suite, le déploiement se ferait graduellement dans l’ensemble du Québec jusqu’en 2026.

La Coalition avenir Québec (CAQ) continue d’égrainer son plan sur la santé. Dimanche, elle a présenté un quatrième engagement en une semaine : déployer l’hospitalisation à domicile partout au Québec.

Plus tôt cette semaine, le chef caquiste François Legault avait promis d’importants investissements pour former et recruter plus de personnel, lancer l’application « Votre santé » et construire de mini-hôpitaux privés.

Dimanche, à Laval, il a expliqué être à la recherche de solutions innovantes pour désengorger le réseau. « Vous savez, on a un gros défi d’avoir moins de congestion à l’urgence », a-t-il rappelé en conférence de presse.

La CAQ prévoit donc transférer chaque année « des centaines » de patients des hôpitaux à leurs domiciles pour y poursuivre leurs soins. Ils seraient suivis par une équipe formée entre autres de médecins et de pharmaciens.

L’hospitalisation à domicile serait offerte selon des critères stricts. Il faudrait que :

— le patient donne son consentement ;

— sa condition clinique permette des soins à domicile ;

— le patient soit accompagné d’un proche aidant à l’aise et disponible pour s’en occuper ;

— le patient réside dans un périmètre prédéterminé de l’hôpital.

La CAQ vise une clientèle adulte, souffrant notamment de maladies chroniques, et pouvant même être aux prises avec des problèmes de santé mentale. Le parti précise que les enfants ne seraient pas admissibles à ce programme.

« On pense que c’est une approche gagnant-gagnant, a ajouté M. Legault. Un, ça libère des lits, et deux, il y a beaucoup de patients qui préfèrent être hospitalisés à la maison. »

Bien que le concept ait fait ses preuves ailleurs dans le monde, le Québec testerait plusieurs stratégies et formes d’hospitalisation à domicile.

Dans certains cas, on miserait sur des équipes multidisciplinaires pour effectuer des visites à domicile, alors que dans d’autres cas, on pourrait déployer une forme d’hospitalisation suivie virtuellement.

Il n’est d’ailleurs pas exclu d’installer une caméra chez le patient, un peu à l’image de ce qui se fera dans les maisons des aînés, a laissé savoir le chef caquiste, selon qui « il faut vivre en 2022 ».

Selon la proposition de la CAQ, cinq unités verraient le jour dans le Grand Montréal et la Capitale-Nationale d’ici la fin 2023. Par la suite, le déploiement se ferait graduellement dans l’ensemble du Québec jusqu’en 2026.

Le coût de la mesure est évalué à 235 millions $ sur quatre ans.

La pandémie a exercé une pression considérable sur les hôpitaux et a montré les limites de la capacité hospitalière du Québec, indique la CAQ dans sa fiche technique remise aux médias.

 

Avec un ratio de 2 lits par 1000 habitants, le Québec a une capacité hospitalière plus faible que celle de certains pays développés comparables, poursuit-on.

La caravane caquiste passe la journée de dimanche à Laval, une région qui était acquise, dans le passé, aux libéraux. « On pense que ça va beaucoup changer le 3 octobre au soir », a déclaré François Legault.

Contre « Bill 96 »

Les Lavallois rencontrés au Marché 440 lui ont d’ailleurs réservé un accueil chaleureux.

Au moins une vingtaine de personnes venues faire leurs emplettes au célèbre marché ont félicité M. Legault pour son bon travail.

Toutefois, Maria, qui a tu son nom de famille, n’avait pas le coeur à la fête. « Je suis une anglophone et je ne suis pas d’accord avec la Loi 96 », a-t-elle lancé au premier ministre sortant.

« Oui, mais c’est important de protéger la langue française », lui a-t-il répondu dans la langue de Shakespeare.

Malgré ses frustrations, Maria est catégorique — elle ne votera pas libéral. « Les libéraux seront une minorité, ils ne seront pas au pouvoir, alors il faut voter pour la CAQ », a-t-elle affirmé aux journalistes.

Bélanger « extrêmement satisfaite »

Par ailleurs, la candidate caquiste dans Prévost, et ex-PDG du CIUSSS Centre-Sud, Sonia Bélanger, s’est elle aussi déclarée « extrêmement satisfaite » de la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault.

« Je suis oui, extrêmement satisfaite de la façon dont ça a été géré. On a appris beaucoup », a-t-elle dit.

« Ce que je retiens, c’est que nous nous sommes adaptés très rapidement, et il y a quand même eu des succès dans cette opération, notamment tout le volet de la vaccination », a-t-elle ajouté.

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