ArriveCan ne cause aucun retard dans les aéroports, dit le ministre des Transports

Le ministre a fait valoir que de nombreux problèmes dans les aéroports récemment documentés, comme la perte de bagages ou l’important délai imposé aux voyageurs pour les récupérer, incombent en fait aux compagnies aériennes.
Marie-France Coallier Le Devoir Le ministre a fait valoir que de nombreux problèmes dans les aéroports récemment documentés, comme la perte de bagages ou l’important délai imposé aux voyageurs pour les récupérer, incombent en fait aux compagnies aériennes.

Non seulement l’application obligatoire pour entrer au pays ArriveCan n’est responsable d’aucun retard de passagers à l’aéroport, mais elle accélérerait même les choses, affirme le ministre fédéral de Transports.

« Il n’y a aucune preuve qui soit que [l’application] ArriveCan cause quelconques problèmes », a répété le ministre Omar Alghabra, qui comparaissait virtuellement vendredi après-midi devant le comité parlementaire des transports.

« Si nous n’avions pas ArriveCan, le processus d’arrivée prendrait plus de temps, parce qu’il faudrait le faire manuellement. ArriveCan aide, en fait, à réduire la congestion […] Si nous suspendons ArriveCan aujourd’hui, nous aurons des complications substantielles et d’autres délais », a-t-il poursuivi, devant des élus de l’opposition très sceptiques.

« Un désagrément international »

« Vous avez l’air d’être le seul à penser qu’ArriveCan est le nec plus ultra des applications », lui a répondu le député du Bloc québécois Xavier Barsalou-Duval.

Le formulaire d’entrée obligatoire représente « un désagrément international », selon la députée conservatrice Melissa Lantsman. « Des gens ont été mis en détention à domicile à cause d’un bogue ! » a-t-elle lancé, en référence aux exigences de quarantaines envoyées par erreur à certains voyageurs respectant toutes les règles.

Comme l’a rapporté Le Devoir, les victimes de ce bogue de l’application qui arrivaient à entrer en contact avec la Santé publique fédérale apprenaient qu’ils pouvaient en fait ignorer les messages envoyés par erreur par ArriveCan. L’application a été mise à jour environ 80 fois depuis sa création.

Le portail a été vertement critiqué par ses usagers et des experts. Le syndicat qui représente les agents des services frontaliers estime par exemple que jusqu’à 30 % des voyageurs n’y ont pas entré leurs informations à la frontière, perturbant le travail des agents. Le ministre Omar Alghabra a répliqué avec sa propre statistique, vendredi : 95 % des voyageurs seraient en conformité, assure-t-il.

Une responsable de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a estimé que seulement 190 contraventions ont été données pour ne pas avoir utilisé l’application ArriveCan, essentiellement à des individus qui sont des « contrevenants récidivistes » s’opposant aux mesures sanitaires.

La situation s’améliore

« Les expériences [de passagers] rapportées dans les médias sont inacceptables et ne devraient pas être tolérées », a tout de même indiqué le ministre Alghabra. Il assure au passage que le mécanisme des plaintes de l’Office des transports du Canada fonctionne encore bien, malgré l’important arriéré.

Il a fait valoir que de nombreux problèmes dans les aéroports récemment documentés, comme la perte de bagages ou l’important délai imposé aux voyageurs pour les récupérer, incombent aux compagnies aériennes.

Le ministre a plutôt présenté la situation comme étant le résultat de la reprise des vols post-pandémique, plus importante encore que celle observée aux États-Unis, mais qui serait en amélioration depuis juillet.

 

« Je suis heureux de voir des résultats encourageants, comme le fait que seulement 2 % des vols planifiés aux quatre plus grands aéroports du Canada pour la seconde semaine d’août ont été annulés. […] C’est en baisse par rapport aux 5 % de la première semaine de juillet. »

Le gouvernement fédéral a suspendu durant quelques semaines les tests obligatoires de COVID-19 à l’arrivée, de nouveau en place à l’extérieur des aéroports depuis la mi-juillet. Plus d’un mois après, les résultats ne sont toujours pas accessibles sur le site gouvernemental, sous le prétexte qu’ils « font l’objet de vérifications ». Les données devraient être accessibles « dans les prochaines semaines », promet l’ASPC dans un courriel au Devoir.

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