Près de 42 millions du fédéral pour lutter contre la violence armée au Québec

Cet argent doit servir à des initiatives locales «qui préviennent la violence liée aux armes à feu et aident les jeunes à faire de bon choix», selon le ministre Marco Mendicino.
Patrick Doyle La Presse canadienne Cet argent doit servir à des initiatives locales «qui préviennent la violence liée aux armes à feu et aident les jeunes à faire de bon choix», selon le ministre Marco Mendicino.

Les ministres fédéraux Marco Mendicino et Pablo Rodriguez ont dû annoncer, avec quelques heures de retard à cause d’un problème de transport, le versement de plus de 40 millions de dollars au Québec pour lutter contre la violence armée en l’absence d’élus provinciaux ou municipaux, jeudi.

Ces fonds sont destinés à la Stratégie québécoise de lutte contre la violence liée aux armes à feu, appelée CENTAURE (Coordination de l’effort national contre le trafic d’armes unifié dans la répression et les enquêtes). Ils serviront à financer des initiatives communautaires visant les jeunes les plus à risque de tomber dans la violence armée.

« Il faut arrêter la violence avant qu’elle commence. Et on comprend qu’il faut travailler ensemble, a indiqué le ministre Mendicino. On travaille avec la communauté locale, pour bénéficier de leur expertise, leur expérience. »

« Ce qu’on vise ici, ce sont des programmes pour sortir des jeunes des griffes du crime, à travers la musique, à travers le sport », a ajouté son collègue montréalais, Pablo Rodriguez.

La somme totale de 41,8 millions de dollars allouée au gouvernement québécois est tirée du Fonds pour bâtir des communautés plus sécuritaires, de 250 millions de dollars, qui avait été annoncé ce printemps. Cet argent doit servir à des initiatives locales « qui préviennent la violence liée aux armes à feu et aident les jeunes à faire de bons choix ».

L’annonce, d’abord prévue avant 9 h, jeudi matin, devait inclure la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, et la présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, Dominique Ollivier. Or, l’avion du ministre Mendicino a connu des problèmes « hors de son contrôle », ce qui a repoussé le rendez-vous en fin de matinée, trop tard pour la rencontre avec son homologue provinciale.

« Ces dernières années, la violence armée est malheureusement en hausse un peu partout au pays », a reconnu Marco Mendicino, dont on ne voyait que les pieds lors de la transmission en direct de son discours sur Facebook.

Juste après une tragédie

 

Le discours du ministre à Montréal coïncide avec la conclusion sinistre d’une série de trois meurtres survenus à Montréal et à Laval au cours des deux derniers jours. Des policiers ont abattu un suspect de 26 ans, jeudi matin, ce qui a déclenché une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).

Marco Mendicino a salué le travail des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et a offert ses condoléances aux familles des victimes. Il a souligné avoir rencontré plusieurs autres victimes de violence armée dans sa propre ville, Toronto.

 

« Je sais que c’est un moment très très dur pour [les victimes]. Nos condoléances pour elles, et la communauté […] Nous savons qu’il y a beaucoup de travail encore à faire, qu’on doit faire et qu’on va faire. »

Le communiqué de presse du gouvernement fédéral note d’ailleurs que la violence liée aux gangs et les fusillades dans des lieux publics sont de plus en plus fréquentes au Québec.

Le gouvernement libéral fédéral a déposé ce printemps le projet de loi C-21, qui comprend des mesures censées mettre fin à la contrebande d’armes à feu à la frontière, ainsi qu’un « gel national » des armes de poing. L’initiative a suscité son lot de critiques, certaines jugeant qu’elle ne vise pas suffisamment les criminels armés.

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