Patrick Brown de nouveau candidat à la mairie de Brampton

Le maire de Brampton, Patrick Brown, lors d’une conférence de presse pour annoncer son intention de se représenter à la mairie, à l’hôtel de ville de Brampton
Photo: Cole Burston La Presse canadienne Le maire de Brampton, Patrick Brown, lors d’une conférence de presse pour annoncer son intention de se représenter à la mairie, à l’hôtel de ville de Brampton

Patrick Brown, qui a été exclu de la course au leadership du Parti conservateur du Canada au début du mois de juillet, sollicitera un nouveau mandat à la mairie de Brampton lors des élections municipales du 24 octobre prochain. Il en a fait l’annonce lundi devant l’hôtel de ville de cette banlieue de Toronto.

« Brampton est un endroit incroyable où vivre. C’est une mosaïque du monde », a mentionné le politicien accompagné pour l’occasion de sa femme, de ses enfants et de conseillers municipaux l’appuyant. Patrick Brown est devenu maire de Brampton en octobre 2018, un peu moins d’un an après avoir démissionné de son poste de chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Il avait fait face à des allégations d’inconduite sexuelle en janvier 2018.

Patrick Brown avait vite cherché à faire un retour en politique après cette affaire. Il avait d’ailleurs commencé l’écriture d’un livre s’en prenant à ses opposants au sein du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario avant de se lancer dans la course à la mairie de Brampton. Un deuxième livre, cette fois-ci sur son exclusion du Parti conservateur du Canada (PCC), est « en préparation », affirme son éditeur, Dean Baxendale, d’Optimum Publishing International.

Le politicien ontarien a été disqualifié de la course au leadership conservateur fédéral le 5 juillet dernier. Dans un communiqué, le président du comité organisant l’élection du prochain chef du PCC, Ian Brodie, affirmait alors que Patrick Brown semblait avoir violé des dispositions financières de la Loi électorale du Canada. D’après M. Baxendale, l’expulsion de M. Brown aurait plutôt été orchestrée au sein même du parti.

Lundi, en conférence de presse, le maire de Brampton a affirmé n’avoir commis aucun acte répréhensible et qu’il était certain que la firme Henein Hutchison, qui le défend dans l’affaire, confirmerait ses dires. « Il n’y a eu aucune violation de la Loi électorale du Canada », a-t-il répété. Patrick Brown dit dorénavant appuyer les campagnes au leadership conservateur de Scott Aitchison et Jean Charest, qui épousent des valeurs plus modérées, selon lui.

Le politicien ontarien s’en est aussi pris à la Loi québécoise sur la laïcité de l’État lors de sa conférence de presse. « Personne ne devrait perdre son emploi parce qu’il porte un signe religieux. Je vais toujours me prononcer sur ce type de sujets », a-t-il insisté. Quand il était membre du conseil d’administration de la police régionale de Peel, en 2019, le maire de Brampton avait voté en faveur d’une motion encourageant le recrutement de policiers québécois touchés par la loi ; aucun n’avait toutefois répondu à l’appel.

Une décision prévisible

 

La décision de Patrick Brown de briguer un deuxième mandat à la mairie de Brampton n’a pas surpris son ancienne opposante Linda Jeffrey, qui a dirigé la Ville de 2014 à 2018. « Il n’a plus d’autre endroit où aller puisqu’il a été éjecté de la politique provinciale et fédérale. […] Et je suis certaine qu’il a fait des sondages pour déterminer s’il a une chance de l’emporter ou non », note-t-elle. Patrick Brown avait récolté 44,4 % des voix en 2018, contre 40,7 % pour Mme Jeffrey.

« Après ce qui s’est passé dans la course à la chefferie, la mairie était le choix naturel », estime pour sa part Dean Baxendale.

Plusieurs controverses ont fait surface lors de ses quatre années à la barre de Brampton. En décembre dernier, la chambre de commerce locale avait dénoncé le budget municipal, notant que la Ville manquait de « discipline financière ». En février, des élus avaient affirmé que le style de gouvernance du maire était « autoritaire ». Et maintenant, un groupe de quatre conseillers demandent à la Gendarmerie royale du Canada et au Procureur général de l’Ontario d’enquêter sur le maire Brown. Ce dernier, allèguent-ils, aurait utilisé des fonds publics pour sa campagne à la chefferie.

Si un candidat fort ne se présente pas contre lui, Patrick Brown risque toutefois d’être réélu maire, croit Linda Jeffrey, et ce, malgré toutes ces allégations. « Patrick Brown travaille bien sur le terrain », admet-elle.

« J’ai toujours voulu servir de mentore à un candidat originaire du sud de l’Asie pour qu’il ou elle devienne maire », confie l’ancienne élue. En 2016, 52 % des résidents de Brampton étaient originaires de l’extérieur du Canada, majoritairement de l’Inde.

Selon Mme Jeffrey, la députée libérale fédérale Ruby Sahota pourrait se porter candidate contre M. Brown. D’après l’ancienne mairesse, elle possède une aussi bonne compréhension de la politique — et des façons de convaincre les électeurs d’aller voter — que le maire. « On ne sait jamais, elle pourrait lui en donner pour son argent. »

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