Peu de changement dans le Conseil des ministres de Doug Ford

Doug Ford a dévoilé aujourd’hui son nouveau cabinet ministériel.
Étienne Lajoie Le Devoir Doug Ford a dévoilé aujourd’hui son nouveau cabinet ministériel.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a donné un vote de confiance à l’équipe de ministres qui lui a permis d’obtenir une supermajorité de 83 sièges le 2 juin. Vendredi, lors de l’assermentation de son cabinet, plusieurs ministères clés, comme les Finances, l’Éducation et le Travail, sont demeurés sous la gouverne des mêmes ministres.

Le ministère de la Santé est le seul portefeuille majeur qui compte une nouvelle ministre, vu le départ de Christine Elliott, l’une des doyennes du Parti progressiste-conservateur. Cette dernière n’a pas cherché à obtenir un nouveau mandat après avoir géré le ministère durant la pandémie. C’est l’ancienne solliciteure générale Sylvia Jones, qui représente une circonscription de la région de Toronto depuis 2007, qui obtient le poste. En tout, 7 des 29 ministres sont des femmes.

Le Montréalais Peter Bethlenfalvy conserve son poste de ministre des Finances, un poste névralgique dans la réponse du gouvernement à la hausse du coût de la vie dans la province. « De grands défis sont à l’horizon : l’inflation fait augmenter le coût de la vie », a déclaré Doug Ford lors d’un discours, après que ses ministres eurent prêté serment. À l’Éducation, le premier ministre fait de nouveau confiance à Stephen Lecce, qui est en poste depuis juin 2019.

Pas de changement aux Transports non plus, un ministère qui continuera d’être géré par Caroline Mulroney. La ministre jonglera avec deux ministères, elle qui demeure aux Affaires francophones. Ces portefeuilles la garderont occupée : la construction de nouvelles autoroutes était l’une des promesses phares du gouvernement lors de la dernière élection. La députée de York–Simcoe a été la seule ministre à prioriser le français lors de son assermentation vendredi.

Doug Ford a choisi un membre de sa famille — son neveu de 28 ans Michael — pour piloter le ministère des Affaires civiques et du Multiculturalisme. Interrogé sur sa décision par une journaliste du réseau CBC, Doug Ford a répondu que son neveu avait 10 ans d’expérience en politique. Avant d’être élu député de York-Sud–Weston au début du mois, Michael Ford représentait le quartier au conseil municipal de Toronto. « Il sera suivi de plus près par les journalistes en raison de sa relation avec le premier ministre », indique Kyle Jacobs, un ancien conseiller politique de Doug Ford qui travaille maintenant pour la firme Navigator.

Une continuité bien accueillie

 

Les investissements du gouvernement ontarien dans l’industrie automobile furent l’une des premières choses mentionnées par le premier ministre lors de son allocution vendredi après-midi. « Le secteur de l’automobile dans la province a obtenu un financement de 14 milliards de dollars [durant notre mandat] », a souligné Doug Ford, sous un soleil tapant, devant le parlement ontarien, à Toronto.

Deux des ministres ayant porté le plus d’attention au dossier depuis 2019 — Victor Fedeli au Développement économique et Monte McNaughton au Travail — conservent leur portefeuille. Rencontré à la cérémonie, Flavio Volpe, le président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada, a salué cette continuité. « Maintenant que nous avons obtenu des investissements pour les cinq constructeurs qui sont ici, nous devons en attirer un nouveau », a-t-il affirmé.

Les propos de Doug Ford au sujet de cette industrie dès le début de son discours représentaient de la « musique aux oreilles » de Drew Dilkens, le maire de Windsor, la capitale canadienne de l’automobile. Ce dernier s’était lui aussi déplacé à Toronto pour l’assermentation du cabinet. « Les commentaires du premier ministre démontrent l’importance du secteur de l’automobile dans la croissance de la province », soutient Drew Dilkens.

Des députés et des ministres récompensés

 

En mai, le maire de Windsor a donné sa bénédiction aux conservateurs, recommandant à ses concitoyens habituellement fidèles au NPD ou au Parti libéral d’appuyer Doug Ford. Sa demande, combinée aux efforts du ministre Monte McNaughton pour séduire le mouvement travailliste, a fait en sorte que le parti de Doug Ford a remporté des circonscriptions de Windsor et de Hamilton pour la première fois en plusieurs décennies. Neil Lumsden, le nouveau député de Hamilton-Est–Stoney Creek, qui n’avait pas été bleue depuis 1955, est récompensé en obtenant le poste de ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport.

Bien qu’il n’ait pas été promu à un plus grand ministère, le grand manitou de la stratégie protravailleur, le ministre McNaughton, obtient pour sa part de nouvelles responsabilités en matière d’immigration. « Ça représente un vote de confiance », ajoute Kyle Jacobs. «Le parti a gagné l’appui de syndicats qu’il n’aurait jamais rêvé décrocher. »

Fort de ses responsabilités accrues et à quelques mois de l’expiration de l’Accord Canada-Ontario sur l’immigration, Monte McNaughton affirme vouloir un système de sélection des immigrants semblable à celui du Québec. « Le Québec sélectionne environ 90 % des immigrants, alors que l’Ontario choisit seulement 9000 des quelques centaines de milliers de nouveaux arrivants qui viennent dans la province », a expliqué le ministre. Une rencontre avec son homologue québécois, Jean Boulet, est planifiée.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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