141 millions en aide à la culture autochtone

Le plan d’action social «est le résultat d’une tournée des 55 communautés que j’ai fait récemment», a expliqué le ministre Ian Lafrenière vendredi.
Jacques Nadeau Le Devoir Le plan d’action social «est le résultat d’une tournée des 55 communautés que j’ai fait récemment», a expliqué le ministre Ian Lafrenière vendredi.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a dévoilé vendredi un investissement de 141,1 millions de dollars sur cinq ans, destiné notamment à préserver et à promouvoir les cultures et les langues autochtones.

Le plan d’action social et culturel « est le résultat d’une tournée des 55 communautés que j’ai faite récemment », a expliqué M. Lafrenière, en point de presse à Montréal. En tout, le plan comprend 52 mesures et se divise en six chantiers.

En plus des « besoins de logement criants » observés sur le terrain lors de sa tournée, le ministre Lafrenière a relevé l’importance des enjeux concernant la langue et la culture. « Je voyais qu’il y avait un besoin d’agir de façon plus costaude un peu dans ce dossier-là », a-t-il expliqué. Dans cette optique, le plan prévoit une bonification de l’aide accordée aux médias autochtones. Des formations pour la transmission des langues autochtones seront aussi mises en place.

En plus de la langue et de la culture, des mesures du plan concernent les enjeux et défis des femmes autochtones. Une aide financière d’urgence sera fournie aux victimes de violence. Une ligne d’écoute, de clavardage et de référencement propre aux Premières Nations et aux communautés inuites sera aussi mise sur pied.

Parmi les autres volets du plan, on retrouve des mesures touchant le développement global de l’enfant et des familles, les conditions socio-économiques et l’inclusion sociale, la santé et le mieux-être, ainsi que la justice et la sécurité publique.

Un politique de « main tendue »

En ce qui concerne la « loi 96 », qualifiée de « grand pas en arrière » par l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), M. Lafrenière a affirmé travailler avec les communautés autochtones afin de « trouver des solutions ». L’élu dit préconiser une politique « de main tendue » en qui concerne les inquiétudes soulevées par rapport à la réforme caquiste de la Charte de la langue française.

La semaine dernière, Ghislain Picard, chef de l’APNQL, a affirmé que le bilan des quatre années caquistes était « historiquement décevant ». Il reproche notamment au gouvernement le refus de reconnaître le racisme systémique et l’abandon de l’inclusion de la notion de sécurisation culturelle dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux. 

À propos de la notion de sécurisation culturelle, le ministre Lafrenière a affirmé que « des travaux sont déjà lancés pour cet été ». Des groupes autochtones seront consultés pour élaborer un projet de loi « en bonne et due forme », a-t-il dit.

Questionné au sujet de l’absence de Ghislain Picard lors de l’annonce de vendredi, Ian Lafrenière a rétorqué qu’il se trouvait au lancement du festival Kwe ! À la rencontre des peuples autochtones, à Québec. Des consultations ont eu lieu avec l’APNQL lors de l’élaboration du plan d’action social et culturel, a assuré l’élu.

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