Un pépin technique perturbe les partis lors de l’élection ontarienne

Au nord de la ville, dans la circonscription Don Valley-Ouest, où la lutte est féroce entre les libéraux et les conservateurs, les électeurs entraient à un rythme constant dans l’église Saint-Léonard vers 13 h.
Photo: Étienne Lajoie Le Devoir Au nord de la ville, dans la circonscription Don Valley-Ouest, où la lutte est féroce entre les libéraux et les conservateurs, les électeurs entraient à un rythme constant dans l’église Saint-Léonard vers 13 h.

Un problème technique du côté d’Élections Ontario a perturbé les opérations des différents partis politiques de la province, jeudi, jour de scrutin.

Le portail informatique permettant aux partis ontariens de savoir quels électeurs ont exercé leur droit de vote a cessé de fonctionner en début de journée et n’a été rétabli qu’en après-midi, à 14 h 15. Les partis l’utilisent afin de moduler leurs efforts visant à stimuler la participation de leurs partisans.

Depuis 2018, Élections Ontario envoie l’information aux partis toutes les 15 minutes grâce à cet outil. Auparavant, pour ce faire, des bénévoles devaient être postés aux différents bureaux de scrutin de la province.

Conformément à l’article 47.8 de la Loi électorale de l’Ontario, le secrétaire du bureau de vote doit préparer, à des intervalles minimaux de 30 minutes, un document permettant aux partis de connaître les électeurs qui ont voté et le remettre aux candidats ou à leurs représentants. Si le problème n’avait pas été réglé plus tôt, les partis auraient eu à revenir à l’ancienne méthode.

Les bureaux de vote sont ouverts de 9 h à 21 h. Au total, 10 752 406 Ontariens ont le droit de déposer leur bulletin dans l’urne.

Les progressistes-conservateurs de Doug Ford étaient en avance dans les sondages ; ils se dirigeaient vers un autre gouvernement majoritaire, d’après les derniers coups de sonde. Le Nouveau Parti démocratique d’Andrea Horwath, l’opposition officielle des quatre dernières années, et le Parti libéral du chef Steven Del Duca étaient pour leur part presque à égalité dans les intentions de vote.

Dernier sprint

 

Jeudi matin, les candidats libéraux et néodémocrates de la circonscription de Toronto-Centre et leurs bénévoles parcouraient les rues du centre-ville pour rencontrer les électeurs et les inciter à aller voter. « Les bénévoles ne veulent pas me voir au bureau », a mentionné à la blague la candidate néodémocrate Kristyn Wong-Tam au téléphone. Au passage du Devoir dans son bureau de la rue Carlton, quelques bénévoles y étaient à l’œuvre.

La candidate du NPD a quitté son poste de conseillère municipale pour briguer le siège occupé auparavant par sa consœur Suze Morrison, qui n’a pas sollicité de deuxième mandat. D’après le site d’analyse de sondages Canada338, le NPD et les libéraux ont des chances égales de l’emporter jeudi soir dans Toronto-Centre. « Je suis prudemment optimiste », a toutefois laissé savoir Mme Wong-Tam.

Une dizaine de bénévoles travaillaient au bureau du candidat libéral David Morris lors de la visite du Devoir. Il se présente pour une deuxième fois dans la circonscription, lui qui avait terminé deuxième en 2018 avec 27 % des voix. David Morris affirme se sentir beaucoup mieux que le jour des élections il y a quatre ans : « C’est le jour et la nuit. Les libéraux sont de retour dans Toronto-Centre », soutient-il.

« Essentiel de voter »

Certains bureaux de vote de la circonscription étaient peu achalandés au passage du Devoir jeudi matin. Seulement 57 % des Ontariens ont voté lors des élections de 2018, et le taux de participation pourrait être encore plus faible cette année.

À la sortie d’un bureau de scrutin de la rue Church, ceux qui avaient exercé leur droit de vote étaient toutefois enthousiastes d’avoir fait leur devoir de citoyen. « C’est essentiel de voter puisque plusieurs personnes à travers le monde ne peuvent le faire », a expliqué Jayne Schneider, masque sur le nez. L’électrice torontoise a avoué ne pas avoir beaucoup suivi la campagne, mais s’est tout de même assurée de recommander à ses collègues d’aller voter.

Anton Mostovoy et Georgy Tupchiev ont déménagé au Canada il y a quatre ans et votaient pour la première fois dans une élection provinciale, après avoir obtenu leur citoyenneté canadienne en avril. « Nous venons de Russie, nous pensons qu’il est important d’exercer son droit de vote », a fait valoir Anton Mostovoy. « Personne dans le quartier ne vote, [les habitants] ne se soucient pas des élections », se désole quant à lui Georgy Tupchiev.

Dans le nord de la ville, dans la circonscription Don Valley-Ouest, où la lutte est féroce entre les libéraux et les conservateurs, les électeurs entraient à un rythme constant dans l’église St. Leonard’s vers 13 h. « J’ai voté stratégiquement », admet Mehran à l’extérieur. « Je n’ai pas regardé le débat, mais j’ai fait quelques recherches sur deux des candidats », a expliqué l’électeur.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

À voir en vidéo