Les chefs ontariens lancent leur dernier plaidoyer de la campagne électorale

Le chef libéral, Steven Del Duca, a parlé brièvement devant la presse mercredi à dans la circonscription de Humber River — Black Creek.
Aaron Vincent Elkaim La Presse canadienne Le chef libéral, Steven Del Duca, a parlé brièvement devant la presse mercredi à dans la circonscription de Humber River — Black Creek.

Les chefs de partis en Ontario ont présenté leurs derniers arguments mercredi, lors de la dernière journée complète de campagne électorale. Andrea Horwath, du Nouveau Parti démocratique (NPD), et Steven Del Duca, du Parti libéral, en ont tous deux profité pour marteler que seul leur parti pouvait prévenir l’élection d’un autre gouvernement conservateur.

L’un ou l’autre des partis progressistes ontariens a l’habitude de se démarquer d’une campagne électorale à l’autre. En 2018, le moment charnière était survenu à cinq jours du scrutin, quand la première ministre Kathleen Wynne avait admis publiquement que son équipe ne serait pas réélue. Plusieurs électeurs progressistes indécis s’étaient alors rangés derrière les néodémocrates, qui ont formé l’opposition officielle, ne laissant que sept députés aux libéraux. Ce scénario ne s’est pas reproduit cette année : à l’aube du scrutin, le NPD et le Parti libéral étaient pratiquement à égalité dans les intentions de vote.

D’après des sondages Ipsos et Nanos publiés mercredi, les conservateurs se dirigent vers une autre majorité, et la division du vote progressiste pourrait être en cause.

Mercredi matin, dans un local de la rue principale de Brampton, en périphérie de Toronto, Andrea Horwath a demandé aux 60 % des électeurs qui ne veulent pas revoir Doug Ford au pouvoir d’appuyer le camp néodémocrate. « Nous sommes arrivés premiers ou deuxièmes dans 100 circonscriptions en 2018. Je demande aux électeurs dans les 60 circonscriptions où nous avons terminé en deuxième place de s’assurer que nous sommes premiers », a-t-elle lancé.

La circonscription dans laquelle la cheffe du NPD se trouvait mercredi, Brampton-Sud, était d’ailleurs l’un de ces soixante endroits où son parti a terminé deuxième en 2018. Les conservateurs avaient alors remporté la course ; le député du coin, Prabmeet Sarkaria, est devenu ministre en 2019. Il s’agissait du premier de sept arrêts pour la cheffe du NPD lors de la dernière journée de campagne ; elle est revenue à Brampton en après-midi.

Del Duca et Ford plus discrets

 

Le chef libéral Steven Del Duca s’est fait plus discret mercredi. En matinée, de passage dans Humber River-Black Creek, une circonscription au nord de Toronto, il a parlé pendant six minutes et n’a pas répondu aux journalistes comme il avait l’habitude de le faire. « Il est clair que la seule façon d’arrêter les conservateurs est de voter libéral dans cette élection », a-t-il déclaré devant une dizaine de partisans.

Le leader libéral n’a participé qu’à deux rassemblements alors qu’il faisait souvent quatre ou cinq arrêts par jour durant la campagne. Le chef a visité deux circonscriptions détenues par le NPD au cours de la journée et a passé la matinée dans la circonscription de Vaughan-Woodbridge, où il espère se faire élire. « J’encourage les électeurs qui pensent voter pour le NPD ou le Parti vert à regarder notre plateforme et notre incroyable équipe de candidats », a-t-il dit en matinée à Toronto.

Le premier ministre et chef du Parti progressiste-conservateur, Doug Ford, s’est tenu loin des médias mercredi, comme il l’a fait pour une bonne partie de la campagne. Il a fait du porte-à-porte dans deux circonscriptions de la région torontoise — à Brampton et à Mississauga — et a terminé sa journée avec un rassemblement dans son quartier d’Etobicoke.

Près de 10 % des électeurs ont déjà voté par anticipation ; ils avaient 10 jours pour le faire. Près de 7 % des Ontariens s’étaient prononcés de la même manière sur une période de cinq jours en 2018, ce qui semble indiquer que le taux de participation — déjà habituellement faible dans la province — sera plus bas cette année.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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