Doug Ford aura droit à des notes durant le débat des chefs

Lundi prochain, Doug Ford participera à son premier débat provincial en tant que premier ministre.
Aaron Vincent Elkaim La Presse canadienne Lundi prochain, Doug Ford participera à son premier débat provincial en tant que premier ministre.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, pourra apporter un cartable de notes au seul débat des chefs provincial de la campagne électorale, lundi, contrairement au souhait des partis d’opposition. La décision du chef conservateur, bien qu’inhabituelle, ne devrait toutefois pas changer grand-chose, disent des experts.

Le consortium médiatique responsable du débat de lundi a indiqué aux différentes campagnes qu’il espérait que les chefs débattent sans notes. C’était aussi le souhait des trois partis d’opposition. Mais Doug Ford apportera tout de même son cartable, rapportait le Toronto Star jeudi matin.

Joint par Le Devoir, l’un des représentants du consortium — Mackay Taggart, le directeur des nouvelles du réseau Global en Ontario — n’a pas confirmé que Doug Ford comptait apporter un cahier de notes. Mais selon Erin Morrison, une porte-parole du NPD, les conservateurs auraient fait du lobbyisme en privé auprès du consortium pour que les notes soient permises. Le Parti progressiste-conservateur n’a pas répondu à une demande de commentaires à ce sujet.

Lundi prochain, Doug Ford participera à son premier débat provincial en tant que premier ministre. Un débat concernant les dossiers nord-ontariens a eu lieu plus tôt cette semaine. Lors de ce dernier, le premier ministre s’est souvent fié à ses notes, et ce, même durant son discours d’ouverture. Le chef progressiste-conservateur, qui utilise souvent un téléprompteur durant ses annonces, n’a pas répondu aux questions des médias après le débat.

Premier débat sur la défensive

Doug Ford sera sur la défensive lundi, alors qu’au débat des chefs provincial de 2018, il était plutôt à l’attaque contre la première ministre Kathleen Wynne. « Doug Ford n’est pas à l’aise lorsqu’il est sur la défensive », explique David McLaughlin, qui a été le rédacteur de discours du premier ministre Dalton McGuinty, le prédécesseur de Kathleen Wynne. Le cartable de notes représente peut-être une « bouée de sauvetage », dit-il.

Les chefs Steven Del Duca (Parti libéral), Andrea Horwath (NPD) et Mike Schreiner (Parti vert) s’en prendront au bilan du gouvernement Ford durant le débat de lundi soir. « Les conseillers politiques de Doug Ford le savent et ils vont s’assurer que le premier ministre est complètement préparé pour répondre aux différentes questions et aux attaques », indique Michael Taube, un ancien rédacteur de discours de Stephen Harper.

Les deux anciens rédacteurs de discours estiment toutefois que l’usage d’un cahier de notes ne désavantagera pas nécessairement le premier ministre. Certains électeurs, affirme David McLaughlin, pourraient même avoir de l’empathie pour Doug Ford. « Un chef qui fait un commentaire sur le sujet pourrait être critiqué pour son manque de préparation par la suite s’il fait une erreur », relève Michael Taube.

Des attentes différentes ?

Les attentes en matière de diction ne sont pas les mêmes à l’égard de Ford qu’à l’égard des autres chefs, laisse entendre David McLaughlin. « Doug Ford ne cherche pas à impressionner les électeurs avec la façon dont il s’exprime. Il est vu comme quelqu’un qui résume les choses simplement. » Doug Ford serait un « homme d’action ».

Selon l’ancien rédacteur de discours, le Parti progressiste-conservateur veut simplement passer à travers le débat pour revenir à l’image du premier ministre qui agit directement auprès des gens, comme il l’a fait cet hiver pour assister les gens pris dans la neige. En janvier, lorsque 60 centimètres de neige sont tombés sur Toronto, le premier ministre est parti en voiture dans son quartier d’Etobicoke pour venir en aide aux automobilistes.

« Le fait qu’un leader ait plus de notes qu’un autre n’importera pas beaucoup au bout du compte. C’est ce que les chefs vont dire qui sera important pour les électeurs », dit pour sa part Michael Taube. Les électeurs qui regarderont le débat « voudront entendre les propositions et les solutions politiques des chefs ».

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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