L’usine de Moderna à Montréal pourrait produire 100 millions de doses de vaccins par an

Justin Trudeau et François Legault lors de l'annonce vendredi
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau et François Legault lors de l'annonce vendredi

La pharmaceutique Moderna a confirmé vendredi qu’elle bâtira à Montréal une usine de fabrication de vaccins qui, à terme, produirait jusqu’à 100 millions de doses de vaccin par année. L’annonce survient le jour même où la multinationale a déposé au Canada une demande d’approbation de son vaccin contre la COVID-19 pour les très jeunes enfants.

« Le Québec a gagné la bataille pour l’usine de Moderna », a lancé le premier ministre du Québec, François Legault, lors de l’annonce. Sourire aux lèvres, il prenait la parole après son homologue canadien, Justin Trudeau, qui, après avoir souligné l’importance de l’entreprise pour freiner la propagation de la COVID-19, a soutenu que son arrivée « va créer des centaines de bons emplois ».

L’annonce, qui se déroulait au Complexe des sciences de la vie de l’Université McGill, était attendue depuis le mois d’août. Le gouvernement fédéral et Moderna avaient alors signé une entente dans laquelle l’entreprise s’engageait à installer une usine au Canada.

L’usine montréalaise de la pharmaceutique pourrait, à terme, produire annuellement 100 millions de doses de vaccin, aussi bien destinés à la COVID-19 qu’à d’autres virus comme l’influenza.

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La conférence de presse de l'annonce


Aussi bien le provincial que le fédéral participeront au financement des installations, dont le coût est estimé à 180 millions de dollars. La construction de l’usine devrait débuter dès cette année.

Entreprise de biotechnologie créée en 2010 à Cambridge, dans l’État du Massachusetts, Moderna est spécialisé dans la recherche et le développement de thérapies s’articulant autour de l’ARN messager. Outre le vaccin contre la COVID-19, l’entreprise mène de front une quarantaine de programmes et une vingtaine d’études cliniques.

S’implanter dans la communauté scientifique

« Le gouvernement du Canada a été un de nos premiers partenaires d’importance dès le tout début de la pandémie », a tenu à rappeler Stéphane Bancel, p.-d.g. de Moderna.

Les sommes avancées par le gouvernement ont alors permis d’accélérer les recherches par l’achat de matériel qui lui était alors nécessaire, a-t-il précisé. L’usine montréalaise produira des vaccins non seulement contre la COVID, mais également contre d’autres maladies respiratoires et infectieuses.

« [Elle] nous permettra d’être prêts pour d’éventuelles épidémies ou pandémies. » L’entreprise de Cambridge dit espérer créer des ponts avec les chercheurs universitaires canadiens : « Au Canada, il y a des scientifiques qui ont travaillé toute leur vie sur un virus et [ils] connaissent ce virus par cœur. » Pour ce faire, Moderna mettrait à leur disposition ses technologies, résultats d’importants investissements, a noté M. Bancel. En début de pandémie, environ trois milliards de dollars américains ont été injectés pour les peaufiner.

En contrepartie, les scientifiques « apportent leurs savoirs et leurs connaissances sur leur virus que nous n’avons pas. […] Il y a des compétences scientifiques dans les universités qui, je pense, ne sont pas assez utilisées dans le monde traditionnel de la pharma », a-t-il dit.

L’annonce officielle de l’arrivée de Moderna à Montréal a été faite le jour même où la pharmaceutique a déposé une demande d’approbation d’un vaccin contre la COVID-19 pour les très jeunes enfants auprès de Santé Canada. 

La pharmaceutique avait fait une demande similaire jeudi à l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA).

Le candidat vaccin de Moderna est destiné aux enfants âgés de 6 mois à 5 ans. La société affirme qu’un essai clinique sur 6700 enfants a conclu que le vaccin était sécuritaire et déterminé qu’il a produit une réponse d’anticorps similaire à celle observée chez les adultes.

À noter : l’essai clinique chez les jeunes enfants a eu lieu surtout pendant la vague du variant Omicron, et le vaccin était moins efficace pour prévenir l’infection chez les enfants que lors des essais cliniques précédents chez les adultes.

Une dose unique pour les enfants de moins de 6 ans est de 25 microgrammes, le quart de la dose administrée aux adultes et aux adolescents, et la moitié de la dose utilisée pour les enfants de 6 à 11 ans.

Avec La Presse canadienne

 



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