De l’Institut du Nouveau Monde à la Ville de Longueuil

La directrice générale de l’INM a accepté de quitter son poste pour devenir présidente du futur Office de participation publique de Longueuil, un projet cher à Catherine Fournier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La directrice générale de l’INM a accepté de quitter son poste pour devenir présidente du futur Office de participation publique de Longueuil, un projet cher à Catherine Fournier.

Figure incontournable de l’Institut du Nouveau Monde (INM), à Montréal, sa directrice générale, Julie Caron-Malenfant, a accepté de quitter son poste pour devenir présidente du futur Office de participation publique de Longueuil, une promesse électorale phare de la mairesse Catherine Fournier.

L’annonce sera effectuée lundi au terme d’un vote que tiendront les élus du conseil municipal de Longueuil dans le cadre d’une séance extraordinaire, a appris Le Devoir.

Mme Caron-Malenfant, qui œuvre depuis 13 ans au sein de l’INM, dont elle est directrice générale depuis 5 ans, sera d’abord nommée à la tête de la Direction de la participation publique de la Ville. Une fonction transitoire qu’elle occupera à partir du 9 mai en attendant la création officielle de l’Office de participation publique de Longueuil (OPPL). Celle-ci est prévue à la mi-juin, si l’administration de la mairesse Catherine Fournier réussit à faire adopter son projet de loi privé pour modifier la Charte de la Ville de Longueuil par l’Assemblée nationale avant la fin de la session parlementaire.

« Ce serait présomptueux de dire que c’est coulé dans le béton, mais on a eu des discussions avec tous les partis à l’Assemblée nationale », affirme au Devoir la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, qui assure avoir eu « la garantie » de la part de Québec que le vote sur ce projet de loi aura lieu « d’ici la fin de la session parlementaire ». « Ça répond à toutes mes espérances. »

Mme Caron-Malenfant deviendra ensuite officiellement présidente de cet office, qui sera le deuxième du genre à voir le jour au Québec, après l’Office de consultation publique de Montréal. « Je fais de la consultation publique depuis tout le début de ma carrière. C’est mon expertise. J’ai beaucoup d’intérêt pour la participation publique, notamment dans le milieu municipal », explique la gestionnaire de 46 ans, qui confirme que c’est bien cette offre d’emploi qui l’a incitée à annoncer son départ de l’INM, un organisme indépendant qui pilote des consultations citoyennes sur divers dossiers, allant de l’aménagement du territoire à la gestion des matières résiduelles. « Le défi m’apparaissait vraiment intéressant. »

« On n’aurait pas pu espérer mieux à la tête de notre office de participation publique », estime Catherine Fournier, visiblement ravie d’avoir convaincu Mme Caron-Malenfant de saisir cette offre d’emploi.

Un office à bâtir

Cet office, un organisme indépendant, aura comme objectif de mener des consultations « sur divers sujets sensibles ou litigieux », afin d’émettre ensuite des recommandations « pour guider la Ville dans sa prise de décision », indique un communiqué obtenu sous embargo. Les deux premiers dossiers que traitera l’OPPL dans les prochains mois sont le développement de l’aéroport de Saint-Hubert et l’épineux dossier de l’encadrement des feux extérieurs au bois sur le territoire de Longueuil.

Mme Caron-Malenfant devra toutefois d’abord établir un plan stratégique pour définir plus clairement la structure de ce futur office. Elle devra aussi procéder à des embauches pour former son équipe. L’OPPL disposera d’ailleurs cette année d’un budget de 750 000 dollars, a indiqué la mairesse Catherine Fournier, qui avait fait de la création de cet organisme son premier engagement dans la campagne municipale qui l’a menée à la tête de Longueuil le 7 novembre dernier.

« Se doter en tant que ville d’un modèle de participation publique, selon moi, c’est essentiel pour rebâtir la confiance des citoyens envers nos institutions municipales », relève-t-elle en entrevue.

Julie Caron-Malenfant ne croit pas que le fait qu’elle demeure à Montréal nuira à sa capacité de desservir la population de Longueuil, où elle compte se rendre à plusieurs reprises pour rencontrer les citoyens et divers organismes dans les prochaines semaines. « Je n’habite pas à Longueuil, mais cela dit, ça me donne peut-être une distance émotive par rapport à ses enjeux », commente-t-elle en entrevue. « Ce sera peut-être un atout plutôt qu’un handicap. »

À voir en vidéo