La COVID-19 encore au Canada pour tout avenir prévisible

Le Dr Howard Njoo est le sous-administrateur en chef de la santé publique fédérale.
Adrian Wyld La Presse canadienne Le Dr Howard Njoo est le sous-administrateur en chef de la santé publique fédérale.

À l’aube de la sixième vague de COVID-19 au Québec, Ottawa se prépare à deux avenues possibles quant à l’évolution de la pandémie au pays. Mais aucun scénario n’anticipe la fin de la propagation du virus « dans un avenir prévisible ».

« Oui, on sait que le virus et la pandémie — au moins la circulation du virus ici, au Canada, et à travers le monde — vont continuer pour un bon bout de temps. [Ces] deux scénarios sont toujours [conformes] avec l’idée que le virus reste avec nous », indique le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique fédérale.

À l’issue d’une semaine où le Québec a connu une hausse de près de 35 % du nombre de cas de COVID-19, la santé publique fédérale n’a pas livré de prédictions précises quant à l’évolution attendue de la pandémie ; certaines de ses estimations précédentes s’étaient d’ailleurs montrées erronées. Les responsables de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) ont plutôt présenté deux formes que pourrait prendre la pandémie au pays, selon eux.

Selon un premier scénario, qualifié de « réaliste », la santé publique fédérale s’attend à ce que des vagues d’infections continuent de déferler sur le pays, à mesure que de nouveaux variants apparaissent et que l’immunité diminue au fil du temps. Il serait possible de s’attendre à de telles vagues dès ce printemps, puis à l’automne et à l’hiver prochain. Selon cette prédiction, la transmission du virus continuerait à un rythme « faible à modéré » pour les mois et années à venir, et ses répercussions seraient « gérables » par notre système de santé.

Un scénario du pire — « moins probable, mais toujours possible » — est aussi étudié par l’ASPC : l’émergence d’un nouveau variant préoccupant qui échappe à l’immunité antérieure et qui provoque une maladie plus grave.

Selon le Dr Njoo, seul un tel scénario justifierait un retour à des mesures de santé publique plus draconiennes. « Je pense qu’avec le scénario plus optimiste, c’est possible de gérer la situation, de peut-être de ne pas avoir de restrictions, comme avant. Mais, comme le disait le Dr Boileau au Québec, toutes les options sont sur la table si on [se retrouve avec] le pire », prévient-il.

Le gouvernement fédéral indique ainsi se préparer à l’éventualité de la découverte d’un variant qui échapperait complètement à l’immunité conférée par les vaccins, par exemple, et qui provoquerait des conséquences plus graves sur la santé.

Le variant BA.2 en recrudescence

Les autorités constatent une hausse constante du sous-variant d’Omicron, appelé BA.2, et ce, depuis le mois de janvier au pays. Ce variant serait plus contagieux qu’Omicron (appelé BA.1), sans toutefois être plus grave ou contourner davantage la protection conférée par les vaccins.

« Au Québec, ce que je vois, c’est que la recrudescence de BA.2 est plus importante dans les régions les moins touchées par la vague d’avant, de BA.1 [Omicron]. C’est peut-être possible qu’une infection de BA.1 donne une certaine protection, une certaine immunité, contre le variant BA.2 pour un certain bout de temps », précise le Dr Njoo. Il indique que cette immunité « ne dure pas toute la vie », mais l’estime plutôt à « quelques mois ».

Selon des experts consultés par Le Devoir, une réinfection au BA.2 est bel et bien possible.

La sixième vague, officialisée au Québec, ne serait pas encore arrivée partout au Canada, puisque la pandémie prend des formes différentes d’une région à l’autre du pays, indique-t-on. La surveillance des traces du virus dans les égouts d’Ottawa, par exemple, semble démontrer une hausse importante du nombre de cas dans la capitale fédérale, alors qu’elle indique une baisse en Saskatchewan.

« Nous pouvons nous attendre à d’autres hauts et bas dans les mois à venir », a prévenu l’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam. Elle demande à la population de faire preuve de prudence lors des fêtes religieuses des prochains jours, dont Pâques et le ramadan.

Les données dont dispose la santé publique fédérale indiquent qu’encore aujourd’hui, les personnes entièrement vaccinées présentent un risque d’hospitalisation quatre fois plus faible que les personnes non vaccinées. Le risque est encore plus faible parmi ceux qui ont reçu une dose de rappel, soit 10 fois moindre que les non-vaccinés, démontrent ces chiffres.



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