Guerre en Ukraine: le Québec doit faire pression sur la Francophonie, dit le PLQ

Dominique Anglade a souligné que l’Ukraine est d’ailleurs un membre observateur de l’OIF, qui compte également le Canada et le gouvernement du Nouveau-Brunswick parmi ses membres à part entière.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dominique Anglade a souligné que l’Ukraine est d’ailleurs un membre observateur de l’OIF, qui compte également le Canada et le gouvernement du Nouveau-Brunswick parmi ses membres à part entière.

Le gouvernement de François Legault doit faire pression sur l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) afin qu’elle dénonce officiellement l’invasion russe en Ukraine, soutient la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Mme Anglade estime qu’il est anormal que l’OIF n’ait pas encore pris position, contrairement à la plupart des organisations, dont le Commonwealth, qui se sont opposées à l’opération militaire dirigée par le président russe, Vladimir Poutine.

Au-delà de la promotion des intérêts francophones, l’OIF a pour mission de défendre la démocratie et les droits de la personne, souligne la cheffe libérale. « Je ne sais pas ce que le gouvernement Legault attend pour mettre une véritable pression sur l’OIF, dit-elle en entrevue au Devoir. On est membre à part entière de cette organisation internationale. »

Mme Anglade souligne d’ailleurs que l’Ukraine est un membre observateur de l’OIF, qui compte également les gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick parmi ses membres à part entière.

« La responsabilité du Québec dans une situation comme celle-là, c’est d’exercer la pression, dit-elle en lançant le même appel au gouvernement de Justin Trudeau. On n’est pas membre de plein droit dans des organismes internationaux pour ne pas agir. Notre responsabilité, c’est de faire passer des résolutions pour que les organisations internationales dénoncent. »

Pressions possibles

 

Selon le cabinet de la ministre québécoise des Relations internationales, Nadine Girault, le gouvernement québécois n’exclut pas la possibilité de faire pression sur l’OIF.

« On a des rencontres avec la Francophonie dans les prochaines semaines et les prochains jours, et c’est là qu’on pourra voir si on est mesure de faire pression », a déclaré l’attachée de presse Léonie Bernard-Abel.

La ministre pourrait aborder la question ukrainienne lors d’une rencontre prévue au cours des prochains jours par les instances de l’organisation. « Si Mme Girault a à intervenir sur le sujet, c’est clair qu’elle ne restera pas muette. Elle va le dire que ça n’a pas de bon sens ce qui se passe en Ukraine, parce que c’est ce qu’elle pense fondamentalement », affirme Mme Bernard-Abel.

Celle-ci poursuit en disant que le Québec n’est pas seul à vouloir dénoncer l’invasion de l’Ukraine. « On est pas mal tous d’accord sur le fait que c’est inacceptable. »

Selon l’attachée de presse, l’influence de la Russie pourrait toutefois refroidir certains pays d’Afrique membres de l’OIF. Mme Bernard-Abel a d’ailleurs souligné que lors d’un récent vote aux Nations unies sur une résolution dénonçant l’intervention russe, la moitié des pays qui se sont abstenus étaient africains.

« Il y a peut-être au sein de la Francophonie des pays qui ne partagent pas toujours les mêmes valeurs que nous, a-t-elle dit. Le Québec est un contributeur super important au sein de l’OIF, et c’est certain qu’on va défendre les intérêts de l’Ukraine, un état qui avait une démocratie. »

Silence gênant

 

L’ancien secrétaire général de l’Agence de la Francophonie Jean-Louis Roy déplore que l’OIF n’ait toujours pas dénoncé l’invasion russe de l’Ukraine.

« Le reste des organisations internationales se sont prononcées dans le même sens, y compris le Commonwealth, sauf la Francophonie, a-t-il dit. Il y a quand même quelque chose d’un peu gênant. »

Selon M. Roy, en l’absence de consensus, l’OIF a la capacité de se prononcer contre l’invasion russe si une majorité de ses membres sont d’accord, quitte à préciser quels pays ne partagent pas cet avis. « Les consensus en matière de politique internationale, c’est très rare », dit-il.

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