Non, il n’existe aucun registre de vote de non-confiance pour évincer Trudeau

Cette précision du BSGG survient après plusieurs semaines de manifestation contre les mesures sanitaires où les participants sont invités à contacter la gouverneure générale afin de demander la destitution de Justin Trudeau.
Justin Tang La Presse canadienne Cette précision du BSGG survient après plusieurs semaines de manifestation contre les mesures sanitaires où les participants sont invités à contacter la gouverneure générale afin de demander la destitution de Justin Trudeau.

Le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) a démenti mardi la rumeur qui court à propos d’un processus qui enregistrerait des votes de non-confiance de la part des citoyens dans le but d’évincer Justin Trudeau et son gouvernement.

« Le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) est conscient que de l’information incorrecte encourageant les citoyens à communiquer avec la gouverneure générale ou avec notre bureau afin de soumettre des votes de “non-confiance” circule sur les médias sociaux. Cette information est erronée. Un tel registre ou processus n’existe pas. », peut-on lire dans la publication qui a été partagée sur Twitter, Facebook et Instagram par Rideau Hall.


Cette précision du BSGG survient après plusieurs semaines de manifestation contre les mesures sanitaires où les participants sont invités à contacter la gouverneure générale afin de demander la destitution de Justin Trudeau.

Vendredi, au plus fort de l’opération policière visant à déloger les occupants du centre-ville d’Ottawa, des orateurs continuaient de prendre la parole sur une scène de fortune installée devant le Parlement. L’un d’eux a pris le microphone pour lire le numéro de téléphone du service à la clientèle du bureau de la gouverneure générale, et demandait aux manifestants de se plaindre des actions du gouvernement Trudeau.


Or, depuis quelques jours, l’information qui circule ne demande plus seulement d’écrire massivement à Mary Simon, gouverneure générale actuelle, mais bien de lui soumettre un vote de non-confiance.

Cette rumeur proviendrait du leader québécois du mouvement des camionneurs, Georges Samman, aussi connu sous le pseudonyme Georges Tiger, qui a partagé lundi soir une vidéo à propos des votes de non-confiance. Visionnée plus de 48 000 fois, la vidéo en direct est un monologue de l’opposant aux mesures sanitaires qui explique comment s’y prendre pour destituer Justin Trudeau. L’homme ayant des antécédents judiciaires de fraude indique aussi que le gouvernement de François Legault sera le prochain ciblé par un vote de non-confiance.

Il profite aussi de sa tribune pour indiquer que des millions de manifestants étaient à Ottawa dans les dernières semaines. La police d’Ottawa affirme pour sa part qu’il y avait 15 000 personnes sur place, tout au plus.

Une idée virale

 

L’idée du vote de non-confiance s’est ainsi répandue comme une traînée de poudre depuis lundi soir. Selon les informations partagées sur les réseaux sociaux par les manifestants, 900 000 courriels permettraient d’évincer Justin Trudeau, ce qui est faux.


Dans le groupe privé Convoi de la liberté 2022, un internaute a écrit le message suivant :

« Je viens de téléphoner au bureau du Gouverneur Général du Canada. J’ai attendu un dizaine de minutes et une agente m’as répondu. Elle a écouté attentivement mes doléances en mentionnant que je crois que mon premier ministre a perdu la raison. Je lui ai parlé pendant au moins 10 minutes et elle m’as assuré que toutes les plaintes serais acheminées au bureau du Gouverneur. Elle m’as dis que le gouverneur est en poste pour écouter et protéger tous les Canadiens contre toutes décisions visant à mettre ces gens en danger ou les privant de leurs droits. »

Une fausse information comparable s’est aussi retrouvée dans les commentaires d’une vidéo en direct de Pat King, l’un des meneurs du convoi de la liberté actuellement détenu en attendant une décision sur sa libération. Le message était en tout point similaire, invitant les gens à écrire à appeler le BSGG, malgré une attente de trois heures cette fois-ci.

Le Bureau du secrétaire du gouverneur général n’était pas en mesure de nous indiquer le volume d’appels et de courriels reçu au cours des dernières semaines au moment où ces lignes ont été rédigées.

Avec Boris Proulx, correspondant parlementaire à Ottawa

À voir en vidéo