Valérie Plante «très inconfortable» par rapport à un symbole controversé porté par des policiers

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est dite « très inconfortable » jeudi du fait que certains policiers portent un symbole controversé montrant un drapeau du Canada traversé d’une mince ligne bleue, comme on peut le voir dans des images qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux dans les derniers jours.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) enquête depuis plusieurs mois déjà sur ce signe, qui divise les experts et les citoyens. Le débat entourant celui-ci a toutefois resurgi dans les derniers jours après qu’une citoyenne eut mis en ligne des clichés pris pendant une manifestation contre les mesures sanitaires, samedi dernier dans la métropole, sur lesquels on peut voir plusieurs policiers porter ledit symbole sur leur uniforme.

« Je suis très inconfortable envers certains policiers qui choisissent de porter ce symbole, parce qu’[il] divise les Montréalais et les Montréalaises et est très chargé », a déclaré Mme Plante jeudi après-midi, en marge d’une conférence de presse à l’hôtel de ville. Elle a alors rappelé l’importance que l’uniforme des agents du SPVM soit « inclusif ».

« On doit s’assurer que l’uniforme rassure l’ensemble de la population et non pas la divise », a-t-elle ajouté.

Actuellement, les positions varient grandement. Certains policiers et certains experts y voient un symbole de solidarité entre les membres d’une profession, tandis que d’autres associent celui-ci à des mouvements extrémistes.

« Ce symbole est inacceptable », a lancé jeudi après-midi le porte-parole en matière de sécurité publique pour le parti d’opposition Ensemble Montréal, Abdelhaq Sari, en entrevue au Devoir. L’élu a alors déploré « le manque de leadership » de la mairesse, qui aurait dû, selon lui, en condamner le port par des policiers bien plus tôt.

« Ça fait plusieurs mois qu’il y a des enquêtes là-dessus, et elle dit aujourd’hui qu’elle est “inconfortable” là-dessus. »

Analyse en cours

 

Plusieurs corps de police, dont la Gendarmerie royale du Canada et celui de Saint John, au Nouveau-Brunswick, ont d’ailleurs déjà interdit l’utilisation de ce drapeau par leurs agents.

« Un processus de révision complet de la procédure de tenue et maintien, qui régit les normes applicables à l’apparence physique et vestimentaire des employés, est en cours au Service de police de la Ville de Montréal. Cet exercice inclut le positionnement éventuel du Service quant au port de tout insigne, question sur laquelle se penche notre comité éthique », a assuré jeudi au Devoir le SPVM.

Sans s’avancer sur l’échéance de ce processus de révision, le corps de police a indiqué par courriel que « les démarches se poursuivent et progressent ». « Le SPVM souhaite s’assurer de rendre une décision réfléchie, éthique et objective, qui profitera à l’ensemble de la communauté policière », a ajouté une porte-parole.

Quant à la possibilité que les policiers ayant été aperçus avec le symbole controversé reçoivent des sanctions, le SPVM rappelle qu’altérer un uniforme « n’est pas permis ». « Cela étant dit, le comité doit au préalable déterminer si le port d’un insigne constitue une altération ou non », ajoute-t-on.

« On doit s’assurer que l’uniforme rassure l’ensemble de la population et non pas la divise. »



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