Ottawa ne s’attend qu’à quelques milliers de camionneurs pour samedi

Depuis le 15 janvier, le gouvernement canadien a retiré aux camionneurs canadiens non-vaccinés leur privilège, en tant que travailleurs essentiels, d’entrer au pays sans effectuer de quarantaine.
Photo: David Lipnowski La Presse canadienne Depuis le 15 janvier, le gouvernement canadien a retiré aux camionneurs canadiens non-vaccinés leur privilège, en tant que travailleurs essentiels, d’entrer au pays sans effectuer de quarantaine.

Même si les organisateurs du « convoi de la liberté » estiment pouvoir réunir des dizaines, voire des centaines de milliers de camionneurs contre la vaccination obligatoire, la police d’Ottawa s’attend plutôt à l’arrivée de seulement quelques milliers d’entre eux samedi.

« Nous savons que les camions qui arrivent de la côte ouest sont moins nombreux au fil de leur voyage […] Vous donner un nombre exact de personnes qui seront dans les rues samedi ou dimanche est très difficile en ce moment, mais nous anticipons, prévoyons qu’ils seront entre 1000 et 2000 », a estimé Steve Bell, le chef adjoint de la police d’Ottawa.

Les services policiers répondaient mercredi aux questions de conseillers municipaux de la capitale canadienne inquiets de voir débarquer dans leur ville un important cortège de camionneurs opposés à la vaccination obligatoire. L’événement pourrait perturber la circulation de la capitale fédérale plusieurs jours, entre jeudi et dimanche.

Le Service de police d’Ottawa dit entretenir une bonne collaboration avec les organisateurs du convoi, qualifié de « manifestation pacifique et légale ». D’autres groupes devraient s’y joindre en fin de semaine, de telle sorte que l’estimation du nombre de manifestants pourrait changer « d’heure en heure ». Les autorités se disent prêtes à agir si elles devaient constater des blocages d’intersection, de la violence ou des activités illégales, ou encore en cas de présence de contre-manifestants.

La Ville d’Ottawa s’attend à ce qu’il y ait « des retards et des perturbations de la circulation » sur le réseau routier de la ville, principalement près de la colline du Parlement.

Manifestation monstre, croient les participants

 

Des internautes québécois se préparent toutefois à participer à un événement de plus grande ampleur que ce que prévoit la police d’Ottawa. Réunis sur l’application de messagerie vocale Zello, mercredi, des organisateurs québécois ont dit s’attendre à la présence de jusqu’à un million de personnes opposées à la vaccination obligatoire ou aux mesures sanitaires en général.

En se basant sur des rumeurs selon lesquelles le convoi de camions en route vers Ottawa s’étend déjà sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, de nombreux internautes ont prédit que l’accès à la ville d’Ottawa ou même de Gatineau serait impossible. Certains ont exprimé leur souhait de rester sur place jusqu’à ce que le gouvernement recule sur sa politique vaccinale. Des participants ont conseillé aux manifestants d’apporter d’importantes réserves de nourriture.

« Il n’y a personne que je connais qui n’ira pas à Ottawa avec amis et famille pour la plus grosse manifestation jamais organisée », a par exemple avancé un internaute de l’Outaouais sur une page Facebook francophone liée à l’événement.

« Petite minorité », selon Justin Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a répété mercredi que près de 90 % des camionneurs du pays étaient déjà vaccinés. Il estime que le « convoi de la liberté » n’est constitué que d’une « petite minorité de gens » qui « continuent à ralentir notre sortie de cette pandémie ».

Le 15 janvier, le gouvernement canadien a retiré aux camionneurs canadiens non vaccinés leur privilège, en tant que travailleurs essentiels, d’entrer au pays sans effectuer de quarantaine. Une pareille mesure est simultanément entrée en vigueur du côté des États-Unis.

Le Parlement fédéral est présentement suspendu, et ce, jusqu’à la rentrée prévue lundi, qui se fera en grande partie de manière virtuelle. Malgré tout, le Service de protection parlementaire indique qu’il est « au courant de la manifestation » et qu’il « surveille les menaces en continu ».

Des députés conservateurs ont publiquement appuyé l’initiative du convoi opposé à la vaccination obligatoire, comme l’ancien chef du parti Andrew Scheer, selon qui Justin Trudeau représente « la plus grande menace à la liberté au Canada ». Ses propos ont été relayés par la candidate défaite lors de la dernière course à la chefferie conservatrice, Leslyn Lewis.

Leur chef, Erin O’Toole, n’a pas souhaité préciser s’il donnait son appui aux manifestants, malgré les demandes répétées des journalistes, lundi.

 Avec Marie Vastel

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