Le PLQ propose la mise en place d’une unité de déconfinement

«Le gouvernement joue au yoyo, attend à la dernière minute, ferme tout, et on recommence. […] On veut passer d’une gestion de point de presse en point de presse à une approche où on est prévisibles et transparents», a déclaré la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, dimanche lors d’un point de presse.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Le gouvernement joue au yoyo, attend à la dernière minute, ferme tout, et on recommence. […] On veut passer d’une gestion de point de presse en point de presse à une approche où on est prévisibles et transparents», a déclaré la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, dimanche lors d’un point de presse.

Excédé par ce qu’il considère comme de « l’imprévisibilité » et un « manque de transparence » de la part du gouvernement, le Parti libéral du Québec (PLQ) exige que la Santé publique se dissocie du politique. La cheffe, Dominique Anglade, propose pour ce faire une « unité de déconfinement COVIE-19 ».

Ce comité formé d’experts indépendants devra être dirigé par le scientifique en chef du Québec et travailler sur « la vie avec le virus », a soutenu Mme Anglade en point de presse dimanche.

« Ce qu’on veut, c’est que cette unité COVIE-19 soit en mesure de travailler avec les différents secteurs pour savoir, secteur par secteur, quelle est la prévisibilité nécessaire et comment on doit réagir, a résumé Mme Anglade. Pour les secteurs de la culture, ils ont des programmations, des ventes de billets qu’ils doivent planifier pour cet été. La prévisibilité pour le milieu de la culture est différente de ce qu’on voit dans la restauration, par exemple. »

Le couvre-feu décrété l’avant-veille du jour de l’An a été en quelque sorte la goutte qui a fait déborder le vase. « Il n’y a pas eu de recommandation écrite de la Santé publique » là-dessus, a fait valoir Mme Anglade. « Le gouvernement joue au yoyo, attend à la dernière minute, ferme tout, et on recommence. […] On veut passer d’une gestion de point de presse en point de presse à une approche où on est prévisibles et transparents. »

« Il est possible que nous ayons à apprendre à vivre avec le virus pendant encore plusieurs mois, voire des années », a-t-elle souligné, plaidant qu’un comité indépendant aiderait à maintenir ouvertes les activités plus longtemps et coordonnerait les réouvertures « avec des dates, des critères et des protocoles ».

Dans le même esprit, le PLQ réitère sa demande de voir la Santé publique et les élus politiques tenir des points de presse séparés.

 

Le PLQ souhaite également la publication des plans d’approvisionnement à long terme pour les équipements de protection, les tests de dépistage, les vaccins, les médicaments et les équipements d’aération.

Ce point de presse fait écho à une sortie du Parti québécois de la semaine dernière. Souhaitant « la fin de la politisation de la santé publique », le chef, Paul St-Pierre Plamondon, a tenu à souligner que « le directeur de la Santé publique est aussi sous-ministre ; donc, il dépend du politique ».

Légitimité

 

Que le premier ministre François Legault se présente en point de presse aux côtés du directeur national de santé publique relève de la rareté au Canada. En Ontario, en Alberta et, dans une moindre mesure, en Colombie-Britannique, les experts en santé publique publient leur avis indépendamment du gouvernement.

Au fédéral également, un groupe d’experts distinct de la cellule de crise du gouvernement a été mis en place « dès le début de la pandémie », note la professeure de santé publique à l’Université de Montréal Lara Gautier.

« Là aussi, on voit un comité interdisciplinaire : il y a des experts de toutes les provinces canadiennes, mais aussi des experts en modélisation, en science du comportement et en sciences biomédicales. On ne voit pas beaucoup, par contre, les recommandations qu’ils font. »

Établir un comité de sages n’est pas nécessairement gage de réussite non plus, observe Mme Gautier. Par exemple, en France, un « comité scientifique » formé d’experts de tous domaines publie régulièrement ses avis de santé publique. Or, « ce n’est pas parce qu’il y a eu le comité scientifique qui a été mis en place que la pandémie a été bien gérée ».

Non pas que cette escouade d’experts soit inutile, mais encore faut-il que ces spécialistes « sachent transmettre leurs connaissances », la crédibilité de la science aux yeux du public étant essentielle pour l’adoption populaire des règles sanitaires. « Sans une vraie implication des citoyens dans les décisions, il est très difficile d’avoir une vraie légitimité à long terme. »

Si les scientifiques doivent donc se rapprocher du « temps politique », les décideurs doivent aussi entretenir une « culture scientifique », nuance Lara Gautier, qui prend pour illustration la « taxe pour les non-vaccinés » avancée par Québec. « Ça n’aide pas, clairement, à rapprocher les gens du côté de la science et du côté de la décision éclairée. Parce que c’est quoi, une décision éclairée ? C’est une décision basée sur des données probantes. Et là-dessus, il reste encore à établir des preuves. »

Les hospitalisations toujours en baisse au Québec

La situation s’est de nouveau légèrement améliorée dans les hôpitaux québécois. Selon les données publiées dimanche par le ministère de la Santé, le nombre des hospitalisations attribuable à la COVID-19 est passé de 3295 à 3283, au cours des dernières 24 heures. On recense aussi 273 personnes aux soins intensifs, soit 2 de moins que la veille. Le ministère de la Santé signale 5141 nouveaux cas, un nombre qui n’est toutefois pas représentatif de la situation puisque l’accès aux centres de dépistage est restreint aux clientèles prioritaires. Les autorités ont recensé 836 130 cas depuis le début de la pandémie. La tendance à la baisse constatée au cours des derniers jours s’est poursuivie. La moyenne de nouveaux cas des sept derniers jours est de 5697, une chute de plus de 29,4 % par rapport au dimanche précédent. Quant au bilan des victimes, 33 décès supplémentaires s’y sont ajoutés. On déplore dorénavant 12 799 morts liées à la COVID-19 depuis son apparition au Québec. Le nombre d’éclosions actives a légèrement fléchi, passant de 1625 à 1623. Un total de 34 971 analyses a été réalisé le 21 janvier. Le taux de positivité a baissé de 1,1 point de pourcentage pour s’établir à 10,5 %.

 

La Presse canadienne



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