La frontière canadienne est resserrée pour les voyageurs revenant d’Afrique australe

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé vendredi ces nouvelles mesures aux frontières canadiennes face au variant Omicron.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé vendredi ces nouvelles mesures aux frontières canadiennes face au variant Omicron.

Devant la propagation rapide d’un tout nouveau variant en Afrique du Sud, qualifié de « préoccupant » par l’OMS, le gouvernement canadien a emboîté le pas à plusieurs autres pays et fermé ses frontières aux ressortissants étrangers qui ont séjourné dans sept pays de l’Afrique australe. Les citoyens canadiens et les résidents permanents qui se sont rendus dans cette région devront quant à eux de nouveau se soumettre à des tests de dépistage et à une quarantaine à leur retour.

Par « excès de prudence », le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé vendredi que la frontière serait immédiatement fermée à tout ressortissant étranger ayant séjourné dans les deux semaines précédant leur voyage au Canada en Afrique du Sud, au Mozambique, au Botswana, au Zimbabwe, au Lesotho, en Eswatini ou en Namibie.

Ceux qui sont arrivés au Canada au cours des deux dernières semaines devront se mettre en quarantaine dès maintenant, faire un test de dépistage de la COVID-19 et demeurer en isolement jusqu’à l’obtention d’un résultat négatif. Ils ne seraient en moyenne que tout au plus 50 voyageurs par jour à arriver de la région, a assuré le ministre Duclos.

Pour l’instant, aucun cas du variant B.1.1.529 — baptisé Omicron par l’Organisation mondiale de la santé — n’a été détecté au Canada, ni chez les voyageurs étant arrivés récemment au pays. À peine 9000 visiteurs sont entrés au Canada en provenance de l’Afrique du Sud depuis juin. Les Canadiens et les résidents permanents qui souhaitent revenir de l’Afrique australe, qu’ils soient vaccinés ou non, ne seront pas épargnés. Ils devront ainsi subir un test de dépistage moléculaire à leur arrivée au Canada, attendre le résultat dans un hôtel désigné par le fédéral et, si leur test est négatif, terminer leur quarantaine de 14 jours chez eux. Ils devront en outre subir un deuxième test de dépistage au 8e jour suivant leur retour.

Et puisqu’il n’existe aucun vol direct entre l’Afrique du Sud et le Canada, les ressortissants canadiens devront également faire un test de dépistage dans le pays par lequel ils transiteront, avant d’embarquer à destination du Canada.

L’OMS prévient que le nouveau variant Omicron pose « un risque accru » de réinfection, comparativement aux autres variants qu’elle surveille. Les scientifiques de l’OMS et les manufacturiers de vaccins tenteront au cours des prochains jours et des prochaines semaines d’évaluer l’efficacité des vaccins face au nouveau variant.

Une flambée de cas

 

L’Afrique du Sud, qui ne rapportait qu’en moyenne 200 nouveaux cas de COVID-19 par jour depuis des semaines, en comptait plus de 2400 jeudi. On estime que le nouveau variant était la souche de 90 % des 1000 nouveaux cas dépistés par les tests PCR mercredi dans la province de Gauteng, la plus peuplée de l’Afrique du Sud et qui comprend les villes de Johannesburg et de Pretoria. Un peu moins de 24 % de la population sud-africaine est adéquatement vaccinée contre la COVID-19.

Des cas d’infection à Omicron ont également été rapportés en Belgique, en Israël, au Botswana et à Hong Kong. Un Canadien a notamment été diagnostiqué positif à Hong Kong, après qu’il eut fait sa quarantaine dans une chambre d’hôtel en face de celle d’un Sud-Africain.

Ottawa n’a pas exclu d’étendre ses nouvelles contraintes frontalières à d’autres pays. Mais, pour l’instant, aucun autre ne rapporte de propagation communautaire de ce variant.

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a également rappelé que tous les voyageurs doivent déjà, peu importe leur pays d’origine et leur statut vaccinal, présenter un résultat négatif de test moléculaire avant d’entrer au Canada. Ceux qui ne sont pas vaccinés doivent également faire une quarantaine à l’arrivée.

Les appels pour qu’Ottawa emboîte le pas à la communauté internationale s’étaient rapidement multipliés vendredi. François Legault s’est dit « très inquiet ». « On ne peut pas [courir le risque] que ce variant-là arrive d’Afrique du Sud et rentre au Québec », a déclaré le premier ministre à Montréal. « On a la confirmation que c’est déjà en Belgique. Nous, on a demandé au gouvernement fédéral d’interdire les vols, puis les passagers, qui sont passés en Afrique du Sud », a-t-il dit.

La demande était la même du côté des premiers ministres ontarien et albertain. Doug Ford a affirmé, en matinée, qu’il ne fallait pas « répéter les erreurs qui ont permis aux variants Alpha et Delta d’entrer dans ce pays ». Jason Kenney a quant à lui écrit sur Twitter que le Canada « ne peut pas répéter l’erreur de sa politique de frontières ouvertes du début de cette pandémie mondiale ».

Au Parlement fédéral, le Parti conservateur, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique réclamaient eux aussi la fin des vols en provenant de l’Afrique australe.

Avec François Carabin



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