Le salaire de la mairesse de Longueuil réduit à 185 000 $

Catherine Fournier, lors de son élection le 7 novembre dernier. 
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Catherine Fournier, lors de son élection le 7 novembre dernier. 

À l’occasion de la première séance du conseil municipal de Longueuil mardi soir, un projet de règlement a été déposé afin de faire passer le salaire de la mairesse Catherine Fournier de 250 000 $ à 185 000 $ par année, tel que celle-ci l’avait promis en campagne électorale.

Cette réduction de 65 000 $ de la rémunération de la mairesse de Longueuil prendra effet le 1er janvier prochain. « C’était une des premières choses que j’avais annoncées en me lançant à la mairie de Longueuil. Je souhaitais réduire ce salaire de façon conséquente pour qu’il soit plus proportionnel par rapport au salaire, par exemple, du premier ministre [du Québec] et de la mairesse de Montréal », a expliqué Catherine Fournier mardi soir.

Rappelons que la mairesse sortante de Longueuil, Sylvie Parent, était l’élue la mieux payée au Québec. Son salaire de 250 000 $ surpassait celui du premier ministre François Legault, qui touche une rémunération annuelle de 205 793 $.

Par voie de communiqué en soirée, Catherine Fournier a signalé que selon elle, il serait temps de revoir les salaires des élus, non seulement ceux de la sphère municipale, mais également ceux de la Chambre des communes et de l’Assemblée nationale. « Par exemple, un député de la Chambre des communes gagne à peu près le double d’un député de l’Assemblée nationale, les salaires fédéraux de base avoisinant celui du premier ministre du Québec », a-t-elle fait valoir. Pendant ce temps, des maires de petites municipalités gagnent un salaire « symbolique » alors qu’ils accomplissent un travail « considérable », a-t-elle ajouté.

Changement de ton

Il s’agissait de la première assemblée du conseil municipal de Longueuil depuis les élections du 7 novembre dernier. « Je pense réellement qu’on vit un moment historique parce que c’est la première fois, dans l’histoire de notre ville, qu’on a un conseil paritaire, un conseil qui est également à l’image de la population de Longueuil puisqu’il représente une diversité, non seulement d’expériences, d’origines, mais également d’âges », a indiqué Catherine Fournier dès l’ouverture de l’assemblée. « On va noter ce soir un changement de ton, un changement dans la façon de mener nos débats », a-t-elle ajouté en tendant la main au chef de l’opposition, Jacques Lemire.

La mairesse a profité de cette assemblée pour concrétiser plusieurs promesses électorales. Les élus ont notamment donné leur aval à un avis de motion pour mettre en place un comité de démolition qui verra à analyser toutes les demandes de démolition des maisons unifamiliales, un sujet qui a suscité beaucoup d’indignation au cours des derniers mois. Ce comité comptera dans ses rangs trois élus ainsi que des représentants de la société civile, dont des membres des sociétés d’histoire.

Mme Fournier a également indiqué l’intention de son administration de créer un office de participation publique indépendant similaire à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Cet organisme aura pour premier mandat de se pencher sur l’épineux dossier des feux extérieurs au bois. Mardi soir, le conseil municipal a d’ailleurs levé l’interdiction de ces feux pour les territoires de Greenfield Park et de Saint-Hubert en attendant les consultations à cet effet.

Questionnée par un citoyen au sujet des travaux de prolongement du boulevard Béliveau, Catherine Fournier a promis que la Ville respecterait l’avis faunique du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, qui sonnait l’alarme concernant la destruction de l’habitat de la rainette faux-grillon. Rappelons que ce chantier est suspendu et que le gouvernement fédéral a adopté lundi un décret afin de protéger le batracien.

« Ç’a toujours été dans nos engagements de se conformer aux recommandations [de l’avis faunique], de suivre la science. Ça va être important pour nous de prendre cela en considération quand on va analyser les différents scénarios qui s’offrent à la Ville », a expliqué la mairesse Fournier. « Notre intention est de travailler avec l’ensemble des paliers de gouvernements, autant le gouvernement du Québec que le gouvernement fédéral, pour arriver à une entente dans ce dossier-là qui permettra de protéger l’espèce menacée et le milieu naturel. »

Mme Fournier a également promis de tenir, au printemps prochain, un sommet de l’habitation en collaboration avec son homologue de Laval, Stéphane Boyer.

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