Retour des Nordiques: Eric Girard a reçu le mandat l’été dernier

Un porte-parole de la LNH a indiqué au «Devoir» que le commissaire Gary Bettman (photo) était prêt à rencontrer M. Legault ou M. Girard pour discuter d’un éventuel retour des Nordiques à Québec.
Photo: Associated Press Un porte-parole de la LNH a indiqué au «Devoir» que le commissaire Gary Bettman (photo) était prêt à rencontrer M. Legault ou M. Girard pour discuter d’un éventuel retour des Nordiques à Québec.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a reçu l’été dernier le mandat de travailler sur le dossier du retour des Nordiques à Québec.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault a révélé que son gouvernement était impliqué dans ce projet. À cette occasion, il a indiqué que M. Girard était responsable du dossier au sein de son gouvernement.

Mardi, à l’Assemblée nationale, M. Girard a affirmé que la relance du projet n’a rien d’une manœuvre de diversion, contrairement à ce qu’affirment les partis de l’opposition. Le ministre a assuré qu’il travaille sur le dossier « depuis la fin de l’été ».

« Le gouvernement est favorable au retour des Nordiques », a-t-il déclaré avant d’entrer au Salon bleu pour la période des questions.

Depuis jeudi, M. Legault a répété à trois occasions son intérêt pour le retour du hockey professionnel à Québec, depuis le départ des Nordiques en 1995. Lundi, à Montréal, le chef du gouvernement a reconnu que c’est un dossier complexe à coordonner.

Jusqu’ici, le projet de retour des Nordiques était mené par Québecor, qui gère l’amphithéâtre de Québec, construit avec des fonds publics.

M. Legault a évoqué la possibilité que d’autres investisseurs et un télédiffuseur autre que TVA Sports, filiale de Québecor, se joignent au projet.

« Je pense que les gens de Québec et de l’est du Québec aimeraient ravoir les Nordiques », a-t-il expliqué lundi.

M. Girard a précisé lundi qu’il n’est pas encore entré « dans les détails ». « On est au début du processus, a-t-il dit. Je recueille de l’information. D’abord, comprendre pourquoi, quand Vegas a eu une équipe, nous n’avons pas eu d’équipe. »

Un porte-parole de la LNH a indiqué au Devoir que le commissaire Gary Bettman était prêt à rencontrer M. Legault ou M. Girard pour discuter d’un éventuel retour des Nordiques à Québec.

« Aucune rencontre n’a encore été organisée entre le commissaire et le premier ministre, mais le commissaire serait heureux de rencontrer le premier ministre », a déclaré le vice-président directeur principal des communications de la LNH, Gary Meagher.

Je pense que les gens de Québec et de l’est du Québec aimeraient ravoir les Nordiques.

M. Meagher a affirmé que cette ouverture valait également pour M. Girard. Jeudi dernier, M. Legault a affirmé que M. Girard comptait rencontrer M. Bettman en janvier. Le premier ministre, qui a parlé à M. Bettman, avait lui-même souligné que le commissaire était ouvert à une rencontre.

Une porte-parole de M. Girard, Fanny Beaudry-Campeau, a affirmé qu’aucune date n’a encore officiellement été convenue avec la LNH.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui a mené le dossier de la Formule 1 à Montréal, a insisté sur l’importance de créer de la richesse avec un projet comme celui des Nordiques. « Il n’y a aucune équipe à qui on peut donner de l’argent, a-t-il dit avant d’entrer au Salon bleu. Il faut qu’il y ait des retombées économiques. »

Mardi matin, à l’Assemblée nationale, les partis de l’opposition ont accusé le gouvernement d’avoir remis le dossier des Nordiques à l’avant-plan pour masquer ses difficultés.

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a insisté sur la mauvaise gestion du gouvernement dans le réseau de la santé. « Les gens sont intelligents et voient très clair dans ce qui est un exercice de diversion du gouvernement », a-t-il dit.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a elle aussi souligné que les priorités sont ailleurs.

« On l’a vu avec les Nordiques, mais on le voit aussi, aujourd’hui, avec la vaccination pour les enfants, [c’est une] tentative de diversion pour ne pas avoir à répondre à des questions qui sont fondamentales, qui sont liées à une crise que l’on vit depuis deux ans », a-t-elle dit.

Un potentiel à déterminer

Le directeur de l’Observatoire international en management du sport de l’Université Laval, Frank Pons, croit que Québec est un marché viable pour une équipe de hockey. D’autres marchés rivaux, comme Houston, ont toutefois des potentiels de revenus plus intéressants pour l’organisation.

« Québec est une super bonne destination pour la LNH, mais pas la meilleure sur le plan économique, et ça n’avait pas changé depuis plusieurs années », a-t-il dit.

Plus que l’implication du gouvernement, il faut selon M. Pons des investisseurs « aux poches profondes » pour concrétiser le projet. Il constate notamment que le prix d’une concession de la LNH est passé de 390 millions de dollars à 1 milliard de dollars depuis que le projet de construction d’amphithéâtre a été lancé.

Directeur du pôle sport au Département de management de HEC, Eric Brunelle souligne que l’implication du gouvernement dans le dossier montre l’importance des retombées d’une équipe sportive. « Dans les situations où les équipes professionnelles réussissent le plus facilement à s’implanter, il y a toujours des ordres gouvernementaux d’impliqués dans les dossiers. »

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