Québec solidaire s’offre une soirée aux tons de vert et aux relents électoraux

La co-porte-parole de QS Manon Massé
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La co-porte-parole de QS Manon Massé

Pour une première fois en un an et demi, les militants de Québec solidaire (QS) se sont retrouvés, samedi, dans une célébration qui avait tout de préélectoral, à Montréal. « À nous demain », se sont-ils dit. Et demain sera vert, croit fermement le parti.

C’est au son d’artistes populaires que se sont rassemblés plus de 400 militants et sympathisants, samedi, dans la petite salle du Gesù, à Montréal. Le Parti québécois s’offrait autrefois Gilles Vigneault et Paul Piché. QS a eu droit à Clay and Friends, à Valence et à Klô Pelgag, reine incontestée de l’ADISQ – elle avait accumulé les Félix au gala du début du mois.

« Dans l’histoire du Québec, quand art et politique se sont rencontrés, ç’a donné des belles choses », a signifié le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, en marge de ce qu’il a qualifié de « retrouvailles ».

« Il y a des gens ici qui sont peut-être venus voir Clay, Valence ou Klô, et qui vont peut-être partir avec un macaron et un petit peu d’espoir », a-t-il ajouté quelques heures plus tard, lors d’une allocution.

Jamais le parti de gauche ne s’était-il permis une soirée artistique et militante de cette envergure, a lancé au Devoir l'attachée de presse, Camila Rodriguez-Cea. « On remarque que plus on avance, moins les artistes sont frileux à s’afficher avec Québec solidaire, a-t-elle fait remarquer. Ça montre qu’on est rendus ailleurs. »

Depuis le début de son congrès, Québec solidaire souhaite s’imposer comme alternative à la Coalition avenir Québec de François Legault. Vendredi, Gabriel Nadeau-Dubois avait martelé que les élections générales constituent une occasion idéale pour son parti de se « préparer à gouverner ».

Lors de son discours devant les militants samedi soir, sa collègue à la tête du parti, Manon Massé, s’est surprise à rêver au « premier gouvernement écologiste de l’histoire du Québec ».

« Juste en venant ici, vous envoyez un message, a-t-elle lancé aux militants. Ça nous donne sincèrement l’espoir de gagner d’autres batailles. Notamment, le 3 octobre 2022. »

Année préélectorale

 

En cours de journée, les militants solidaires avaient voté derrière leurs écrans sur les grandes orientations du parti pour le scrutin de l’an prochain. « Je peux déjà vous faire une promesse; ce sera la plateforme électorale la plus verte de notre histoire », avait dit M. Nadeau-Dubois en matinée.

Le virage saute aux yeux: au rassemblement de QS, samedi soir, les affiches au ton de vert se mêlaient aux habituels tons orange du parti. Les slogans accrochés sur les murs du hall d’entrée ne déviaient pas du thème. « Pour une révolution écologique », « pour l’avenir de nos enfants », « pour en finir avec les pipelines ». «Heille, c’est beau ça ! », de s’exclamer le co-porte-parole solidaire dans les heures précédant le spectacle.

Cette fin de semaine, les militants ont voté pour rehausser les cibles de réduction de gaz à effets de serre du parti à 55 % en 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Ils ont appuyé une proposition visant à mettre en place un réseau de transport ferroviaire électrique trans-Québec et ont dit non à la construction de pipelines.

Le parti a encaissé de vertes critiques de l’entourage politique de François Legault sur Twitter. Attachés de presse et hauts placés gouvernementaux ont critiqué des propositions encore irréalistes à leurs yeux.

« Une question pour QS. Cette cible minimale de 55% d’ici 2030, c’est retirer combien d’automobiles des routes du Québec ? », a demandé le directeur de cabinet du premier ministre, Martin Koskinen.

« Ils veulent faire croire aux gens que la transition énergétique, ça veut dire s’attaquer aux individus. C’est tellement un discours d’une autre époque, a répliqué M. Nadeau-Dubois, devant les journalistes, quelques heures plus tard. De voir l’ambition de Québec solidaire, je pense que ça les dérange. »

Enterré par les applaudissements de la foule rassemblée samedi, le chef parlementaire du parti a lancé un message de renouveau, les mots « campagne électorale » franchissant constamment ses lèvres.

«Ce qui fait peur au premier ministre, c’est trois mots, a-t-il tonné. Trois petits mots que vous allez m’entendre dire jusqu’aux prochaines élections: on est capables. »

À voir en vidéo