Des élections municipales qui font place aux femmes et à la jeunesse

Avec des élus comme Catherine Fournier, âgée de 29 ans, les élections ont certes fait place à la jeunesse.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Avec des élus comme Catherine Fournier, âgée de 29 ans, les élections ont certes fait place à la jeunesse.

Au lendemain des élections municipales, cinq des dix plus grandes villes du Québec ont élu une femme à la tête de leur municipalité. Mais peut-on vraiment parler de vague rose ? Des 1080 élus à la mairie dans la province, 76 % sont des hommes, selon les résultats électoraux préliminaires.

Toutefois, les victoires féminines dans les villes clés de la province ont un poids considérable, croit Daniel Côté, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). « C’est inspirant pour les femmes qui voudraient faire de la politique municipale de voir Valérie Plante et Catherine Fournier à la tête de grandes villes québécoises », estime-t-il. Ces femmes portées au pouvoir risquent d’inspirer grandement les candidatures féminines des prochaines années, estime le président.

Au terme de la soirée électorale, Valérie Plante a été réélue dans la métropole, Catherine Fournier à Longueuil, France Bélisle à Gatineau — élue en tant que première mairesse —, Évelyne Beaudin à Sherbrooke et Julie Dufour à Saguenay. À elles seules, ces mairesses gèrent 31 % de la population de la province. « C’est une bonne nouvelle pour la parité. On fait des pas en avant à chaque élection. Avec toute la vague d’inspiration que ces nouvelles mairesses vont insuffler, j’ai l’impression qu’on va continuer à progresser vers la parité », ajoute M. Côté.

Représentation historique

 

Chose certaine, les femmes sont plus présentes que jamais auparavant sur la scène municipale. Aux dernières élections, 207 femmes étaient élues à un poste de mairesse et 2360, à un poste de conseillère. Cette année, elles sont respectivement 252 (44 de plus qu’il y a quatre ans) et 2536 (176 de plus).

Bien que la représentation des femmes à la mairie reste toujours loin de la parité, avec 23 % cette année, il s’agit tout de même d’un résultat historique : en 2005, elles ne formaient que 13 % des élus à la mairie de la province, soit 10 points de pourcentage de moins qu’aujourd’hui.

Cette percée est tout aussi comparable avec les résultats des élections de 2017, où on comptait 18,9 % de mairesses. En quatre ans, leur représentation a bondi de plus de 3 points de pourcentage. Même chose chez les conseillères, qui sont passées de 34,5 % au dernier scrutin municipal à 38,2 % cette année.

Place à la jeunesse

Avec des élus comme Catherine Fournier, âgée de 29 ans, Stéphane Boyer, élu à la mairie de Laval à 33 ans, et même Isabelle Lessard, la plus jeune mairesse de l’histoire, élue à Chapais à seulement 21 ans, les élections ont certes fait place à la jeunesse.

Selon un décompte du Devoir, l’âge moyen des maires et mairesses des six plus grandes villes du Québec n’atteint même pas 40 ans. En effet, la moyenne d’âge de Bruno Marchand (Québec), Valérie Plante (Montréal), France Bélisle (Gatineau), Évelyne Beaudin (Sherbrooke), Stéphane Boyer (Laval) et Catherine Fournier (Longueuil) est de 39 ans.

C’est inspirant pour les femmes qui voudraient faire de la politique municipale de voir Valérie Plante et Catherine Fournier à la tête de grandes villes québécoises

 

Cette jeunesse se fait particulièrement sentir chez les femmes. En effet, 43,5 % des élues chez les 55 ans et moins sont des femmes, selon le portrait préliminaire de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui souligne que ces résultats témoignent d’une tendance lourde vers la zone paritaire.

Parmi les 33 maires et mairesses âgés de 18 à 34 ans, on compte 13 femmes et 20 hommes. Chez les élus à la mairie âgés de 35 à 44 ans, on trouve 41 femmes et 81 hommes. Chez les maires et mairesses plus âgés, les hommes reprennent une majorité de la représentation.

« On s’attendait à un vent de renouveau à ces élections-ci parce qu’il y avait quand même plusieurs élus d’expérience qui ne se représentaient pas. Mais de là à avoir un vent de jeunesse comme celui qui semble avoir soufflé sur le Québec… » souligne Daniel Côté, de l’UMQ.

Bien que le président constate cet élan vers la jeunesse et la progression constante vers la parité au sein des conseils municipaux, il souhaite poursuivre son combat « bon an, mal an » avec les commissions de l’organisme. « On ne change pas les mœurs entre deux élections et en un claquement de doigts, c’est un travail de longue haleine », reconnaît-il.

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