Les oppositions épuisées des désaccords entre Chantal Rouleau et la STM

Les groupes d’opposition à Québec ont réagi jeudi aux révélations du Devoir.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Les groupes d’opposition à Québec ont réagi jeudi aux révélations du Devoir.

Les « guéguerres » entre Québec et la Société de transport de Montréal (STM) risquent de faire mal au développement du transport collectif à Montréal, selon des élus d’opposition à l’Assemblée nationale. Frustrés, ils pointent du doigt la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, et lui demandent de régler ses différends.

Les groupes d’opposition à Québec ont réagi jeudi aux révélations du Devoir selon lesquelles des membres de l’entourage de la ministre reprochent à la STM de ne pas en faire assez pour mettre fin à la hausse des coûts des grands projets dans les dernières années.

« Je ne comprends pas pourquoi la ministre insiste à embarquer dans des guéguerres avec la STM », a signifié jeudi la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal.

La veille, des sources près de la ministre accusaient la STM de faire de l’obstruction systématique devant les demandes du gouvernement et de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Selon elles, le transporteur montréalais refuserait de se ranger sous le parapluie de l’ARTM.

« C’est la ministre elle-même qui fait de l’obstruction systématique. Au lieu de sortir pour parler contre cette société de transport public, elle devrait s’asseoir pour trouver des solutions », a répliqué Ruba Ghazal, jeudi.

« Il est paradoxal que la CAQ désire soumettre davantage la STM à l’ARTM, alors qu’elle évacue complètement cette option pour la Caisse de dépôt et son projet de [Réseau express métropolitain] de l’Est, a ajouté le chef parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau. Pourquoi ce double standard ? »

« Deux poids, deux mesures »

Mercredi, en réaction à notre reportage, la ministre Rouleau avait affirmé ne pas pouvoir accepter les « dépassements de coûts […] extrêmement importants » observés à la STM. La ligne bleue et sa facture anticipée d’environ six milliards de dollars créent notamment un malaise dans son entourage.

Dans une lettre ouverte envoyée jeudi au Devoir, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a répliqué aux propos tenus dans nos pages, en rappelant que les dépassements de coûts étaient de moins en moins rares, peu importe le domaine.

« La STM fait face aux mêmes contraintes et défis que les grands donneurs d’ouvrages au Québec, avec la surchauffe du marché de la construction et la hausse des coûts immobiliers. S’il en a coûté plus cher pour construire votre terrasse cet été, il en est malheureusement de même pour nos infrastructures », a-t-il écrit.

Selon le Parti québécois, le gouvernement de François Legault joue dans l’« ironie » quand il accuse le réseau de transport collectif d’avoir « perdu le contrôle ».

« Le gouvernement parle de dépenses incontrôlées alors qu’il s’apprête à engloutir 10 milliards de dollars dans un trou sans fond à Québec », a indiqué Joël Arseneau.

Ce printemps, la Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait que la facture prévue pour le REM 1.0 enflerait d’environ 1,5 milliard de dollars. « C’est drôle. Au gouvernement, il n’y a pas eu de problème. Et dans les autoroutes, on met des milliards année après année. Avec la CAQ, c’est tout le temps, tout le temps, tout le temps deux poids, deux mesures », s’est déçue Ruba Ghazal, jeudi.

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