Mouvement Montréal demeure exclu du débat de la Chambre de commerce

Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness

Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, ne comprend pas pourquoi la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) continue à ce jour de l’exclure d’un débat économique auquel prendront part ses deux principaux adversaires politiques dans le cadre de la campagne municipale en cours. L’aspirant politicien assure pourtant répondre aux critères établis par l’organisation pour prendre part à cet événement, une prétention que rejette la CCMM.

Denis Coderre et Valérie Plante croiseront le fer le soir du 18 octobre afin de faire valoir leurs points de vue respectifs en matière de développement économique et de relance de la métropole, dans le cadre d’un débat organisé par la CCMM. Cette dernière n’a toutefois pas envoyé d’invitation au chef du parti Mouvement Montréal, Balarama Holness.

Sur son site web, la CCMM assure que « tout candidat ou candidate à la mairie de Montréal qui aura récolté 10 % des intentions de vote dans le cadre de l’un des sondages publiés dans les semaines précédant le débat, et dont l’équipe présente des candidats dans au moins 75 % des districts électoraux de la ville de Montréal, recevra une invitation à participer au débat de la Chambre ». La métropole compte 58 districts électoraux, ce qui porte le minimum de candidats requis par formation politique à 44.

Or, un récent sondage mené à la fin septembre par la firme Léger pour le compte de Projet Montréal a justement accordé 10% des intentions de vote à Balarama Holness à titre de candidat à la mairie. Ce même coup de sonde accordait aussi 6% des intentions de vote au chef de Ralliement pour Montréal, Marc-Antoine Desjardins, dont la formation a depuis fusionné avec Mouvement Montréal, qui compte ainsi 73 candidats actuellement.

Inclusion

M. Holness estime donc remplir tous les « pré-requis » pour prendre part au débat de la CCMM, qui continue toutefois de refuser de l’inviter à cet événement, comme l’ont fait dans les dernières semaines Tourisme Montréal et le Conseil des relations internationales de Montréal, entre autres.

« La Chambre de commerce devrait être exemplaire en matière d’inclusion, et surtout maintenir la santé de la démocratie à Montréal », lance le chef de Mouvement Montréal, qui s’est tourné en vain vers le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), dans les derniers jours, pour tenter de remédier à cette situation. Dans un échange de courriels dont Le Devoir a obtenu copie, le DGEQ a rappelé à M. Holness que des organismes ont le droit d’organiser des débats dans le cadre d’une campagne municipale sans y inviter tous les candidats qui prennent part à celle-ci.

« C’est ironique qu’on parle d’inclusion dans la relance [économique] et que la Chambre de commerce exclut un parti politique qui est jeune, innovateur et plein d’énergie », insiste M. Holness, qui rappelle que son programme politique compte plusieurs engagements économiques. Celui-ci propose notamment de définir des zones commerciales dans des arrondissements « défavorisés » où les petites entreprises pourraient bénéficier d’allègements fiscaux particuliers.

Joint par Le Devoir, un porte-parole de la CCMM a toutefois précisé que les candidats à la mairie qui sont invités d’une campagne municipale à l’autre aux débats organisés par l’organisation doivent avoir récolté les intentions de vote requises en se basant sur un sondage indépendant mené au moins 72 heures avant la tenue de cet événement. Le coup de sonde commandé par Projet Montréal ne peut donc être pris en considération, indique le porte-parole.

Le 22 septembre, un sondage Léger-Le Devoir accordait 8% des intentions de vote à Balarama Holness et 5% à Marc-Antoine Desjardins, avant que leur union ne soit annoncée, tandis que Denis Coderre et Valérie Plante récoltaient respectivement 37% et 36% des intentions de vote de l’ensemble des électeurs montréalais sondés.

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