Des élus municipaux ciblés dans les Laurentides

Le maire Proulx compte rencontrer lundi le corps de police municipal et demander officiellement que la SQ se mêle de l’affaire, étant donné qu’elle aurait plus d’expertise dans ce type d’enquête.
Photo: iStock Le maire Proulx compte rencontrer lundi le corps de police municipal et demander officiellement que la SQ se mêle de l’affaire, étant donné qu’elle aurait plus d’expertise dans ce type d’enquête.

Le maire de Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides, demande l’intervention de la Sûreté du Québec (SQ), après que le véhicule d’une conseillère municipale eut été incendié dimanche soir, le quatrième incident inquiétant en deux semaines qui semble cibler l’administration municipale.

« Présentement, c’est un petit peu le Far West », lance au bout du fil le maire Benoit Proulx, en constatant que les élus municipaux et le directeur général sont de façon très claire victimes d’intimidation.

Le plus récent incident de la série est l’incendie du véhicule de la conseillère municipale Alexandra Lauzon dans l’entrée de sa résidence dimanche soir.

« L’expertise préliminaire de la scène laisse croire que l’origine de l’incendie est de nature criminelle », a confirmé l’inspecteur Jean-Philippe Labbé, de la division des enquêtes criminelles à la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes.

Présentement, c’est un petit peu le Far West

 

Deux jours plus tôt, dans la nuit de vendredi à samedi, la voiture de la conjointe du directeur général de la municipalité a aussi été incendiée, pendant que toute la famille dormait dans la maison. Le feu s’est propagé à un autre véhicule du couple et à leur tente-roulotte, sur laquelle était installée une bonbonne de propane.

« Ça a passé proche que le feu se propage à la résidence également », a déclaré le directeur général, Stéphane Giguère, en entrevue avec La Presse canadienne, racontant que c’est une voisine qui les a réveillés. Il se dit « très inquiet » de la situation.

La semaine dernière, la conjointe d’un conseiller municipal a « perdu une roue sur l’autoroute ». Des vérifications ont révélé que « des boulons ont été desserrés » et que « ce n’était plus les boulons originaux » qui étaient installés, a indiqué le maire.

Le premier magistrat a affirmé avoir lui-même reçu « un appel anonyme très, très dérangeant » il y a deux semaines.

Intimidation

 

Le maire Proulx compte rencontrer lundi le corps de police municipal et demander officiellement que la SQ se mêle de l’affaire, étant donné qu’elle aurait plus d’expertise dans ce type d’enquête. « C’est trop grave, tout ce qui se passe, pour laisser ça continuer. C’est pour ça que je demande de l’aide », a-t-il dit.

MM. Proulx et Giguère ont tous deux affirmé avoir une bonne idée des responsables de ces crimes. Ils ont dit avoir communiqué cette information aux policiers et refusent de la révéler publiquement ou de dire à quel dossier ce serait lié pour éviter de nuire à l’enquête.

« Ce qu’ils veulent, c’est probablement nous faire démissionner, moi et les membres de mon conseil municipal, a soutenu le maire. Tout ça parce qu’on a le guts de faire notre travail correctement. »

Quant au directeur général, il a dit s’attendre à ce que « les services de police concernés prennent ça très au sérieux et posent les gestes qu’il faut très rapidement ».

Tandis que la campagne électorale vient de débuter, M. Proulx se dit convaincu que cela ne vient pas des candidats adverses. « Je les connais, les individus. Jamais ils n’auraient posé un geste direct ou indirect comme ça. »

M. Proulx, qui termine son deuxième mandat comme maire et qui a 22 ans de politique municipale à son actif, entend solliciter un troisième mandat, « peu importe ».

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