Le PLQ demanderait à la CDPQ de se retirer des énergies fossiles

La cheffe libérale Dominique Anglade compte déposer un projet de loi pour ancrer l’objectif de carboneutralité d’ici 2050
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La cheffe libérale Dominique Anglade compte déposer un projet de loi pour ancrer l’objectif de carboneutralité d’ici 2050

Le Québec a besoin d’un « électrochoc » en environnement, selon le Parti libéral du Québec (PLQ), qui compte demander à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) de se retirer de l’industrie des énergies fossiles sur un horizon de cinq ans s’il est élu à la tête du gouvernement, l’an prochain.

Alors que l’environnement pourrait être placé sous le feu des projecteurs cette semaine avec l’organisation d’une grande marche pour le climat à Montréal vendredi, les libéraux ont annoncé leur intention de déposer un projet de loi s’ils forment le prochain gouvernement pour officialiser l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 pour le Québec et de mettre fin à l’exploitation gazière et pétrolière dans la province.

« En matière environnementale, le gouvernement a un devoir d’exemplarité, a plaidé la cheffe du parti, Dominique Anglade, lors d’une entrevue. On ne peut plus discuter de questions économiques sans prendre les enjeux environnementaux en compte. Cela veut dire que toutes nos décisions doivent mesurer l’impact environnemental et social. »

C’est pourquoi son parti estime que les investissements de la CDPQ devraient refléter les valeurs des Québécois, et donc qu’il est nécessaire de pousser la caisse à se tourner vers les énergies renouvelables.

Pour y parvenir, un éventuel gouvernement libéral évaluera ses options pour forcer la main à la CDPQ, qui détient une certaine indépendance par rapport au gouvernement. Mme Anglade a évoqué que certaines règles administratives pourraient être appliquées à la caisse pour la pousser à bouger, ou encore qu’une modification à la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec pourrait être adoptée par l’Assemblée nationale.

Mme Anglade n’a d’ailleurs pas l’intention de perdre de temps concernant la question environnementale si elle est élue première ministre. Elle compte déposer son projet de loi pour ancrer l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 « dans les 100 premiers jours » de son mandat, avant de s’attaquer rapidement au cas de la CDPQ.

« Si on dit qu’on veut être carboneutre en 2050, on ne peut pas avoir la CDPQ qui investit le bas de laine des Québécois dans quelque chose qui n’est pas en lien avec les valeurs que l’on met de l’avant », a mentionné la cheffe.

Dans son « Plan pour une économie verte », le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a inclus son intention de diriger le Québec vers la carboneutralité d’ici 2050, mais le Parti libéral croit qu’il faut aller une étape plus loin en déposant un projet de loi à ce sujet.

Fin de l’exploitation pétrolière

Le PLQ s’est du même coup engagé à cesser toute exploitation du pétrole et du gaz naturel, qui « ne sont pas, même de manière temporaire, une solution à la lutte contre les changements climatiques et à l’atteinte des objectifs internationaux en matière de climat », selon les libéraux.

Un gouvernement libéral n’accorderait plus aucun permis pour l’exploitation de ces ressources, en plus de « mettre fin aux permis d’exploitation existants ». La sécurisation de lieux d’exploitation abandonnés fait aussi partie des promesses des libéraux.

Consciente que cette décision pourrait provoquer la grogne de certains entrepreneurs, la cheffe libérale a réitéré que le statu quo n’est plus une option.

« Nous devons vivre dans une société où, bien sûr, les entreprises font des profits, mais où on s’occupe de notre monde et qu’on s’occupe de notre planète. Ça veut dire qu’on ne peut plus faire les mêmes choses qu’avant. Il faut changer ce paradigme », selon elle.

Afin de mesurer les progrès de la province en matière de lutte aux changements climatiques, les libéraux proposent aussi de mettre sur pied un Institut pour le climat.

Le Parti libéral croit être le mieux placé pour lutter contre les changements climatiques, puisque « la CAQ oppose la protection de l’environnement à la performance économique » et que Québec solidaire « vit au pays des licornes ».

Les prochaines élections provinciales se dérouleront en octobre 2022.

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