La vaccination des candidats retient l’attention à deux jours du scrutin

Les chefs libéral et conservateur reviennent dans le Grand Toronto pour le dernier week-end de la campagne électorale.
Photo: Andrian Wyld La presse canadienne Les chefs libéral et conservateur reviennent dans le Grand Toronto pour le dernier week-end de la campagne électorale.

À deux jours du vote, Erin O’Toole n’a toujours pas voulu dire combien de ses candidats sont vaccinés ; Justin Trudeau, avec quel autre parti il entend travailler s’il se retrouve de nouveau minoritaire. Les caravanes conservatrice et libérale sont repassées par la banlieue de Toronto, vendredi et samedi, pour courtiser une ultime fois les électeurs de cette zone chaudement disputée.

Combien de candidats conservateurs sont adéquatement vaccinés contre la COVID-19 ? Comme lorsqu’il a esquivé les questions sur la gestion pandémique de l’Alberta, jeudi, le chef conservateur a encore évité de répondre aux questions des journalistes, samedi, lors d’un arrêt à Dundas, à l’ouest de Toronto. Même si la question lui a été posée à cinq reprises, Erin O’Toole a préféré répéter ses attaques habituelles envers Justin Trudeau.

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« Les vaccins sont les outils les plus importants dans notre combat contre la COVID. […] Je ne vais pas laisser une crise sanitaire nous diviser, comme le fait Justin Trudeau », a notamment répondu M. O’Toole. Le chef n’a pas voulu dire s’il connaissait le taux de vaccination de ses troupes.

Le Devoir a rapporté dès le premier jour de la campagne électorale que la vaccination n’était pas obligatoire pour les candidats du Parti conservateur, contrairement à ceux de tous les autres partis. Cela est devenu l’un des angles d’attaque favoris du chef libéral, Justin Trudeau, qui a de nouveau tapé sur ce clou lors de son passage à Aurora, au nord-est de Toronto.

« M. O’Toole demande à ses candidats de cacher leur statut [vaccinal] aux Canadiens. Pourquoi ? […] Il se préoccupe de protéger les antivax dans son caucus », a lancé le chef libéral.

Les discours de la banlieue torontoise de Justin Trudeau et d’Erin O’Toole avaient en commun d’appeler au vote stratégique et de présenter cette élection comme un simple choix entre libéraux et conservateurs. Les chefs avaient d’ailleurs débuté leur tournée nationale dans la périphérie de la plus grande ville canadienne dès le lendemain du déclenchement de la campagne électorale, à la mi-août, preuve de l’importance déterminante de ces circonscriptions.

« On voit que la course est plus serrée qu’en 2019, résume le professeur de science politique de l’Université McMaster, Peter Graefe. Le parti conservateur pense avoir des chances dans la périphérie, mais il y a peu de chances qu’il fasse une percée dans des lieux plus centraux, comme Mississauga, qui lui serait nécessaire pour former un gouvernement. »

Scénario minoritaire

Samedi, Justin Trudeau a brandi le spectre des coupes effectuées par le gouvernement Harper, que « le Bloc n’a rien pu faire pour empêcher, dans l’opposition. » Le premier ministre sortant n’a pas voulu s’avancer sur ce qu’il ferait en cas de scénarios « hypothétiques » d’une réélection minoritaire ou d’une défaite électorale. Il a toutefois laissé entendre qu’il resterait en poste quoi qu’il arrive.

« Je n’ai même pas presque pas fini toutes les grandes choses que j’ai l’intention d’accomplir avec les Canadiens […] On a encore beaucoup à accomplir ensemble, et moi je suis extrêmement enthousiaste, pas seulement des jours à venir, mais des années à venir ensemble. »

S’adressant aux médias devant l’Assemblée nationale, à Québec, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a prédit samedi que la carrière de certains de ses adversaires pourrait se terminer à l’issue du scrutin de lundi. « Il est possible que des chefs ne restent pas à leur poste », a-t-il déclaré en anglais.

M. Blanchet a fait un plaidoyer pour un gouvernement minoritaire à Ottawa, dans lequel son rôle ne serait pas simplement de défendre, mais de promouvoir les intérêts du Québec, précise-t-il. « Si on veut un gouvernement minoritaire, on vote pour le Bloc. » Il a exhorté de nouveau les électeurs à voter « avec votre cœur, votre conscience, et votre passion. »

Pour sa part, Jagmeet Singh était de passage en Saskatchewan, samedi. Il a vertement critiqué les premiers ministres provinciaux conservateurs de l’ouest pour leur gestion « horrible » de la crise sanitaire, rappelant que son parti promet l’instauration d’un passeport vaccinal pancanadien. Il a rejeté tout appel au vote stratégique en disant qu’à son avis, Justin Trudeau « n’est pas un progressiste ». En cas d’un scénario de gouvernement minoritaire, M. Singh s’engage à « faire fonctionner le Parlement pour vous ».

Avec La Presse canadienne



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