Justin Trudeau se tourne vers la crise en Alberta pour critiquer Erin O’Toole

«C’est à briser le coeur», a déclaré le chef libéral au sujet de la situation en Alberta, avant de se lancer dans une attaque partisane contre son adversaire conservateur Erin O’Toole.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne «C’est à briser le coeur», a déclaré le chef libéral au sujet de la situation en Alberta, avant de se lancer dans une attaque partisane contre son adversaire conservateur Erin O’Toole.

Les Canadiens n’ont qu’à regarder vers l’Alberta pour voir à quel point la situation sanitaire au pays pourrait se détériorer sous un gouvernement conservateur à Ottawa, a laissé entendre le chef libéral Justin Trudeau à Montréal jeudi matin.

Sous le feu des critiques en raison d’une flambée des cas et d’un réseau de santé au bord de l’implosion, le gouvernement de Jason Kenney a annoncé le retour de l’état d’urgence dans la province et a réintroduit des mesures d’urgence. Il a aussi annoncé l’imposition imminente d’un passeport vaccinal pour les activités non essentielles.

« C’est à briser le coeur », a déclaré le chef libéral au sujet de la situation en Alberta, avant de se lancer dans une attaque partisane contre son adversaire conservateur Erin O’Toole.

« Comme le premier ministre Kenney l’a avoué hier soir, son approche était erronée. Et le leadership, ça compte pour quelque chose dans cette pandémie. Le fait que M. O’Toole continuait d’applaudir le style de leadership et l’approche de M. Kenney même il y a quelques jours souligne à quel point ce n’est pas le bon leader pour en finir avec la pandémie », a déclaré M. Trudeau.

« Les choix qu’on fait pour qui dirigera un gouvernement en temps de crise, que ce soit au niveau provincial ou fédéral, dictent comment on va s’en sortir. Et maintenant, les gens ont un choix à faire au niveau fédéral : est-ce qu’on se bat encore plus fort contre cette pandémie ou est-ce qu’on plie devant les anti-vaccins qu’il y a au Parti conservateur et on applique des demi-mesures ? » a-t-il ajouté.

M. Trudeau a continué ses attaques en réponse à une question sur la perspective d’un gouvernement minoritaire, lundi prochain.

« Mon but, c’est d’avoir le plus grand nombre de députés libéraux élus à travers le pays, particulièrement quand on regarde la situation en Alberta. Ça ferait du bien d’avoir des voix libérales pour défendre la science, pour défendre la majorité qui a fait la bonne chose pendant cette pandémie et qui est en train de souffrir », a-t-il répondu.

Appui de Mulroney à O’Toole

M. Trudeau rejette par ailleurs toute étiquette de « progressiste » qui pourrait être accolée au Parti conservateur actuel, même si M. O’Toole a obtenu l’appui de l’ex-premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney.

« Regardons les politiques que propose M. O’Toole. Il propose un retour en arrière aux cibles de Harper en matière de changements climatiques […]. Il propose de relégaliser […] les armes d’assaut. Ce n’est pas ça, la direction que les Québécois progressistes et les Canadiens veulent », a déclaré M. Trudeau.

« Un progressiste-conservateur ne laisse pas 80 députés voter contre le droit d’une femme de choisir », a-t-il ajouté en anglais.

M. Trudeau s’est aussi questionné sur un passage du discours de M. Mulroney, qui promettait « des changements profonds et structurels » pour la prospérité et l’influence du Canada si M. O’Toole devient premier ministre.

« Voici encore un exemple de M. O’Toole qui dit à ses amis conservateurs ce qu’il fera vraiment, et qui fait semblant devant les Canadiens qu’il fera quelque chose de complètement différent. […] M. O’Toole trompe les Canadiens », a raillé le chef libéral en anglais.

M. Trudeau passera toute la journée au Québec jeudi et y fera de nombreux arrêts.

Appui d’Obama à Trudeau

Sur Twitter, l’ancien président des États-Unis Barack Obama a offert son appui à son « ami » Justin Trudeau à quelques jours de l’élection.

« Je souhaite à mon ami @JustinTrudeau tout le meilleur dans l’élection à venir. Justin a été un leader efficace et une voix forte pour les valeurs démocratiques, et je suis fier du travail que nous avons accompli ensemble », a écrit l’ancien président américain.

« Très heureux d’avoir reçu l’appui de mon ami @BarackObama », a répondu M. Trudeau dans un gazouillis.

La bataille du Québec

M. Trudeau a passé toute la journée au Québec jeudi dans l’espoir de ravir des circonscriptions au Bloc québécois en banlieue de Montréal et à Trois-Rivières, mais aussi pour préserver ses acquis dans la Capitale nationale.

De passage sur le boulevard des Forges, à Trois-Rivières, le chef libéral a été interpellé sur les prestations d’urgence créées par Ottawa pendant la pandémie, et il a eu droit à des réactions diamétralement opposées.

« Ton père nous a mis dans la marde, pis toi, tu nous cales dedans ! »

Jean Morin, 67 ans, attendait la venue de M. Trudeau pour lui dire sa manière de penser sur la tenue d’élections inutiles et coûteuses, selon lui, et sur le versement de prestations pandémiques alors que la ville manque de main-d’œuvre dans les hôtels et les restaurants du coin.

« J’en ai vu, des élections, et je pense que c’est la plus mal placée. Ce n’est vraiment pas le temps de dépenser 600 millions $ pour se retrouver au même point. Probablement que ça ne sera pas majoritaire », fait valoir M. Morin en entrevue.

Quelques instants auparavant, Mike Thompson, un chanteur de rue de 53 ans, interprétait une chanson d’Elvis Presley pour le chef libéral. « La PCU, c’était une très bonne idée, ça a stimulé l’économie », lui a dit M. Thompson. « Il fallait qu’on soit là les uns pour les autres », a opiné le chef libéral.

« Ça a vraiment fait ma journée », a laissé tomber M. Thompson, après coup.

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