O’Toole veut abolir la Banque de l’infrastructure

Le chef conservateur promet de lancer immédiatement de grands projets publics d’infrastructures.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Le chef conservateur promet de lancer immédiatement de grands projets publics d’infrastructures.

Le chef conservateur, Erin O’Toole, promet de supprimer la Banque de l’infrastructure du Canada, créée par les libéraux, et de veiller à ce que chaque Canadien ait accès à l’Internet haute vitesse d’ici 2025.

Pour relancer l’économie canadienne après la pandémie, M. O’Toole propose plutôt de lancer immédiatement de grands projets publics d’infrastructures. Il croit que le gouvernement libéral s’est assis sur des milliards de dollars avec cette Banque de l’infrastructure, qui s’avère un « échec », selon lui.

La banque a été créée après la victoire de Justin Trudeau en 2015 pour attirer des investissements du secteur privé dans des projets publics d’infrastructures.

« Contrairement aux libéraux, on ne va pas imposer de conditions au financement : on ne va pas demander que le projet doit être une infrastructure verte », a-t-il indiqué aux journalistes en français depuis les studios du parti à Ottawa.

Le chef conservateur s’est engagé à acheminer immédiatement l’argent disponible à Ottawa vers les projets déjà ficelés. Il s’engage aussi à donner aux municipalités et aux communautés des Premières Nations un meilleur accès au financement fédéral en réduisant la bureaucratie qui entoure ces programmes.

M. O’Toole promet également qu’un gouvernement conservateur construirait l’infrastructure numérique nécessaire pour offrir à tous les Canadiens un accès à l’Internet haute vitesse d’ici 2025.

« Il faut plus de transport en commun, plus de transport ferroviaire, de meilleures routes et une connexion Internet haute vitesse partout au pays, a-t-il dit. Justin Trudeau aime faire des promesses […] mais six ans plus tard, on se demande où sont les résultats. »

Parlant d’infrastructures, M. O’Toole a par ailleurs rappelé qu’un vote pour les conservateurs est un vote pour le troisième lien à Québec. « Justin Trudeau refuse de réaliser des projets importants comme le troisième lien Québec-Lévis : un gouvernement conservateur va réaliser ce projet », a-t-il dit.

Les déclarations sur Monsef

Ces promesses sont les plus récentes à être tirées de la plate-forme électorale conservatrice qui a été publiée le 16 août, au premier jour complet de la campagne. Les libéraux ont depuis critiqué le fait que cette plate-forme n’est pas encore chiffrée.

« Nous avons soumis notre plate-forme au directeur parlementaire du budget aussitôt que possible », a déclaré M. O’Toole. Il promet une mise à jour du « plan de relance du Canada » lorsque le directeur parlementaire du budget aura publié ses estimations du coût des promesses conservatrices.

M. O’Toole a par ailleurs réitéré sa promesse de freiner les dépenses fédérales pour équilibrer le budget d’ici une décennie, sans faire de coupes, grâce à une croissance économique de 3 % visée par les conservateurs.

Pour la première fois depuis le début de la campagne, le chef conservateur a dû expliquer certains de ses propres comportements passés, et non plus commenter ceux de ses candidats.

Une vidéo de près de deux minutes partagée récemment sur Twitter montrait M. O’Toole, avant qu’il ne soit élu chef en août 2020, lors d’une visioconférence. Il qualifie de « projet personnel » sa volonté de vaincre la députée et candidate libérale dans Peterborough, Maryam Monsef. Il la traite de « honte » et d’« imposteur », et soutient qu’elle n’est pas respectée par ses collègues libéraux.

Mme Monsef, qui est née de parents afghans, qui ont ensuite fui le pays, a déclaré qu’elle était née en Afghanistan lorsqu’elle a été élue pour la première fois à Ottawa. Lorsque le Globe and Mail a écrit qu’elle était en fait née en Iran, elle a expliqué qu’elle l’avait appris de sa mère récemment.

Interrogé là-dessus mercredi, M. O’Toole a expliqué qu’il avait laissé ses « frustrations » relatives au gouvernement libéral dépasser sa pensée. « Comme je l’ai déjà dit, j’essaie de mener une campagne très positive […] et même moi, je dois parfois rehausser le niveau. »



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