La campagne du Bloc fait «oeuvre utile», selon Blanchet

Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet s’est réjoui mercredi de voir les libéraux piger dans son programme et promettre un crédit d’impôt pour aînés afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Il y voit la preuve que son parti fait « œuvre utile », ce qui est une « excellente chose pour le Québec […] et pour les aînés », a-t-il dit en point de presse dans un parc montréalais.

Interrogé à savoir pourquoi les électeurs devraient voter pour le Bloc, si d’autres partis promettent les mêmes choses, M. Blanchet a répondu que le Bloc exerçait une influence à Ottawa.

Il a déclaré que son parti était capable d’amener les autres à « endosser et récupérer » des propositions avantageuses pour le Québec.

« Sans l’adoption par le Parlement de nombreuses positions du Bloc québécois, le Québec se porterait moins bien », a-t-il affirmé.

« C’est donc la démonstration que la plus intéressante formule pour les Québécois, c’est un Parlement minoritaire avec une forte présence d’élus du Bloc québécois. »

Il ne s’attendait pas à se faire poser exactement la même question plus tard, au Marché Jean-Talon, par un électeur, Marlon Solis.

« Pourquoi je dois voter pour vous si vous n’arrivez jamais au pouvoir à Ottawa ? » a demandé M. Solis.

« Le Bloc québécois n’aura jamais LE pouvoir. On ne peut pas être un gouvernement, ça ne nous intéresse pas », lui a répondu M. Blanchet.

« Mais on a DU pouvoir ; […] on a eu énormément de pouvoir sur l’aluminium, le bois, la nation, le français », a-t-il énuméré, avant de couper court à l’entretien avec M. Solis, qui n’était de toute façon pas du tout convaincu.

Au 18e jour de la campagne électorale, M. Blanchet se trouvait à défendre non seulement la pertinence de son parti à Ottawa, mais aussi sa campagne sur le terrain.

Le chef bloquiste mène actuellement une campagne sans beaucoup d’entrain, avec un minimum de rencontres avec des citoyens, et marquée de controverses qui auraient pu être évitées, aux yeux de plusieurs observateurs.

Il s’est toutefois défendu mercredi d’avoir perdu le contrôle de son message, assurant au contraire être « très content » de sa campagne et des idées mises de l’avant.

Depuis deux jours, M. Blanchet tente de ramener au cœur de la campagne des enjeux qui le servent habituellement bien, tels que la laïcité et la défense du français.

Il a prudemment cédé le micro mercredi à son candidat Mario Beaulieu, après avoir refusé la veille de permettre à sa candidate dans Sherbrooke, Ensaf Haidar, de prendre la parole.

M. Beaulieu, un ardent défenseur de la lutte indépendantiste, s’est déclaré devant les journalistes satisfait des quelques interventions de son chef en la matière.

« Moi, je pense que toutes nos positions sous-tendent l’indépendance », a-t-il déclaré.

M. Blanchet a par ailleurs promis de déployer une offensive publicitaire plus soutenue, ressemblant davantage à celle des autres partis, sur le web, « au moment où l’attention des gens sera maximisée sur la campagne ».

Entre-temps, il affrontera les autres chefs lors d’un premier débat jeudi, sur les ondes de TVA, qui déterminera le reste de sa campagne et auquel il assure se préparer avec « enthousiasme ».



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