O’Toole invité à expliquer les commentaires climatosceptiques dans ses rangs

Erin O’Toole a continué, lundi, à refuser de commenter directement les déclarations de sa candidate ontarienne Cheryl Gallant qui a brandi l’épouvantail d’un «confinement climatique».
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Erin O’Toole a continué, lundi, à refuser de commenter directement les déclarations de sa candidate ontarienne Cheryl Gallant qui a brandi l’épouvantail d’un «confinement climatique».

Le chef conservateur maintient que tous ses candidats appuient son plan de lutte aux changements climatiques, malgré les récentes sorties de certains d’entre eux.

Erin O’Toole a continué, lundi, à refuser de commenter directement les déclarations de sa candidate ontarienne Cheryl Gallant, qui a brandi l’épouvantail d’un « confinement climatique » bientôt imposé par un gouvernement libéral, selon elle.

Il n’a rien voulu dire non plus de sa candidate dans Shefford, Céline Lalancette, qui, au début juillet, disait dans les pages de « La Voix de l’Est », que « l’étude des changements climatiques prouve justement que la température n’a pas changé tant que ça », et que « l’humain n’est pas responsable des changements climatiques, ça n’a jamais été prouvé ».

Ces citations et une douzaine d’autres, dont une, celle d’Yves Lévesque, candidat dans Trois-Rivières, relevée dans l’émission « Infoman », ont été publiées sur le compte Twitter de Steven Guilbeault, ministre fédéral de l’Environnement, lundi matin.

« Erin O’Toole continue d’accueillir des dinosaures au sein du Parti conservateur », a écrit le libéral.

« Tous mes candidats sont en accord avec notre plan », a répété à plusieurs reprises le chef conservateur, malgré l’insistance des journalistes qui suivent sa caravane et qui réclamaient des explications sur les sorties climatosceptiques des candidats.

Les cibles de GES

M. O’Toole a dû, également, justifier à nouveau son intention de revenir aux cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ère Harper. Le gouvernement Trudeau a récemment annoncé que les cibles de réduction pour 2030 par rapport à 2005 seront de 40 % à 45 %, plutôt que de rester à 30 %.

« M. Trudeau a manqué ses objectifs chaque année, a souligné M. O’Toole. Il a dit des belles paroles, mais toujours sans un plan. » Il a aussi plaidé que « nous devons remettre le pays au travail ».

M. O’Toole vise la cible « zéro émission nette » d’ici 2050 et il estime que les entreprises canadiennes, grandes et petites, ont déjà élaboré des programmes pour atteindre cet objectif.

Le gouvernement Trudeau a inscrit cet objectif dans un projet de loi qui a été adopté avant les vacances d’été du Parlement – malgré l’opposition des conservateurs –, mais les libéraux n’ont pas encore précisé comment ils atteindraient cette cible.

La position conservatrice semble aller à l’encontre des conclusions de l’Agence internationale de l’énergie, à Paris, qui recommande la fin de tout nouveau projet d’extraction de pétrole, de gaz ou de charbon de pays qui voudraient ensuite réduire leurs émissions pour atteindre la carboneutralité d’ici le milieu du siècle.

M. O’Toole soutient que le secteur énergétique du Canada est un leader environnemental et social. Donc, « au fil du temps », alors qu’un avenir à faible émission de carbone se matérialisera, les pays démocratiques devraient utiliser les ressources canadiennes, et non celles de l’Arabie saoudite, du Venezuela ou de la Russie, dit-il.

Les oléoducs

Le chef conservateur n’a pas voulu expliquer lundi comment il peut assurer au Québec qu’il ne lui imposera pas un pipeline impopulaire, alors qu’il veut en imposer un, Trans Mountain, à la Colombie-Britannique, qui n’en veut pas. « On doit avoir une relance économique dans toutes les régions de notre pays. C’est pourquoi j’appuie […] Trans Mountain », s’est-il contenté de dire.

M. O’Toole a par ailleurs rappelé qu’il avait soutenu le pipeline Northern Gateway, bloqué par les libéraux, en grande partie parce qu’il aurait fourni des partenariats économiques aux communautés autochtones. Le chef conservateur a expliqué lundi qu’il voulait voir des transferts intergénérationnels de richesse et d’opportunités pour les Autochtones, après des générations de transferts de traumatismes.

M. O’Toole a plaidé que des communautés autochtones avaient signé des accords pour détenir 33 % de ce dernier pipeline d’Enbridge, qui devait transporter du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux côtes de la Colombie-Britannique. Mais il n’a pas expliqué comment il ferait construire cette infrastructure, étant donné la féroce opposition de ceux qui s’inquiètent des dommages environnementaux potentiels.

Huit communautés des Premières Nations, quatre organisations écologistes et un syndicat ont contesté le projet Northern Gateway jusqu’en Cour d’appel fédérale, qui a annulé en 2016 le feu vert donné par les libéraux, en raison justement du manque de consultations auprès des Autochtones.

Le gouvernement Trudeau a ensuite définitivement suspendu le projet Northern Gateway cette année-là, tout en approuvant d’autre part l’expansion du pipeline Trans Mountain.

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