Trudeau enterré par les manifestants en marge d’une annonce sur le climat

Une centaine de manifestants, certains accompagnés de leurs enfants, ont tenté de perturber l’annonce du chef libéral.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Une centaine de manifestants, certains accompagnés de leurs enfants, ont tenté de perturber l’annonce du chef libéral.

Une centaine de manifestants très bruyants ont tenté de perturber l’annonce sur le climat du chef libéral, Justin Trudeau, à Cambridge, en Ontario, dimanche, lors de sa première apparition publique depuis l’annulation de son rassemblement partisan.

« Traître ! », « Enfermez-le ! » : tels étaient les cris perceptibles entre les huées, les bruits de klaxons, de sirènes et les coups donnés sur des conteneurs autour de l’entreprise où avait lieu l’annonce. Il y avait environ une centaine de manifestants, certains avec de jeunes enfants dans les bras, d’autres avec des drapeaux du Canada à l’envers ou encore affichant des pancartes contre la vaccination.

Malgré tout, l’annonce a eu lieu avec une plus forte présence policière et d’agents de la Gendarmerie royale du Canada.

« Le bruit des sirènes en arrière-plan nous rappelle que nous sommes dans une urgence climatique, a déclaré M. Trudeau, enterré par le bruit des manifestants. C’est pourquoi nous allons aller plus vite et que nous serons plus ambitieux », a-t-il dit, revenant à l’annonce du jour.

Un gouvernement libéral réélu veillerait à ce que le secteur pétrolier et gazier réduise ses émissions de façon à répondre à l’objectif de carboneutralité du Canada d’ici 2050. Les libéraux introduiraient des cibles quinquennales en ce sens dès 2025 et obligeraient les entreprises du secteur à réduire, d’ici 2030, leurs émissions de méthane d’au moins 75 % sous les niveaux de 2012.

Afin d’aider les régions dont l’économie repose sur le pétrole, les libéraux promettent d’investir deux milliards de dollars dans un Fonds pour l’avenir afin que l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador puissent créer des emplois dans la nouvelle économie verte.

Parmi les autres promesses libérales du jour, on compte celle de créer des emplois dans les technologies propres « en faisant du Canada un chef de file des batteries » nécessaires au bon fonctionnement des véhicules à zéro émission et de poursuivre ses crédits d’impôt de 5000 $ pour l’achat de véhicules sans émissions polluantes pour plus d’un demi-million de Canadiens.

À terme, les libéraux espèrent qu’au moins la moitié des véhicules vendus au Canada soient à zéro émission d’ici 2030 et que tous le soient d’ici 2035.

M. Trudeau s’en est pris à son rival conservateur, Erin O’Toole, qui, lui, a confirmé qu’il respecterait les cibles climatiques établies par l’ancien gouvernement Harper et qui étaient, jusqu’à tout récemment, les cibles du gouvernement Trudeau. Les libéraux ont haussé leurs objectifs afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’environ 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.

La cible précédente, celle du Canada lors de l’Accord de Paris, était une diminution de 30 % ; une cible que le Canada est déjà en voie de dépasser, selon M. Trudeau.

« Le Canada est actuellement en voie, si on ne fait rien d’autre, si on continue juste avec les mesures qu’on a déjà mises en place, d’atteindre 36 % en dessous du niveau de 2005 en 2030. […] Et donc, quand Erin O’Toole veut juste des réductions de 30 %, ça veut dire qu’il va accroître les émissions au Canada », a soutenu le chef libéral.

Concernant la présence de manifestants, M. Trudeau a soutenu qu’il n’a pas l’intention de se défiler ni de modifier son message.

« Laissez-moi répéter encore une fois : il n’y a rien que ces gens puissent dire qui va me faire reculer dans mon ambition pour les Canadiens pour lutter contre les changements climatiques pour garder les gens en sécurité avec la vaccination, parce que c’est ça la voie de l’avant pour le pays », a-t-il réitéré, tout en appelant les Canadiens à aller voter.



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