Le Bloc québécois dresse un bilan « sombre » de la gestion de la pandémie par Trudeau

Le chef du parti, Yves-Francois Blanchet, a notamment déploré, une nouvelle fois, le manque de coordination entre Ottawa et Washington dans la gestion de leur frontière terrestre commune.
Photo: Justin Tang La presse canadienne Le chef du parti, Yves-Francois Blanchet, a notamment déploré, une nouvelle fois, le manque de coordination entre Ottawa et Washington dans la gestion de leur frontière terrestre commune.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dressé samedi un bilan « sombre » de la gestion de la pandémie par le premier ministre Justin Trudeau, tout en pressant Ottawa de mettre les bouchées doubles pour accueillir des réfugiés afghans au pays.

M. Blanchet, qui dévoilera dimanche les « grandes lignes » des orientations de son parti dans le contexte de la campagne électorale, a livré un point de presse samedi matin à Beloeil, où se trouve sa circonscription. Il a alors dressé un bilan « sombre » de cette première semaine de campagne électorale fédérale et de la gestion de la pandémie par le gouvernement de M. Trudeau.

« Puisque la stratégie de Justin Trudeau était de déclencher [une élection fédérale] en plein cœur de l’été pour qu’il n’y ait pas de campagne, qu’il n’y ait pas de bilan, il nous apparaissait important d’imposer le sujet », a lancé le chef bloquiste, devant la rivière Richelieu.

L’élu a notamment déploré, une nouvelle fois, le manque de coordination entre Ottawa et Washington dans la gestion de leur frontière terrestre commune. Depuis le 9 août, les Américains adéquatement vaccinés contre la COVID-19 peuvent traverser celle-ci pour se rendre au Canada. Or, il demeure impossible à l’heure actuelle pour les Canadiens d’effectuer un voyage non essentiel aux États-Unis par la voie terrestre.

« L’enjeu de la frontière, c’est qu’elle ouvre et qu’elle ferme en même temps », a illustré M. Blanchet, qui estime que M. Trudeau « a échoué à simplement obtenir une conversation constructive avec son homologue américain », pourtant plus facile d’approche que l’ancien président Donald Trump.

En matière de diplomatie internationale, le Canada, qui ne dispose pas d’une « puissance militaire digne d’un grand respect », doit s’assurer de collaborer avec la communauté internationale et de négocier de façon serrée avec les talibans pour faciliter l’évacuation de ses ressortissants et alliés toujours coincés en Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir dans les derniers jours.

« Il faut sortir les gens qui ont besoin de sortir », a insisté M. Blanchet.

Vendredi, Ottawa a indiqué qu’environ 1000 réfugiés afghans sont déjà arrivés au Canada. Le pays souhaite en accueillir 20 000 dans les prochains mois.

Moderna

Le chef du Bloc québécois s’est par ailleurs dit inquiet par la perspective que la nouvelle usine de vaccins de Moderna ne soit pas située au Québec. La société pharmaceutique a indiqué que sa prochaine usine sera située au Canada, sans toutefois en préciser l’endroit.

« On a tous pensé que ça s’en venait au Québec et on a réalisé que ce n’était pas réglé. Vous savez, Moderna, c’est comme l’aéronautique, c’est comme l’électrification des transports, c’est comme les chantiers maritimes. C’est la volonté du fédéral de le faire miroiter au Québec avant de l’envoyer ailleurs. Nous devons exiger que ce soit au Québec », a martelé M. Blanchet. Pour ce faire, il a fait valoir qu’une forte proportion de députés bloquistes doit être élue cet automne à la Chambre des communes pour presser le prochain gouvernement — que le parti souhaite minoritaire — de répondre à cette demande.

Le chef du Bloc québécois est par ailleurs revenu à la charge concernant la Prestation canadienne de relance économique, dont il réclame la suspension dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre dans divers secteurs de l’économie.

« Il ne s’agit pas tant de l’éliminer complètement, mais de suspendre un programme qui pourrait représenter jusqu’à environ 100 000 personnes qui ne sont pas sur le marché du travail au Québec parce qu’on leur offre une alternative au rabais », a fait valoir M. Blanchet, qui estime que l’octroi de cette aide financière aux travailleurs dans le besoin « a assez duré ».

Une flèche au NPD

Yves-François Blanchet n’a par ailleurs toujours pas digéré les propos tenus en juin dernier par le chef du Nouveau parti démocratique, Jaghmeet Singh, à l’endroit du leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien. M. Singh avait alors traité celui-ci de « raciste » en Chambre des communes, en raison de l’opposition du Bloc québécois à une motion concernant le racisme systémique à la Gendarmerie royale du Canada. « Une personne qui vote contre une motion comme ça est raciste », avait alors déclaré M. Singh.

Ce dernier a par ailleurs refusé de demander des excuses à son député Matthew Green pour avoir appuyé sur les réseaux sociaux en mars dernier les propos controversés du professeur de droit de l’Université d’Ottawa, Amir Attaran, qui a semblé associer les Québécois francophones et le gouvernement Legault à des « suprémacistes blancs ».

« Ce que le Québec a reçu du NPD, ce sont des allusions plus ou moins subtiles selon lesquelles on serait xénophobes ou racistes », a laissé tomber M. Blanchet samedi. Le chef bloquiste en a alors profité pour réitérer son appui à la Loi sur la laïcité du gouvernement Legault, comme il l’avait fait à maintes reprises pendant la campagne électorale de 2019.

« Nous, on croit que la laïcité de l’État est une valeur moderne, progressiste. On ne dira jamais que la religion est une valeur progressiste », a glissé M. Blanchet, au sujet de cette loi controversée.

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